‹ Histoire des églises réformées du pays de GrexChapitre 17 sur 26 · MUSSARD · texte numérisé non relu

MUSSARD

A Lion, le 1 Auril 1667.

J'ay receu vos leltres pour les Eglises de notre Prouince. Si vous m'en adressés pour les étrangères, ie les ferai tenir à Blois, à Mets et à la Rochelle ; vous en pouués faire la suscription, i'ay de bons amis en ces lieux-là. J'ay apris depuis quelques iours la mort du bon Monsieur Perreaux Pasteur d'Orléans mon intime ami.

U Eglise de Rouen aux Payeurs Heliot et Rey.

Messieurs et très honorez frères.

Nous prenons grande part a votre affliction, et sommes extrêmement fâchés de toute la peine qu'on vous donne. Etans si dignes seruiteurs de Dieu que vous estes, vous meriteriés asseurement un traitement bien plus favorable, et votre innocence devroit vous mettre a couuert, et vous servir de rampart contre toutes les vexations qu'on vous fait. Elles nous paroissent si étranges que nous sommes (ous dans la pensée que le Roy n'en a point de connoissance. Il fait profession , ce grand prince, d'une justice si exacte.

que par sa participation, on n'en viendroit jamais aux violences qu'on vous a fait endurer. Mais voila le comble de notre misère. On nous outrage cruellement. On croit faire service a sa majesté en nous persécutant. On passe témérairement par dessus et au delà ileses ordres. On nous empesche les abords de sa personne sacrée, et on nous met en état de ne pouuoir pas même luy faire entendre nos plaintes. Mais, messieurs, le mailre des maitres, le Dieu que nous adorons les entendra s'il luy plaist. On ne sçauroil nous boucher ses avenues, et nous empescher de nous approcher de luy, et il repondra tost ou lard a nos cris et a nos gémissements. Nous voudrions pouuoir repondre plus favorablement a ce que vous requerrés de nous. Mais la misère est universelle» et ce qui nous reste de petits moiens n'est pas sufisant pour nos nécessités et pour remédier a tous nos maux. Neantmoins nous ne pouuons nous résoudre a ne pas vous marquer effectivement que nous compatissons a vos soufrances. C'est ce qui fait que nous vous envoions dix pistôles, extrêmement fâchés de ne pouuoir faire pour des personnes de votre zèle et de votre mérite, quelque chose de plus considérable. Cette impuissance ne sçauroit nous empescher de faire des vœux très ardents a notre Seigneur pour qu'il luy plais^e vous consoler, et vous mettre tous deux en état de pouuoir en repos travailler a radvancemenl de son règne et a rétablissement de sa gloire. Nous sommes.

Messieurs et très honorés Frères,

Vos très humbles et obéissants serviteurs les pasteur et Anciens de TEgli. Réf. de Rouen et au nom de tous

Le Moyne.

A Rouen, ce 1 d'Avril 1C67.

U Eglise de Pont'de'Veyle aux Pasteurs Heliot et Rey.

Messieurs et très honorés frères.

Nous eussions fait plutost response à vostre lettre, n'estoit que n'ayans plus la liberté que nous auons eu autrefois, d'auoir nos Consistoires réglés; puii^qu'il nous faut aller aux exercices de piété à quatre grandes lieues d*icy, et encores seulement une fois le mois, et que dans cette ville c'est comme à la derrobée que nous nous

