‹ Histoire des églises et chapelles de LyonChapitre 38 sur 174 · NOTRE-DAME DE BÉCHEVELIN · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME DE BÉCHEVELIN

n exista à la Guillotière, depuis une époque fort ancienne jusqu'en 1834, une Vierge dite de Béchevebn, qui donna lieu cà une chapelle et à un pèlerinage très fréquenté. Quelle en est l'origine ?

« A une époque reculée, dit Ogier, un Bénédictin du chapitre d'Ainay, nommé Grillotier, était possesseur d'un terrain situé sur la rive gauche du Rhône, un peu après le pont de

la Guillotière. Cette terre portait le nom de Béchevelin; ce religieux y fit construire une chapelle sous Tinvocation de la Vierge : on l'appela dès lors Notre-Dame de Béchevelin ; elle était assez simple, et existait encore au xvi^ siècle ; on croit qu'elle fut détruite par les Calvinistes. Néanmoins la dévotion à cette chapelle avait laissé des souvenirs, et, pour en perpétuer la mémoire, les habitants de la rive gauche du Bhône élevèrent un petit oratoire qui fut l'objet de continuels pèlerinages. Les troubles de 1834 entraînèrent la

Bas-relief de N.-D. de Béchevelin (église Sainl-Aiidré)

Chapelle de Béchevelin en lâôO (d'ap. le plan scénographique).

destruction de cet oratoire.

Nous ne sommes fixés aujourd'hui sur le lieu que la primitive chapelle occupait que par un reste gothique de cet ancien souvenir, réduit à une cliétive niche. »

Il y a certainement des réserves à faire sur l'étymologie du mot Guillotière, mais les faits qui concernent Béchevelin concordent avec les documents.

« Il existait, en 1812, raconte Meifred, à l'angle des rues de Béchevelin et de la Vierge, une chapelle ou bien une armoire renfermant une madone connue sous le nom de Notre-Dame de Béchevelin, sans doute parce que cette chapelle était située dans l'ancien mandement de ce nom particulièrement en grande vénération parmi les mariniers du Rhône, à cause des nombreux miracles qu'elle faisait en leur faveur. Elle était très ornée

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«t très décorée, exposée sur son autel, entourée de petites jambes, de petits bras, et d'une multitude d'ex-votos. Près de la niche dont on voit encore les traces au lieu désigné, se trouvait toujours une vieille femme qui, moyennant la simple rétribution de cinq <;entimes par prière, se chargeait des neuvaines qu'on voulait à Notre-Dame de Béchevelin. » En 1846, la niche était vide, et la statue transportée dans une maison particulière; elle n'avait pu soutenir la concurrence avec Notre-Dame de Fourvière. Aussi, ajoute le même auteur : « M'"^ P. a été obligée de renfermer chez elle la Vierge, et elle professe pour cette sainte la plus grande vénération. »

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En 1845, le quartier qui s'étendait du cours Lafayette à Saint-Fons, le long du Rhône, était sans église et comptait une population d'environ 3.000 âmes. De généreux habitants, frappés de l'éloignement de la paroisse Saint-Louis de la Guillotière, conçurent le projet d'une nouvelle église. Parmi eux se trouvaient MM. André dit Adrien Combalot, Huvet, Jangot, Jean-Antoine Bermond de Vaulx, Biaise Rémy, Antoine Maulet, enfin Jean-Baptiste Ballet, architecte. Rs s'assemblèrent et reçurent promptement des adhésions et des souscriptions ; on fixa, près du chemin de Béchevelin, l'emplacement de la future église. Le principal propriétaire était M. Combalot ; généreusement, il offrit les 1.350 mètres de terrain nécessaires pour la construction projetée. Ses voisins, MM. Huvet et Jangot,

Eglise Saint-André, vue d'ensemble cédèrent aussi 1.430 mètres (D'après un dessin de M. Desjardins, archilecte).

de terrain, en vue d'établir

une place et des rues autour de l'église. Deux actes furent passés à ce sujet le 2 août 1845 : il y est dit notamment que Combalot a hérité de ce terrain de son père, André Combalot, brasseur de bière, décédé le 16 mai 1841. Les souscripteurs s'engagèrent en outre à donner à la ville de la Guillotière la possession du terrain et de l'église une fois construite. Ajoutons qu'en effet, la ville accepta le don, et en retour, paya les frais de première installation évalués à 16.000 fr.

L'église provisoire fat établie à cette époque : elle était à trois nefs, elle dura une quinzaine d'années, c'est-à-dire jusqu'au momenl où fut établie, sur le même emplacement, l'église définitive. De son côté, l'administration ecclésiastique confia la direction de la paroisse à M. l'abbé Gorand, qui la dirigea pendant quatre années et qui, après plusieurs postes successifs, fut nommé curé de Saint-Pierre à Lyon, où il mourut. Son successeur fut. M. Barjot, à qui est due l'idée première de l'église définitive.

