MO BOURG DE BËIXENCOMBRE
temps après Henri de Lof raîae, comte de Chalignr, et la terre de Belleocombre » sortie de la maison de Moy t passa dans celle des comtes de Clarct puis dans celle des Martels, seigneurs de Clëres et de Fontaine*
Charles Martel • baron de Clères et châtelain de Bellencombre, épousa Suzanne d^Orléans-Aothelin. Il mourut sans tnfants , et da veuire vendit. Bellencombre , vers l'an 1775, à M. Godard de Belbeuf.
Depuis quelques années» deux dames, héritières de cette dernière maison, ont revendu Bellencombre à divers particuliers, qui , aujourd'hui , se sont partagé les terres, après avoir démoli le château.
Ce château , fort important dans Torigine, mais dont on ne voit plus aujourd'hui que les dernières traces, avait 4té pris par les Anglais en 1418 , reprispar les Français en lii'O, et brûlé en 1472 par Charles-le-Témérairc, duc de Bourgogne. Reconstruit dans les premières années du XYP siècle, il joue encore un certain rôle dans les guerres de Henri IV aryec les Ligueurs. Le mamelon sur le sommet duquel s'élevait le donjon domine à une grande distance la vallée de Bellencombre. L'enceinte de ce château était très-vaste, et d'immenses fossés , de près de quarante pieds de profondeur, le défendaient sur tous les points où Tescarpement du coteau n'oHrait pas une défense naturel]^. Ce n'est guère que depuis quatre ans, que ce curieux monu-
BOUB6 DE BELLENCOMBRE. 261
ment des siècles passés a été attaqué par la inain des hommes. En 1835; il était encore dans un état complet de conservation*.
Au pied mô-ne et à l'abri du coteau où s'élevait
t A peu de distance du château de Bellencorabre , dans la cour d^ine ferme, sur la hauteur, il a ctd découvert, il y a environ di-u.x ans , plusieurs restes de constructions romaines , entr'autres une aire entièrement pavée de grands carreaux de pierre, semblables à ceux, de Cacnou de Quilly. Parmi les décombres on trouva quelques médailles gauloises fort grossière», plusieurs monnaies du Haut et du Bas-Empire , et trois hachettes celtiques , dont deux en silex et une en bronze.
Le terrain compris dans le vaste cercle des murs du château, terrain qui comprend tout à-Ia-fois Téglise, le cimetière, et une grande partie du bourg de Bellencombre , est également fécond en antiquités , et notamment en objets du moyen-âge. En défrichant le cimetière , il a été trouvé différentes monnaies de Henri V, roi d'Angleterre et soi-disant roi de France. Ces monnaies sont un alliage de cuivre et d'argent*. D'un côté , on voit l'écusson de France aux trois fleurs de lis , puis une grande croix , puis l'écusson écartélé de France et d'Angleterre ( trois fleurs de lis et trois léopards). Au-dessus de ces écussons , on lit en lettres gothiques Hlricvs , çt autour Prancorvm : et : Anglie : Rex. De l'autre côté, est une croix, accostée d'une fleur de lis et d'un léopard. Au-dessous de cette croix, on lit : hêricvs, et autour : sit tmmen Dni : Benedictv. Il a été «'gaiement trouvé sur ce point : lo,difierentes médailles d'abbés et de seigneurs ou princes particuliers, en argent : 2°, une j^ièoe de Franepis I«ï portant, d'un côté , cette inscription : Franciscvs Dei G. Francorum reXytldc l'autre : Ht nomen Domini benedictum; 3©, une médaille de Henri II, roi de France, offrant de chaque côté de l'écusson royal le croissant couronné de là célèbre Diane de Poitiers, et portant sur une face cette légende : Henricvs Z). *Q Francorum lies, et sur l'autre face : sit nomen Dni benedictv m ; 4o, enfin, un cachet en cuivre , du XIII» ou du XIV» siècle. Ce cachet^ en forme de navette , présente une femme vôtue d'une longue robe , ayant la tête couverte d'une espèce de coiffe ou capuchon. La robe, mipartie, est d'un côté semée de couronnes ou de châteaux, et, de
^t BODRG DE BELLENCOMÉRC.