assemblons, et le plus souuent dans nostre assemblée se trouuent peu d'anciens : il ne faut pas que vous trouuiés pour chose extraordinaire, s'il vous plaity le delay de nostre response , ny que vous croyiés qu'il y ayt eu en nous quelque négligence. Cependant ayant appris de monsieur de Galinieres, il n*y a pas longtemps^ que monsieur le député gênerai a obtenu de sa Maiesté des commissaires du nombre de Messieurs les Conseillers d'Estat pour juger nos affaires 9 nous n'auons pas voulu perdre une si bonne occasion , mais auons député promptement à Paris, et nostre député est prest de partir dans peu de jours; et' dans la mesme heure de nostre assemblée pour ce suiet, fut pris resolution de vous faire response, et vous dire comme nous compatissons grandement à toutes vos afflictions que Dieu vous a envoyées pour un bon suiet et qui est honorable à ceux que Dieu visite de la sorte: car bienheureux sont ceux qui souffrent pour justice, le royaume des Cieux est à eux, et nous recognoissons comme vous que tout ce qui vous est arrivé sont des flétrisseures glorieuses, et que sans doute vous vous estes retirés au lieu ou Dieu vous a adressés tous joyeux d'auoir souffert pour le nom du Seigneur. Mais, Mess, et très honorés frères, nous sommes bien marris qu'a présent nous ne puissions pas vous aider de quelque subuention aus grands frais qu'il vous a falu faire et vous prenons pour tesmoins vous roesmes, si en Testât que nous sommes à présent d'enuoyer nostre député à Paris pour la poursuite de nostre rétablissement, nous pouuons fournir à autrui ce qu'à peyue nous avons pour nous mesmes, estant certain qu'il nous faut emprunter quelque argent pour ledit suiet, et que nous auons parmi nous des personnes aussi mal affectionnées qu'on en puisse trouuer ailleurs. Neantmoins si Dieu nous faisoit la grâce d'estre restablis, nous ferions tous nos efforts pour vous donner quelque satisfaction. Nous vous prions de le croire, et que nous addressons tousjours à Dieu nos vœux pour vostre consolation, et sommes.

Messieurs et très honorés frères.

Vos très humbles et très affectionnés frères et seruiteurs

les pasteurs et Anciens de l'Eglise reformée de Pont de

Velle et pour tous

Marcombes, Tun des pasteurs.

GuicHERROH. — Farcy, discre.

 Pont de Velle, le 28 Auril 1667.

A Messieurs et très honorés frères Messieurs Heliol et Rey, pasteurs, estons à présent à Genève^ recommandée à la bonté et courtoisie de M. de Lord, marchand, A Lion,

Lettre des Pasteurs et des Anciens des Eglises Réformées

de Qex au Pasteur Ulrich.

(Archives de Zurich, Gest. VI, 97.)

A Gex, ce 3 May 1667.

Monsieur,

Nous avons receu tant de fois consolation par les soins qu'il vous a plea de prendre auprès des puissances sous lesquelles Dieu vous fait vivre heureusement en représentant nos interests comme vous l'aues fait que nous ne laisserons iamais passer d'occasion sans vous en présenter nos très humbles actions de grâces , comme nous faisons par cette lettre et par la bouche de Monsieur Rey, l'un des pasteurs que leSeign^urnousa osté dans la continuation deses justes chastiments, et lequel, qnoyque séparé de nous de corps» est tellement encores uni a nous d'affection qu'il s'employe plus que iamais auec toute la vigueur possible a nous rendre tous les bons offices dont il est capable;qui fait. Monsieur, que nous le recommandons a vos bontés accouslumees, vous supplians d'adiouster foy a ce qu'il vous dira de Testât de nos panures troupeaux et du manuais traittement qu'ils ont receu et reçoiuent tous les iours, afin que, touché par le rapport fidelle qu'il vous fera de leur froissure , vous iotties les yeux de vostre compassion sur eux pour profiter, dans les occasions que la prouidence divine vous fournira, des moyens qui peuuent seruir au releuement de ces pauures membres de Christ abbatus et désolés. Nous n'osons pas. Monsieur, exprimer tout le mal ny presser auprès de vous le remède dont ils ont besoin, quand nous considérons ceux que vous nous aués prouvé pour les maux précédents ; ce seroit une importunité qui nous nieltroit dans la confusion ; ainsy nous nous contentons déverser nos soupirs dans vostre sein, dans la confiancn que nous auons que vous vous souviendrés tousiours de ce vœu que vous avés fait de ne nous abandonner iamais ; C'est ce qui nous fait redoubler nos souhaits et nos prières a Dieu pour luy demander, comme nous faisons très ardemment, qu'il vous donne une longue et

heureuse vie et qu'il multiplie sur vous et sur vostre saint employ, qui regarde la direction de tant d'églises qui vous sont commises, ses plus précieuses bénédictions, vous asseurant que nous sommes,

