‹ Histoire des églises et chapelles de LyonChapitre 163 sur 174 · SAINT-AUGUSTIN · texte numérisé non relu

SAINT-AUGUSTIN

tion s'était améliorée grâce h quelques libéralités particulières, telles que le legs testamentaire de dix mille francs de M"" Romand, un autre analogue de l'abbé Gervais, les dons de M. Gérard, du docteur Peytel, etc. Mais ce ne fut qu'au bout de vingt ans que les dettes delà fabrique Unirent par s'éteindre à l'aide des souscriptions de catlioliques généreux.

Le concours de zélés paroissiens n'attendit pas aussi longtemps pour atténuer la nudité du temple saiiil. Le dimanche l*"'' octobre I85i, on inaugura une statue en pierre, de la Sainte Vierge, due au ciseau du sculpteur Cubizole, et donnée par M. Darit, propriétaire. Cinq ans après, le Conseil de fabrique adressait à M'"'^ Ricard, rentière, un témoignage de gratitude pour avoir fait exécuter à ses frais, par M. Pinet, quelques peintures murales dans le rond-point de l'abside. Ajoutons, pour ne rien omettre des générosités de ce temps, que le célèbre artiste tisseur Carquillat fit don à la fabrique, en 1853, d'un portrait tissé en soie de Pie IX, avec son cadre et sa glace.

Nous avons parlé des anciens remparts qui, depuis le xvi^ eiècle, séparaient de la ville le faubourg de la Croix-Rousse. Ôans utilité pour la défense et ne constituant plus qu'une barrière gênante, l'empereur Napoléon III ordonna leur ■démolition, et sur leur emplacement devait s'étendre la superbe promenade du Roulevard. M. le curé Parrel pensa que l'occasion était propice pour mettre fin à l'état de situation provisoire de son église et de ses annexes. Il écrivit * donc, en 1868, une lettre au préfet pour lui demander de réserver, sur le nouveau boulevard, un emplacement pour y ériger l'église définitive. Le digne pasteur appuyait sa requête d'arguments décisifs : « L'église actuelle, bâtie en quelques mois, n'a qu'un caractère essentiellement provisoire. Il a fallu l'agrandir bientôt après pour satisfaire aux besoins religieux d'une population de près de neuf mille âmes, et elle est encore trop petite. Tout le terrain disponible est occupé, impossible donc de songer à un nouvel

, Saint-Auf^ustin,

agrandissement. . . Maintenant que la vie et la circulation statue par Chinard.

vont être concentrées sur le boulevard et ses aboutissants

immédiats, il serait d'une heureuse inspiration d'y ériger l'église, son presbytère'et toutes les dépendances qu'on jugerait convenables. Les propriétaires voisins ne pourraient se plaindre, car le voisinage de l'église donnerait à leurs immeubles une plus-value appré- <îiable... On n'aurait pas à regretter la dépense faite pour l'église actuelle, car elle est solide, bâtie en bons matériaux et pourrait changer tle destination, être, par exemple, changée en école... »

Il semble que la destinée de cette église soit d'être tenue à l'écart des faveurs administratives. Quelque péremptoires que fussent les raisons alléguées par M. Parrel, on ne s'y arrêta pas et sa démarche resta sans eifet.

Puisque la perspective de posséder un temple monumental semblait s'évanouir dans les incertitudes lointaines d'un avenir problématique, FaU'ection des paroissiens se concentra plus vive sur la pauvre bàlisse qui abritait les cérémonies de leur culle. Rien ne fut modifié à l'extérieur, mais l'intérieur fut l'objet d'une réfection qui lui donna l'allure d'une église plus digne de l'importance du quartier. Une double rangée de colonnes divisa l'ancien parallélogramme en trois nefs qui furent recouvertes d'un simulacre de voûtes. Le tout reçut une ornementation peinte, d'un goût simple, et qui fut exécutée sous la direction et d'après les dessins de M. Sarsay, président de la fabrique.

Tous ces travaux étaient achevés au commencement de Tannée 1875. Le Conseil de fabrique, réuni le dimanche 4 avril, exprima au curé son entière satisfaction de voir enfin terminé l'embellissement de l'église. Il ajoula que si le pasteur y a généreusement contribué, des paroissiens se sont rencontré qui ont couvert la dépense et épargné au budget fabricien une charge qu'il n'aurait pu svq^porler.

M. Parrel se démit en 1880 et fut remplacé par un de ses vicaires, l'abbé Déflotrière.

Prêtre d'une haute intelligence et publiciste à ses heures, M. Déflotrière sut imprimer aux manifestations de la vie paroissiale une impulsion que le temps n'a pas ralentie. Mallieureuseineul, une mort prématurée vint interrompre, après onze ans, un ministère particulièrement fructueux.

Son successeur fit réédifier, en septembre 1891, l'humble clocher qui menaçait ruine. L'amortissement primitif de cet édicule en forme de dôme arrondi, lui donnait une physionomie quelque peu originale : on crut préférable de lui substiluer une flèche banale. L'unique cloche qu'il renferme date de l'année 1854. Elle fut bénite, le dimanche 26 mars, parmi vicaire général de Lyon, en présence de M. Jean-Louis Lucy, parrain, et de M'^i° Marie-Frédérique-Guillelmine Gérard, née Girodon, marraine, qui lui ont donné le nom de Marie-Louise. Elle pèse 317 kilogrammes, et a été fondue par Gédéon Morel, de Lyon, aux frais de la paroisse et des confréries du Saint-Sacrement et du Saint- Rosaire.

Sur le mur absidal sont peints les quatre évangélistes.

Dans le chœur sont les statues de saint Joseph et de sainte Monique, outre celles de la Sainte Vierge et de saint Augustin placées dans leurs chapelles respectives à l'extrémité des collatéraux.

Les baies sont garnies de verrières formées de marqueteries coloriées encadrant un médaillon central. Celles du chœur présentent les figures en buste du Christ, de la Vierge et de saint. Augustin. Celles des basses-nefs reproduisent, d'un cÔLé, des emblèmes eucharistiques, de l'autre, quelques images symboliques empruntées aux litanies de la Sainte Vierge.

Cette décoration porte un cachet de médiocrité qu'explique sa destination à un édifice construit en vue d'un usage temporaire, mais que le malheur des temps fait paraître définitif par la prolongation indéterminée d'une situation que n'avaient pu prévoir les fondateurs de l'œuvre.

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