cette féodale demeure des la Heuze el des de Moy, se trouve Téglise p<iroi5siale de Belkncombre, dédiée à savU Pierre et à sa'nl Paul. Là construction de cette église appartient en majeure partie au style de transition du XP siècle auXir. La tour du clocher* carrée comme tous les édifices analogues qui datent de la même époque/est percée de fenêtres à pleincintre qui « à Vintérieur, présentent quatre ressauts^ Les murs de la nef sont également percés dé fenêtres romanes , dont la plupart ont été bonchées ou rem-» placées par des fenêtres modernes. Quelques parties des deux murailles extérieures offrent des assises de cailloux rangés en épi ou feuille de fougère. On remarque, au bas de la nef, de curieux fonts bap-' tismaux en pierre . portés sur quatre petits pilastres^ et appartenant soit au XlIP siècle , soit au XIV*- L*église renferme beaucoup de boiseries sculptée»- Quelques-unes de ces boiseries sont décorées d^af-*
rutitre de fleurs de lis. Cette haute et puissante dame tient de ta main gauche «ne fleur de lis, et de la main droite le faucon féodal. Autour est i^rarëe eu gothique Pinscription suivante : s. i»mk iobb Ds sco MULTIHO lEGAlLABi ( sifjUlûm domiiiœ Johannœ de Sancto Mariino Le Oallarioa Le Gallart). Il rst donc certain que ce sceau est celui de noble dame Jehanne de Ferrières , dame de Saint^ Martin-lc-Gaillard, virant vers 1265. Isabelle de Fcrricrcs, sa Bile,dame deSaint-^Martin-le-Gaillard, étaitmariée à Nicolas de Hautot^ >c:gn«Mir de Hautot \ ^js Dieppe, de Befncval, de Vascœuil {terre tfui passa âepiiie aux châtelains de Bellencombre) , etc. Margui rite «le lluiitot, issue de ce mariage , épousa yers 4342 Robert V d'Êsloutcville , sire de Valiuonl j baron de Cleuvillc, etc. , ele.
0OUft6 D£ EEIXEiKCOMBllt. H%
moiries ^. Au milieu du chœur, on trouife une espèce de petite tombe en cuivre oiïrant les armes de fa maison de Moy, gravées au trait, sanè indication de couleurs ni de métaux^. Sur cette tombe decuivret ea Ht , en lettres gothiques, l'inscription suivante : Cy dessoubz reposent les mcetes et inlésiines de fia noble et puissant sieur Monsieur Jacque$ de Moy^ en son tnmt eheualier^ harondudictlieu de Moy, et chasêtUain hetidital de céste terre, sieurie et duutetlenye de Belleneôbre; cueur et corps duqud est inhume en Veglise collégial dud: Keu de Moy; et irespassa le Dymece XI^ iour de feburier lan de grâce mil ciq cens dix neuf. Priez Dieu po^. lame de luy.
D'après une déclaration du mois de janvier 1695, c'était à l'abbaye de Saint-Victor-en-Caux qu'appartenaient le patronage et les dtmes dé Téglise Saint- Pierre de Bellencombre. Ce patronage était venu à Tabbaye de Saint- Victor à cause de certain fief que ce monastère possédait sur la paroisse de Saint-Ouen .
Outre l'église paroissiale , il y avait à Bellencombreune chapelle dite de Saint-Vimer. Cette chapelle , dont le patronage appartenait également à l'abbaye de Saint- Victor-en-Caux , existait encore en
f Un de ces ëcussons offre un champ d'azur â un chevron d'or^ ayant dêus étoiles d'argent en chef, et , en pointe , une rose fenUlée de mente. Un autre de ces ëcussons présente d'arur à tine bande d'or surmontée d'vn lion d'argent.