Monsieur,

Vos très humbles et très obeissans seruileurs les Pasteurs et Anciens des Eglises Reformées du pays de Gex et pour tous

S. RouPH, pasteur.

Djc Bons. — De Choudens, ancien.

Ddyal, ancien. — Roch, ancien.

Requête du Pasteur Rey au Conseil de Zurich.

(Archives de Zarich, Gest. VI, 97 )

Très Puissants, très hauts et Souuerains Seigneurs,

César Rey Ministre du S^ Evangile se vient ietter aux pieds de VV. EE. et exposer avec tout le respect dont il est capable qu'il a serui en son Ministère les Eglises du Bailliage de Gex enuiron dix ans avec toute Tapprobation qui lui en est rendue par escrit , et que, ayant agi avec vigilance pour leur maintien et conseruation de tout son pouuoir par sa prédication et par ses sollicitations a Paris et ailleurs ou il a esté Député, il a esté tiré en cause devant les Tribanaux et renfermé dans les prisons de Gex et de Dijon l'espace de cinq moys pendant les rigueurs de Thyver; non pour autre cause que pour avoir presché l'Euangile et faict la prière a des malades, de quoy il prend Dieu a tesmoin: et enfin a esté condamné par sentence rendue souuerainement le 16 feb' dernier a des amandes et despens qui surpassent sa portée et a se retirer incessamment du dit pays, sans pouuoir y retourner a peine de punition corporelle, comme il se iustifie par la sentence iointe a ceste supplication, par laquelle. Très puissants et Souuerains Seigneurs, il implore les compassions de VV. EE., vous conjurant de considérer que le suppliant

na pas moyen de subsister auec sa famille» sil n'est employé au S^ Ministère duquel Dieu Ta honoré ; qu'il recercbe avec toute sorte de goin de faire valloir le talent, que mesme il s'est donné l'honneur de se présenter par supplication au louable Canton de Berne pour demander quelque Eglise au pays de Yaud, voisine de celles de Gex, pour leur rendre encore quelque seruice, selon la cognoissance qu'il a de leurs affaires; ce que n'ayant pu obtenir pour le présent, non pas mesme la première vaquante, et ne pouuant vivre sans Irauailler a l'aduancement du reigne de Jésus* Christ en annonçant sa parolle, il recourt à VV. E£., Très hauts et souuerains Seigneurs, comme au chef des louables Cantons Evangeliques, à ce qu'il vous plaise recommander le suppliant à tous les autres et que, ioints ensemble, celuy de Berne soit enfin touché par vos intercessions a accorder a laduenir ce qu'il a différé quant a présent; et que considérant, très grands et puissants Seigneurs, l'exil funeste de ce seruiteur de Dieu et les bons tesmoignages qui luy sont rendus de sa fidélité et bonne conuersation, il plaise à VV. EE. lui donner quelque moyen de subsistance et pour luy et pour sa famille iusques a ce que, par le souci qu'il aura de cercher exercice, le Seigneur le pourvoye en sa Prouidence d'une Eglise au moyen de laquelle il puisse gagner son pain par son travail. VV. EE. ont eu la bonté de soulager tant de fois les panures Eglises de Gex quelles auront encore sans double la charité de consoler un de leurs pasteurs exilé pour un subiet si glorieux; et c'est ce qui lui faira redoubler ses vœux et ses prières a Dieu comme il faict auec toute l'ardeur possible pour la prospérité de VV. EE. et de leurs Estats et pour la paix et repos des Eglises qui y sont heureusement recueillies.

