‹ Histoire des églises et chapelles de LyonChapitre 4 sur 174 · SAINT-PIERRE-LE-VIEUX · texte numérisé non relu

SAINT-PIERRE-LE-VIEUX

Saint-Pierre-le-Vieux était situé, au sud et en dehors du cloître, vis-à-vis de l'archidiaconé ; les derniers vestiges en ont disparu en 1866. A ce moment, un fervent des choses lyonnaises, Paul Saint-Olive, en a dessiné quelques esquisses lesquelles appartiennent aujourd'hui à la bibliothèque du Palais Saint-Pierre ; l'une de ces esquisses a été gravée par Tournieret aussi jointe à la note publiée, la même année, par A. Vachez sur les familles Laurencin et Bellièvre. Rapprochées du plan scénographique, ces esquisses permettent de suivre les modifications apportées à l'aspect extérieur des bâtiments. Les grandes lignes en sont une tour carrée épaulée au levant de deux contreforts et de chaque côté de laquelle s'ouvre une baie ogivale ; au couchant, suit l'église elle-même. Celle-ci était de proportions fort restreintes ; elle mesurait à l'intérieur vingt mètres sur douze.

De longues années avant sa démolition, vraisemblablement au moment de sa vente comme bien national, l'église avait été dépouillée de tous les matériaux présentant quelque

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intérêt archéologique. Grâce à cet enlèvement, une partie de ceux-ci ont été conservés : Meynis indique comme en provenant « les colonnettes qui décorent aujourd'hui la chapelle de Saint-Martin d'Ainay », c'est-à-dire la chapelle Saint-Joseph; le musée municipal possède de son côté, outre deux inscriptions funéraires à la mémoire l'une de Pierre BuUioud, décédé le 14 janvier 1575, l'autre de Claude Bellièvre, décédé en octobre 1557, un très curieux bas-relief qui surmontait le portail.

Cette pièce représente à gauche un monument octostyle, dont les colonnes libres et les arceaux à plein cintre supportent un dôme étagé ; à droite, un groupe est formé par saint Pierre tenant les clefs de la main droite, et, devant lui, un personnage, vraisemblablement l'artisan du monument. Une double légende accompagne ces figures, qui pourrait être d'un grand intérêt pour l'histoire de l'édifice si le sens n'en était presque incompréhensible. Artaud en a tenté une interprétation fort hasardée ; plus sage, Commarmond s'est borné à la publier, à peu près exactement

Le bas-relief ayant été reproduit tout entier en tête de notre notice, nous retiendrons seulement la dernière partie de la légende. Celle-ci semble pouvoir être interprétée : IIoç monumentam Villelmus Benedicti [fecif, ou œdificare fecif), Guillaume, fils de Benoît, a édifié ou fait édifier ce monument. Si le monument figuré représente Saint-Pierre-le- Vieux, quel était ce Guillaume qui en fut l'artisan? Le patronage de l'église appartint plus tard à l'archidiacre de Saint-Jean ; faut-il chercher cet artisan parmi les clianoines revêtus de cette dignité ? Un (juillaume de Coligny en exerça précisément les fonctions pendant de longues années à la fin du xii" siècle. Le nom de son père n'est pas connu, mais, nous ne croyons pas qu'il puisse être identifié avec le Guillaume du bas-relief. Du reste celui-ci n'esl-il pas d'une époque antérieure ?

Nos vieux chroniqueurs lyonnais, réduits aux conjectures quant à l'origine de Saint- Pierre-le-Yieux, ont donné ample carrière à leur imagination toujours féconde. Bullioud, qui les résume, mentionne la légende qui rattache la construction de cette église au passage à Lyon de l'apôtre saint Paul. Ce serait sur les exhortations de celui-ci que les premiers chrétiens de la cité auraient élevé ce sanctuaire et l'auraient placé sous le vocable du prince des apôtres. Saint-Pierre-le-Vieux serait ainsi la seconde des églises lyonnaises ; la première étant celle édifiée en l'honneur de là Vierge Marie ; la troisième, construite peu après, aurait été dédiée à Paul de Tarse lui-même.