2 1rs sirrs de Moy portaient de gwewles freité d'or^ de sis pièces ,
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?6« BQUA<; DE BELLENCOMBITK.
16(30.. £Ue était située dans renceiiik <lu manoir sei^^neariaP.
En 1382, il y avait à Bellencombre des mines de fer , dont les habitants de la contrée ont conservé jusqu'à ce jour le souvenir. On sait qu*à cette même époque Saint-Saêns exploitait aussi le minerai . Divers arlicles d'une charte du roi Charles VI nous prouvent qu'à Bellencombre le fer était converti en âeier, et que cet acier était alors plus estimé que celui provt^nant de l'Allemagne. C'est en 1416 que ces mines, sans doute mal dirigées, cessèrent de fournir (lu minerai.
A l'époque du rétablissement du culte i on réunit à Bellencombre les anciennes paroisses des Authîeux, de Saint-Martin et de Saint-Ouen : ce n'est que long^ temps après qu'on y a réuni celle de laGrande-Heuze«
Les Authieux devaient remonter à ^première ou à la seconde race de nos rois. Le véritable nom de cet endroit était Autik ou Autels, que Ton a d'abord orthographié Aulieux, et ce dom , si nous en croyons quelques savants, appartient à l'époque dq Bas-Empire. En 1259, c'était le roi de France qui nommait les curés de l'église Notre-Dame des Authicux. Eit
* Vne petite prairie , située au bord de la Varennc , est encore connue de nos jours sous le nom de Pré'Saint- frimer, Céia'it \e I l'venn de cette prairie qui servait de dot au préh'C chargé d<î tles- ^e^vir la chapelle doiit ik»us parlons.
BOURG DE BELLENCOMBllE. t65
1495, t;e patronage était passé anx comtes de Longueirille; roaû^, après Textinction du duché de ce inéme nom, il retourna au domaine de la Couronne; avant la révolution « c'était encore le roi qui nommait les curés de cette paroisse.
Quant à celle de Saint-Martin . c'était originairement une léproserie qui, quoique^itnée de Vautre côté ( rive droite) de la rivière , ne s'en trouvait pas moins de temps immémorial sur le territoire de Bellencombre. En 1177, la chapelle de cette léproserie, dédiée à saint Martin, appartenait au prieuré de Longueville. Vers Tan 1234, il se forma autour de cette chapelle une espèce de village, que Ton dota d'une véritable église, et qui devint bientôt une paroisse distincte de celle de Bellencombre. L*administration de cette nouvelle paroisse fut confiée à des chanoines réguliers, aiîxquels on donna ^n même temps tous les biens et revenus de Tancienne léproserie. Ces chanoines s'établirent alors dans les bâtiments du vieil asile des lépreux , et donnèrent ainsi naissance à un prieuré de Tordre de saint Augustin , lequel fut richement doté par la famille de la Heuze, dont la plupart des membres choisirent ce Iren pour leur sépulture *. La cure étant réunie à ce monas-
1 Parmi lès membres de la maison de ia Heuxe^ enterrés dans Te ^prieure' de Saint-Marlin-sons-Beltoncombre, on remarquait les wiivants :
■ Éi llll
t0i SOUftG DE VELLEXCOMBU.
tère , ce fut le prieur qui en posséda Iw^oars le pÊhtronage. L'église , tpot à-la-fois prioriâle et parois-^ siale, possédait deux nefs. L'un des autels» dédié àr $ainl Marlin, était celai des habitants; Tantre, dédier à fous Ut saints, était celui des religieux : c'est pourquoi on appelait cette maison tantM le prieuré ât SatHt'-Martin , et tMrtM le prieuré de Toussains. Cette première église, qui était fort belle, ayant été ruûiée par les guerres, les moines d'un cAlé, et les habitant» de l'autre • s'en reconstruisirent chacun une pour leur usage particulier. En 1484, 1507 et 1648 , il y avait encore des religieux dans le prieuré de Saint- Uartin-sous-Bellencombre; en 1668, cette communauté n'existait plus» et le prieuré était «i com-' mande. Cependant, ils*y trouvait encore un prêtre,
9u'on jfUpOSé, dit une HlSTOIEEDE LA VlLLBMRoUENr
pour y dire tous les jours la messe, ei réciter son office
4o, Jehan de la Henze , turnomnië I0 Baudran, chambellan dir roi et amiral de France , mort le 7 septembre 4866.
