‹ Histoire des églises et chapelles de LyonChapitre 119 sur 174 · FRANCISCAINES DE CALAIS · texte numérisé non relu

FRANCISCAINES DE CALAIS

Les Franciscaines dites de Calais datent de plusieurs siècles, certains de leurs couvents ont été fondés au xiv^ et au xv^ siècle. De tout temps, les sœurs se sont dévouées au soulagement des misères dans les hôpitaux, en temps d'épidémie, et sur le champ de bataille.

En 1867, on leur dépeignit la misère qui régnait dans le quartier des Brotteaux, à Lyon. On leur fit vivement sentir le besoin qu'il y avait de religieuses dévouées pour secourir les pauvres Allemandes, qui, venues de loin pour se placer, se perdaient parfois avant d'avoir pu trouver un travail convenable. Quatre sœurs arrivèrent à Lyon avec la

permission de Mgr de Donald, archevêque de Lyon, et de l'évêque d'Arras. Elles trouvèrent bientôt des aumônes pour soulager de grandes misères. Aux uns on payait le loyer, aux autres on donnait du pain, de la viande, du linge à domicile ; les malades abandonnés étaient soignés. Dans la communauté on logeait et on nourrissait des jeunes filles qu'on cherchait à placer ; quand ces personnes se trouvaient de nouveau sans place, elles revenaient à la maison. Un grand nombre d'elles s'y réunissaient le dimanche pour recevoir de bons avis. On fît aussi un commencement d'hôpital de vieillards, hommes et femmes et d'enfants abandonnés ; mais le local était fort restreint. On était à la recherche d'une plus grande maison quand la guerre éclata.

Pendant les mauvais jours, les sœurs furent respectées des communards à cause des services qu'elles rendaient dans le quartier; ils voulurent même assister à l'enterrement d'une religieuse décédée en mai 1871. Après la guerre, les sœurs cherchèrent à agrandir leur œuvre ; elles désirèrent louer une partie des bâtiments des Capucins ou Monument des Brotteaux, sans pouvoir y parvenir. Aujourd'hui elles possèdent une maison de famille rue Pierre-Corneille et un orphelinat à Cuire.

MONPLAISm

A mesure que la ville de Lyon s'étendait sur la rive gauche, il devenait de plus en plus

nécessaire de créer de nouvelles paroisses. Mgr de Bonald, soucieux des intérêts religieux de ce quartier qui prenait de plus en plus d'importance, décida la création d'une nouvelle paroisse à laquelle il donna son nom : Saint-Maurice de Monplaisir. Depuis 1 époque déjà lointaine de sa fondation, cette paroisse a pris une grande extension, au point que, comme on le verra, on a choisi, en grande partie sur elle, l'emplacement d'une nouvelle paroisse.

c , M , , • , , ,, L'église de Monplaisir se

baint-Mauncc de Monplaisir (parhellcmciiL rcconsliiiile). ^ ^

compose de deux parties

bien distinctes : la partie ancienne, qui est l'église primitive, comprenant la nef, et la partie

MONPLAISIU

moderne qui se compose de l'abside el du Iransepl. La façade est en forme de lemple grec; elle est surmojilée d'un fronlon, puis plus haut d'un modeste clocher. Le porche est roman et décoré lui-même d'un fronlon qui supporte la croix. Par côté du porche, on a creusé deux niches fermées par une grille, dans lesquelles on a représenté deux saints. La partie neuve se compose, comme on l'a dit, du transept el de l'abside ; c'est l'œuvre de notre éminenl collaborateur M. Sainte-Marie Perrin. Les pierres d'attente qui se voient du dehors indiquent suffisamment que le monument est destiné à être continué et achevé ; en tout cas, ce qui existe déjà montre que l'édifice sera d'une architecture uniforme el que le monument n'aura rien à envier aux églises voisines.

Le maître-autel est provisoire, il est de bois, et porte sur le devant, sculpté en bas-relief, l'image du Bon- Pasteur ; de chaque côté de celte scène se trouvent deux statuettes. Au-dessus du chœur, s'élève une vaste coupole qui attend sa décoration définitive. Elle est supportée par quatre piliers et des trompes la font passer du carré à l'hexagone. Elle est éclairée par des ouvertures en forme d'étoiles, et au bas de la coupole l'ai'chileclure simule des tribunes. Derrière l'autel s'ouvre une vaste abside abondamment éclairée par cinq baies non encore Inlcricur de Saiiit-Mauiicc (partie définitive).

pourvues de leurs vitraux.

Les arcs qui soutiennent l'abside el la grande nef sont de style roman et agréablement ornés d'une décoration qui simule des alternances de pierres noires et blanches. A droite, dans le transept, s'ouvre la chapelle du Sacré-Cœur; l'autel de pierre blanche est décoré de deux colonnetles encadrant une croix. La chapelle est éclairée en haut par une rosace formant étoile et de côté par une baie. Dans le transept de gauche, se voit la chapelle de la Sainte Vierge, dont l'autel de marbre blanc est décoré, en bas-relief, d'un agneau entouré de lis et de roses, et surmonté d'une statue de Notre-Dame de Lourdes. Tout à

côté, on a placé un tableau représentant Notre-Dame du Rosaire. Le transept est éclairé par une verrière en forme de croisillon et la grande nef, encore provisoire, par trois vitraux de chaque côté. Au bas de la petite nef de droite se trouve le baptistère et contre le premier pilier, la chaire qui, contre l'habitude ordinaire, est placée à droite et non à gauche. Au bas de la nef de gauche se voit une statue de saint Antoine de Padoue, et près de là un tableau représentant saint Michel terrassant le dragon. Au fond de la grande nef est une tribune et devant le maître-autel une table de communion en marbre blanc avec colonnettes sculptées.

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