Rey.

Lettres Patentes de rétablissement de la Maison de la Propagation dans la Ville de Gex.

(Voir Vie de J. d^Aranthon^ p. 588.)

Louis par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre, à tous présens et à venir, salut : Un des principaux soins que nous ayons

pris depais nôtre avènement à cette Couronne, a été d'extirper lliérésie dans nôtre Roiaume, pour y faire régner de plus en plus, la Religion Catholique Apostolique et Romaine, pour la gloire de Dieu; Et à cet effet. Nous aurions établi dans plusieurs de nos Villes et Diocèses , des Séminaires, Maisons Religieuses, et de la Propagation de la Foi, afin de travailler à une si sainte oeuvre, tant pour la conversion des Hérétiques, que pour instruire et fortifier dans les principes de nôtre Religion, et des mœurs du christianisme ceux qui auront abjuré la R. P. R. Et comme le Diocèse de Genève, Pals de Gex, et des environs se trouve des plus infectez de THérésie, par le grand nombre d'habitants de la diteR. P. R. qu'il y a en divers lieux; Nous avons eu bien agréable l'instance qui nous a été faite par notre amé et féal Conseiller en notre Conseil, le Sieur Jean d'Arenihon d'Alex, Evêque et Prince de Genève, d'établir une Maison de Nouvelles Catholiques dans nôtre Ville deGex, pour donner un azile assuré et une éducation honnête aux personnes ({ui voudront embrasser la foi Catholique; étant d'ailleurs informé des progrez qu'ont fait semblables établisseroeus, soit dans nôtre bonne Ville de Paris, et en divers autres de nos Provinces. A ces Causes, et autres bonnes considérations à ce nous mouvans. Nous de l'avis de nôtre Conseil qui a vu l'acte de Consentement dudit Sieur Evêque de Genève, en datte du 26 Janvier dernier^ ci-attaché sous le contrecel de nôtre Chancellerie, et de notre certaine science, pleine puissance et autorité Roiale :

Nous avons dit et Ordonné, disons et Ordonnons par ces Présentes signées de notre main, voulons et nous plait, qu*il soit établi en notre Ville de Gex, une maison de Nouvelles Catholiques et de la Propagation de la Foi, pour être régie et administrée sous la direction et suivant les statuts qui en seront faits par le dit Sieur Evêque de Genève, et ses successeurs. Voulons aussi que les personnes qui la composeront, de quelle qualité et condition qu'elles soient, y puissent faire toutes assemblées nécessaires, et y recevoir ceux et celles qui auront volonté de se convertir, et leur rendre toute assistance spirituelle. Que ladite Maison jouisse des Privilèges, Franchises, Libériez, Exemptions, tels et semblables qu'en jouissent les Maisons de fondation Roiale, à condition néanmoins que ladite Maison et Communauté ne pourra être changée en Maison de profession Religieuse ; mais demeurera toujours en état séculier

Donné à S^ Germain en Laye, au mois d'Avril, Tan de grâce 1681.

Lettre des Pasteurs et des Anciens des Eglises Réformées de Gex aux Pasteurs des Eglises de Hesse.

(Archives de Zarîch, Gest. VI, 97. — Copie.)

Gratiam et pacem à D. et Salvatore nostro Jesu Christo.

Admodum Reverendi, Clarissimi, amplissimi et uno nomine Sancti et dilectissimi la Jesu Christo Domioi Fratres Dostri multum venerandi,