2o, Marie de Barrelu ^ sa femme , morte le 24 août 4368.
S» , Jehan de fa Heuze , chevalier , sei^cur de la Ileuze et de Bailleal , baron d'Ecotignj, conseiller et cliambeUan du roi , capitaine des genUlshommes du bailliage de Caux, mort le 17 septembre 1480.
4», Dame Jacqueline Martel , sa première fenvie , fîUe du sire de Bacqueyillef morte le 13 novembre 1472.
$•, Marie d*Estoateville , sa deuxième femme , fille du sire d*Aufc< bosc , morte le 47 septembre 4483.
6», Richard du Quesnoy, seigneur du Quesnoj, de b Heuze , de Bcaumont , elc , mort le 9 septembre 4521 .
7o, Marie Malet de Cramesnil, sa femme, mortcen4500,:etc.,etCk
BOrRG DK BELLENCOMBHE. tff9
m ia preience du Saint'Saenmmt, qui est gardé dans h tabernacle ^. Suivant un aveot ce prieuré possédait le fief dudU Saint-Martin » et , en cette qualité , était seigneur et poUron de ladite paroisse. Plusieurs autres aveux nous apprennent que c'était le roi qui nom-' mait les prieurs de Bellcncombre. Dans les der-^ fiiers temps, lamense conventuelle de cette maison avait été réunie partie à la cure du lieu et partie au toliége des Jésuites de la ville de Rouen; cependant, le titre de prieur subsistait toujours. Outre le fief de Saint-Manin proprement dît, il y avait encore sur ^ette paroisse deux autres fiefs, appelés l'un le Camp Palurel, et Tautre GrigneuseviUe on GreigneureviUe, Sur le premier se trouvait un antique manoir, et , dans la cour de ce manoir , une chapelle dite de
Quant aux anciens sires de la Heuze, bienfaiteurs du prieure, ils élaiont enterres, non pas avec les pr<?ct'dents, mais dans un caveau, pratiqué à part , sous le sanctuaire de Téglise.
Suivant les anciens titres , les religieux du prieuré de Saint-Mart'n-souS'Bellencombre étaient obliges d'envoyer qnenr vne fois par mois, sur une haquenèe blanche , le seigneur du iieit de la Heuze , dont la maison était éloignée d*environ une demi-lieuc. Cotte obligation était de rigueur ; elle était encore exécutée de point en point au commencement du XVIT« siéclCé
^ A cette même époquef on voyait encore la place du cloître. Le chœur de Téglise était garni d'un <loublc rang de petites chtfifes ou stalles, et était orné de beaux vitraux. Derrière Tautel se trcn^ vait une grande verr'.iTe où étaient peintes les armes de la maison lie la Heuzc {trois houseaux ou bottes de sable sur un champ d'or). On retrouvait également ces armes brodées sur une ancfenne tu> iMejur; clli's y étaient mi-parties avec celles des Martels de B:»**-» qm^'ilK'.
26H BOURG DE BELLENCQMBUr.
êainte Barbe^ qui existe encore. Quant à Grigneuse^ viUe^ c'était un plein 6ef de Haubert, qui donnait âr ses possesseurs le droit de nommer les curés de la paroisse du même nom^ située près de 6osc-le-Hard . II y a quarante ans , on voyait encore sur Saint- Martin de Bellencombre Kimmense motte ou chefmois de ce riche et antique 6ef .
