RELIGIEUSES NOTRE-DAME DE FOURVIÈRE
La Société du Sacré-Cœur possédait, il y a peu d'années encore, deux résidences dans le diocèse de Lyon, un pensionnat aux Anglais et un externat rue Boissac. La maison dite des Anglais était située à Lyon, quartier des Massues, paroisse du Point-du-Jour ; elle fut fondée, en 1827, par M'"" Thérèse de La Barmondière qui y constitua un certain nombre de bourses attribuées à des jeunes fdles nobles. Le nombre des pensionnaires était de 85 vers 1900. Les religieuses annexèrent plus tard à leur pensionnat une école gratuite pour les enfants de la paroisse Notre-Dame du Point-du-Jour. Depuis les lois scolaires récentes, elles mirent à développer cette école un zèle qui mérite des éloges, et leurs classes étaient fréquentées par la presque totalité des enfants de la paroisse. Au moment du départ pour l'exil, la communauté des Anglais se composait de vingt-sept religieuses de chœur et de vingt-quatre sœurs coadjutrices, soit cinquante et une religieuses. La maison des Anglais a depuis été louée par Técole libre préparatoire à l'école des Mines de Saint- Etienne.
La maison de la rue Boissac a été fondée, en 1827, par la même comtesse de La Barmondière, chanoinesse de Bavière, en faveur de vingt-cinq jeunes fdles nobles, sans fortune. D'autres pensionnaires, nobles aussi, y furent admises; leur nombre s'augmentant chaque année, le pensionnat fut transféré sur la colline de Fourvière au lieu dit aux Anglais. La maison de la rue Boissac devint alors un demi-pensionnat ou externat. Il comprenait, vers 1900, quarante-cinq sujets, dont vingt-cinq religieuses de chœur, vingt sœurs coadjutrices pour cent soixante élèves. Après l'œuvre de l'éducation, la plus importante, celle pratiquée rue Boissac était l'œuvre des enfants de Marie qui comptait trois cent cinquante membres. La réunion était mensuelle, elle se composait d'une messe, d'une instruction, enfin de travail manuel pendant lesquelles on confectionnait du linge d'église et des ornements destinés aux missionnaires de Syrie ; la bénédiction dvi Saint-Sacrement clôturait les réunions. Bue Boissac on pratiquait aussi l'œuvre des retraites générales et particulières et aussi le patronage où une centaine de jeunes ouvrières recevaient chaque dimanche l'instruction religieuse, à laquelle on joignait quelques éléments des sciences les plus utiles. La congrégation Sainte- Anne pour les mères de ces mêmes jeunes filles fut établie les dernières années ; enfin, un jour par semaine, des conférences religieuses faites par un père Jésuite réunissaient environ 200 personnes venues pour éclairer et fortifier leur foi, ou combler les lacunes qu'y laisse nécessairement l'instruction puisée dans des cours ou des éducations particulières.
BELIGIEUSES NOTBE-DAME DE FOURVIÈBE
La congrégation des religieuses Notre-Dame de Fourvière doit son origine à la communauté des sœurs Notre-Dame établie à Usson (Loire) en 1733; celle-ci fut approuvée en 1745 par Mgr Lefranc de Pompignan et en 1755 par Mgr de Gallard, évêques du
Histoire des Éylises el Chapelles de Lyon, II. 30
Puy ; Usson faisait alors partie du diocèse du Puy. Les sœurs se dévouaient à l'éducation chrétienne des petites filles, au soin des pauvres et des malades.
La communauté fut dispersée par la Révolution ; elle comptait alors seize sœurs : quatre d'entre elles furent aiTétées et emprisonnées à Feurs pour les services qu'elles rendaient soit aux prêtres, soit aux laïques proscrits : une mourut dans la prison, une autre fut guillotinée, et les deux autres, qui avaient aussi été condamnées, furent, par la mort de Robespierre, arrachées à l'échafaud révolutionnaire. La communauté se reconstitua en 1800, et put même, en 1835, fonder plusieurs maisons dans le diocèse de Clermont. Ces établissements auraient désiré continuer à dépendre de la maison d'Usson ; mais Mgr
Chapelle des Religieuses Notre-Dame de Foiirvière.
de Donald, archevêque de Lyon, ne l'ayant pas jugé à propos, ils se séparèrent avec peine pour former un institut distinct du premier sous le nom de Notre-Dame de Clermont. Mais ces deux congrégations sont demeurées unies par le cœur et n'ont cessé d'avoir entre elles des rapports de la plus fraternelle charité.
Le 15 décembre 1863, un incendie détruisit le couvent d'Usson; la chapelle seule, lieu de pèlerinage en Thonneur de Marie, invoquée sous le nom de Notre-Dame de Chambriac, chapelle qui date du xf siècle, fut préservée. Dès lors, trois religieuses de ce modeste institut vinrent prendre la direction d'un orphelinat, fondé en 1845, sur la colline de Fourvière, par une charitable Lyonnaise, M'"e Laubreaux-Charrasson, qui, la première à Lyon, avait eu l'heureuse pensée de placer son œuvre sous le vocable de Notre-