D. Paulus IL Cor. 8 cap. horlabatur Corinthios fidèles ad benefîcentiam quâ Jerosolymitana Ecclesia inopia necessario tempore sublevaretur , iis prius proposito exemplo £cclesiarum Macedonicarum quo oimirum ad largitionem inflammarentur Corinthii; non oblonga hortatione fuit opus (viri fratres omni virlutum chrislianarum génère conspicui) explorata vestra redderetur charitas ergaHierosolymamnostrarain hacGayeusiplaga^nec oportuit cseterarum Ecclesiarum exemplum proponere, imo Ecclesise vestrsB admodum pise eruut caeteris charitatis exemplum. Accepimus enim féliciter octingentos nummos argeuteos, qui nuper Genevam perReverendumD. Ulrichum Ecclesiarum Tigurinaruro prsfectum tutô Iransmissi sunt: tauta ope Sion nostra reslaurabitur, rudera readificabuntur, pastoribus providebitur, pauperibus supvenielury omnia tandem Ecclesiarum nostrarum membra solatium sentient opportunum, postque tôt aîPumnas^ tôt getnitus^ tôt fletus exsurgent et exultabunt. Verba certe non suppetunt (viri Fratres amplissimi) quibus charitatis vestrae effectus prsBdicare valeamus : plus satis notum est Ëcclesiis noslris quantum valeat anxilium multorum ejusdemcapitis membrorum» quousqueetiam viscera vestra moverit Josephi tritura ; si gratias Deo Opt. Max. agere necessum est, quod providentia sua plus quam miranda^ et secundum divilias gratise ministrare dignatus sit tantam bonorum ubertatem, nonne est omnino necesse vobis grates peramplas persolvere pro hoc fragrantis odoris sacrificio» non certe sat dignas, nec quae possint tanto favori sequivalere, altamen quantum pênes nos est, rogantes csete-

rum Dominum opt. ut remuaerationera amplam fobis largiretor? Nullum manetdubium^viri fratres ornatissimi, Deusenim 3dApostolum suum yerba faciens, asserit eum qui ubertim sent, uberrime etiam roessurum ; mutuo dedislis Christo, qui tandem cum fœnore in horà mortis et in advenlu suo illustri beneficentiam vestram restituet; ipsum supplicibus rogamus votis ut benedictionibus suis vos cumulare digcelur^ et inter vos servare perpetuo sanctuariuo) suum, donec in sanctuarium suum caeleste vos et posteros evehat. Deus iterum florentes Ecclesias vestras glorisQ susb et a/Hictorum fratrum solatio in saBcula innumera servet. His votis finemfacimus etbenevolentisa vestrse ut et precibus nos commendantes sumus

Observantissimi , obsequentissimi , devotissi mi conservi et fratres pastores et seniores Ecoles. Reformatarum Gayens. et horuro nomine

Caesar Reyus, V. D. Praes.

S. Ruphus, Evang. SS. Minister.

DuvALLUs, Senior.

Dabamus Fernexii in regione Gayensi die 1665.

Reverendis admodum, Spectatissimis, Ornatissimis, necnon Yigitantissimis Doctoribua et Sacri Evangelii Ministris Hessicis. — Caisellum.

Lettres du Marquis de Ruvigny, Député général des Eglises Réformées de France , aux Pasteurs et aux Anciens des Eglises de Qex.

(Archives de Genève, Pièces historiques, n© 3436.)

A Paris, ce 25 auril 1665.

Messieurs,

J'ay receu les deux Lettres que vous m'auez escriles sur le sujet du dessein que vous auez de baslir à Sergy et à Fernex. J'en ay

entretenu Monsieur de la Vrilliere » qui trouue à propos que vous vous adressiez à M^* vostre Intendant, et que vous luy représentiez la nécessité que vous auez de vous mettre à couuert dans les deux lieux que le Roy vous a accordez pour vos exercices. Il y a apparence qu'il escoutera vos raisons,^ et qu'il fera cesser les oppositions. Et en cas qu'il y ait quelque difficulté » Monsieur de la Vrilliere m'a promis de vous rendre Justice, et d'appuyer la Requeste qu'il faudroit présenter ! Voyez donc au plus tost M' Bouchu, et faites luy le détail de Testai ou vous estes. Il faut aussi luy donner cognoissance du trouble que l'on vous fait lorsqu'un Ministre prêche en la place d'un autre conformément au Règlement. Je ne doute point que puisque vous n'y faites aucune Innovation , il ne vous rende Justice. J'auray toujours soin de vos Interestz en tout ce qui dépendra de moy. Je suis.