En 1859, l'église provisoire étant par trop exiguë pour la population qui augmentait

sans cesse, M. Baijol, curé actif et dévoué, commença les travaux de l'église définitive. Le plan en fut achevé par M. Desjardins, architecte, le 16 août 18.59 ; il fut approuvé par Mgr de Bonald le 20 février 1860, et le 11 juin suivant par M. ^'aïsse, préfet du Rhône, et maire de Lyon.

On construisit l'abside, les transepts et la première travée des nefs; à Noël 1864, on entra dans l'église neuve, qui, ajoutée à la partie conservée de l'ancienne église, formait un édifice suffisant pour la population de l'époque ; puis on s'arrêta, faute de ressources, en démolissant à mesure les parties de la chapelle provisoire qui ne servaient plus.

En 1897, M. l'abbé Laurent, curé depuis cinq ans, entreprit d'achever la vaste église commencée; il confia cette œuvre à M. Desjardins architecte, fils de celui qui, quarante ans auparavant, avait commencé l'édifice. On hésita pendant quelque temps pour savoir si on exécuterait le plan primitif, ou si l'on diminuerait d'une travée la longueur de l'église. A la vérité, le l*^"" février 1897, le conseil de fabrique avait voté l'achèvement de l'église sur le plan conçu primitivement, mais revenant sur sa première volonté, il décida, en avril 1897, de diminuer d'une travée la longueur de l'église. C'était, sans doute, économiser 60.000 francs, mais diminuer la superficie d'environ trois cents places. M. Laurent, après de mûres réflexions, déplora cette décision ; il comprit en effet Cjue l'église perdrait ainsi son harmonie et ses proportions, el que plus lard elle serait trop petite pour contenir les fidèles d'une paroisse qui compte aujourd'hui 26.000 âmes et qui, à certains jours de fête, n'est point trop vaste avec ses 2.000 places. Enfin, le 29 décembre

SAINT-ANDRÉ

Sainl-Andrc ^façade acLuclley.

1897, sur les observations de M. le curé, le conseil se décida à exécuter intégralement le plan primitif, c'est-à-dire à ajouter à ce qui était déjà construit, trois travées, le porche et le clocher. La dépense totale fut estimée par l'architecte à 341.000 francs, mais de fait, ce chiffre fut très largement dépassé, puisque la somme totale dépensée s'éleva à 443.000 francs. Les travaux furent commencés de suite, et durèrent jusqu'en 1901 ; le 20 octobre de cette année, l'édifice fut bénit par le cardinal Coullié.

Pour couvrir la somme considérable des dépenses effectuées, MM. Cluzel et Laurent purent trouver de généreux bienfaiteurs, et ce ne sera pas manquer à la discrétion que de citer ici quelques-uns des noms les plus importants : en 1891, M'"*^ veuve Dupoizat lègue 50.000 francs ; M"'' Michon donne, en 1892, 5.000 francs; M. Pition, membre du conseil de fabrique, 12.000 francs en 1896 ; M™^ Rajot, un legs important en 1896 ; enfin, Mme veuve Gamet, 5.000 francs.

Primitivement, il n'y eut à Saint-André que deux vicaires ; plus tard, pour desservir une paroisse aussi populeuse, on dut en ajouter un troisième, et, en 1885, un quatrième.

La chaire de Saint- André a vu parfois des prédicateurs célèbres qu'il convient de mentionner ; tels l'abbé Gombalot, frère de celui qui donna le terrain de l'église primitive ; M. Tabbé Bernard, aumônier des sœurs Saint-Charles, à Oïdlins, dont les prédications obtinrent, à Saint-André, un succès mérité. Il importe de mentionner encore deux missions, prèchées, la première par le Père Nusbaum, Rédemptoriste la seconde, par le Père Tollin, de la même congrégation.

GHAMPAGNEUX ET SAINÏ-JEAN-DE-DIEU

« Le château de Ghampagneux, dit Ogier, au sud du territoire communal de la Guillotière, dans une plaine fertile, entre le Rhône et la route royale de Marseille, a appartenu longtemps à une famille de Jonage, qui le vendit à MM. Lassalle et Loyas, entrepreneurs. Les acquéreurs se divisèrent l'ensemble du château et ses dépendances : M. Layat eut le territoire, et M. Delassalle les bâtiments qu'il vendit, en 1824, aux frères dits Saint-Jean-de-Dieu, lesquels y ont établi un hospice pour les aliénés. »

Jean de Dieu était un moine espagnol qui, en 1538, fonda, à Grenade, une communauté de religieux chargés spécialement de soigner les malades et les aliénés. La congrégation Saint-Jean-de Dieu a été approuvée par le pape Pie V en 1571, par Grégoire XIII en 1576, et érigée en ordre religieux par Sixte-Quint, en 1586.

« Les vénérables hospitaliers, continue Ogier, parurent à Lyon en 1824 ; ils établirent, avec les secours de la charité et non sans de grands efforts, un hospice pour les hommes aliénés. L'habitation renferme de beaux bâtiments, qui peuvent contenir plus de quatre cents personnes; une chapelle, des cours spacieuses, des terrasses qui dominent les bords du Rhône, des jardins, de grandes et superbes allées, de vastes et belles infirmeries cou-

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