Sans faire cette version absolument sienne, Bullioud indique, comme témoignage de la très haute antiquité de Saint-Pierre-Ie-Yieux, la forme primitive du monumenl, — il n'observe pas que, quelques lignes plus bas, il mentionne des destructions et reconstruclions successives, — la grossièreté des matériaux employés, la situation un peu cachée et presque souterraine, enfin l'existence de certaines pierres tumulaires si anciennes, dit-il, que le souvenir des familles auxquelles elles se référaient avait à peu près disparu. Et, comme la vanité ne perd jamais ses droits, il place, parmi ces très anciens monuments, <( à la porte de l'entrée principale », celui des Bulhoud. Sans remarquer qu'il parle lui-même d'une simple inscription familiale, c«m m.scw/p^a parva gentilitia, il cite comme y figurant un Etienne en 1160 et, en 12'j0, Jean, capitaine et prévôt du cloître du palais de l'ar-

chevêque Philippe de Savoie. L'inscription existait encore an xviii" siècle, et Pernetti la rapporte : Tumulus famili r. Bollioud.

A côté des fantaisies qne nous venons de rappeler, que sont les données de l'hisloire? Nulles, ou à peu près, il t'aul l'avouer. Dans un inventaire des reliques conservées à l'église Saint-Jusl, inventaire dressé vers le milieu du xiii'^ siècle, figurent des reliques de saint Péregrin, premier chaj)elain de Téglise Saint-Pierie-Ie-Vieux, copelhnii primi ecclesie Sancd Pétri Veteris Lugdunensis. Admettant cette mention avec les réserves qu'elle comporte, il faudrait donc placer à peu près à la même époque la construction de l'église et l'existence du saint prêtre lyonnais. Malheureusement la vie de ce dernier est aussi peu connue que l'histoire de l'église elle-même ; les Bollandistes, après avoir

constaté le manque de documents, le font viM'e au commencement du m" siècle.

Même pour le moyen âge, les traces laissées par Saint-Pierre-le-^'ieux sont insigjiiliantes. De l'absence presque complète ch' libéralités en sa faveur, on peut (k'(hiire (jue l'église n'avait alors (pi'une importance bien secondaire. Une seule fois, au 28 mai, l'obiluaire de Saint-Jean notant le décès de l'archiprêtre Pierre, [)eut-êlre Pierre de Briord, indiqne qu'il laissa à Saint-Pierre-le-Vieux unum Iracforiuni. Il est juste d'observer toutefois que les libéralités, qui allaient en si grand nombre au chapelain de Saint-Romain, allaient aussi en un sens à Saint-Pierrele-Vieux, puis(jue ce chapelain assurait le service religieux des deux églises.

Il seud)!e du reste (pi'à cette époque elles ont fait l'une et l'autre partie intégrante d'une même organisation, Saint-Pierrele-Vieux et son cimetière étant utilisés presque exclusivement pour les sépultures qui, on l'a vu, étaient interdites à Saint-Romain. De cette destination devait naître une conséquence, la construction à Saint-Pierre-le-Vieux de chaj)elles destinées par les familles notables à leur sépulture et la fondation de prébendes pour assurer le service de ces chapelles.

Dans son testament, en date du I"'' juillet 1348, Guillaume de Montdidier, curé de Saint-Michel à Lyon, fait élection de sépulture dans le cimetière de Saint-Pierre-le- Vieux, « derrière la' chapelle de la Sainte-Vierge ».

Un demi-siècle plus tard, ce même Guillaume de Bames (pii édifiait à Saint-Romain une chapelle en l'honneur de Marie, en élevait une autre à Saint-Pierre-le-Vieux et la plaçait sous le double vocable de Notre-Dame et de saint Michel. Peu après, Pierre et Guillaume de Montpensier, fous deux panefiers, faisaient construire la chapelle Saint-Jacques et

Sainl-Pierre-le-A'icux en lôôO, d'après le plan scénoj,'raphique.

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