Messieurs,

Vostre très humble et Irez affectionné seruileur

RUVIGWY.

il Messieurs, Messieurs les Pasteurs et anciens des Eglises Refformées de Gex , à Gex,

A Paris ce 10 9»"^« 1665.

Messieurs,

Depuis que j'ay receu vostre lettre du 6 d'octobre, j'ay solicité un arrest du Conseil qui vous donnât permission de baslir deux Temples de suffisante grandeur à Sergy et à Fernex; On me l'auoit promis, mais on a trouué à propos auparauant d'en escrire à M*^ Bouchu pour auoir son auis : On luy enuoye par ce Courrier une lettre de Cachet, conceûe en des termes, qui, s'il veut, luy donnent pouuoir de vous permetre de bastir aux endroits qui vous seront dezignez, ou bien d'agrandir les temples que vous avez déjà, si vous le pouuez faire commodément. Je croy qu'il est bon que vous députiez vers luy, pour luy faire entendre vos raisons, et pour le prier de pourvoir à vostre demande sans attendre de nouueaux

ordres de la Cour, aUeoda que la saison yous presse de vous mettre à couuert. J'estime qa'il aura la bonté de remédier i la nécessité ou vous estes d'auoir des lieux commodes pour vostre exercice, car II cognoit la volonté du Roy; Hais en cas qu'il ne trouue pas à propos de donner son ordonnance pour vous permetre de ba$tir. Il ne manquera pas de donner son avis à Mons' de la Vrillière conformément a la lettre de cachet, et en suite j'auray soin de soliciter ce qui sera nécessaire pour vostre satisfaction ; Je voudrois bien aussi vous en procurer sur les autres choses dont vous m'auez escrit, que j'ay représentées sottuent, mais on m'a répondu que vous douiez vous adresser a M' l'Intendant qui yous rendra Justice lorsque vous luy ferez bien cogooistre vostre droit et les vexations que l'on vous fait. Il est bon de l'informer de ce qui se passe de fâcheux contre vous en gênerai et en particulier, et de le supplier d'employer son authorité contre ceux qui troublent vostre repos. Soyez persuadez que je vous rendray toujours de bon cœur mes seruices, et que je suis.

Messieurs, Vostre très humble et très affectionné seruileur

ROVIGNY.

Je vis H' Bouchu auant son départ, qui me témoigna ne vous estre point contraire, et que vous auiez raison de demander deux lieux pour vos exercices capables de vous contenir : qu'il ne s'y oposeroit point , et que, si on luy demandoit son auis. Il le donneroit en vostre faueur. Je luy recommaoday vos Interetz, et je ne doute point qu'il ne vous rende Justice.

A Paris , ce 14 iO^'^'^ 1665.

Messieurs ,

A la fin on vous accorde la permission que vous demandiés depuis si longtemps de bastir deux Temples à Sergy et à Fernex : Les ordres en seront envoyés par ce Courrier à M^* Bouchu, à qui vous

deués un remerciment, car il à donné un auis fauorable en reponce à la lettre de Cachet: Vous verres par la copie de ces ordres qu'on à eu soin de les dresser d'une manière qui vous est auantageuse, et qui ne laisse rien a souhaiter sur ce sujet. J'ay aussy obtenu de Mons' de la Vrilliere qu'on ne vous fera point une affaire de ce qu'on vous accuse d'auoir laissé entrer des Estrangers à vostre Synode ; Je luy ai repondu qu'il n'y auoit d'autres personnes que celles qui ont accoutumé de le composer et que vous ne vous estiés point départis en aucune fâçon de vostre deuoir. Il en a esté content et je ne croi pas qu'on vous inquiète la dessus, non plus que M' de Bons vostre Commissaire. Soyes persuadés que je vous reodray toujours de bon cœur mes services, et que jesuis, etc.,

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