Pour ce qui est de la paroisse Saint-Ouen, elle setrouvait au-dessus de Bellencombrct au bord de la plaine. Outre son église communale , cette paroisse* possédait autrefois une très-antique chapelle dite da lios-Hue (dé Bosco Hugonis). En 1495, le patronage de cette chapelle , qui était encore en titre en 1608, appartenait aux comtes de Longueville. En 1695, c'étaient les moines de Saint -Yictor-en-Caûx qui possédaient le fief seigneurial de Saint-Ouénsur-Bellepcombre , et c'était ce même fief qui donnait à celte abbaye le droit de nommer les curésih la paroisse dont nous parlons , ainsi que ceux du bourg de Bellencombre En 1787^ le patronage de la paroisse de Saint-Ouen , comme celui de Saint- Remy-en-Bivière , qui appartenait aussi à Tabbaye de Saint -Victor, était passé à la maisoii de Bigars de la Londe , et réuni à la baronnie de la Heuze.
Enfin , la terre de la Heuze, qui a fourni si longtemps des seigneurs au bourg de Bellencombre, n'était originairement qu'un désert de la forêt d'Eawy,
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laquelle fut ^n grande partie donoée par Rollon , vers Tan 912 , à l'un des guerriers qui avaient partagé ses périlleux exploits. Le nom de la Heuze é!ait fort commun au moyen-flge ; Dom Toussaint Duplessis prétend que ce nom dérive du mot teutonique Hausse ^ qui signifie maison « établissement domestique; mais nous ne partageons nullement cette opinion. Le mot Ileuze, dont on a fait Houze ou How seaiix, désigne littéralement de fortes bottes en cuir. La maison de la Heuze , comme nous venons de le voir, portait pour armes trois houzes ou trois bottes de sable sur un champ d'or. Il est donc probable que le compagnon de Rollon» qpi avait reçu cette terre en récompense de ses services , avait été surnommé Grande-Heuze à cause de ses longues bottes « de même que plus tard Robert II , duc de Normandie, fils aine de Guillaume-le-Conquéranl , fut appelé Courle-HetAze, cest-k-dire petite botte. C est donc ce guerrier qui a transmis son nom au fief dont nous parlons, et non pas le fief qui Fa donné à la famille de la Hèuze. Dans la liste des gentilshommes qui s'enrôlèrent pour la première croisade en 1096, on voit que Pierre de la Grande-Heuze accompagna, h la conquête de la Terre- Sainte, Robert Courte- Heuze , duc de Normandie. La Grande-Heuze portait le titre de paroisse en 1266; mais, ayant été ruinée par les guerres des anglais, dans les XIV^ et
Goo^
970 BDUHG DE BELLENC OMBRE.
XV* siècles, cette paroisse, devenue simple hamean , n'eut long-temps pour église qu*une chétive chapelle. Ce nestquen 1531 que le cardinal d'Am-^ boise* archevêque de Rouen, cédant aux sollicitations de Louis du Quesnoy» alors possesseur de cette terre, lui rendit, par décret daté du 20 septembre, son ancien titre de paroisse. Suivant un aveu du 12 aoât 148 i, il y avait aussi à la Grande-Heuze , dans l'enceinte du manoir seigneurial , une chapelle dont les possesseurs du fief avaient seuls le droit de nommer les titulaires , san$ ce que perionne eeele$iastique ne secuUere y ail qi^ veoir , dit ce même aveu. La seigneurie de la Heuze était encore un plein* fief de Haubert en 1615 , époque où elle faisait partie du duché de Longueville. En 1694, après la mort de Vabbé Louis-Charles d'Orléans, duc*de Longueville, la terre de la Henze, comme Goumay , laFerté, etc.» etc., retourna à la princesse Marie d'Orléans, sœur de ce même duc, et veuve de Henri de Savoie , duc de Nemours. Cette dernière étant morte à son tour, en 1707, sans laisser d*enfanls, Jacques III de Matignon , comte de Tborigny, sott héritier, vendit la terre de la Heuze, le 9 mai 1715, à Jacques de Saint-Ouen , écuyer , capitaine au ré* giment de Piémont, etc '. Ce Jacques de Saint-
t Dans un aveu rendu par Jacques de Saint-Ouen, il est dit qii« }r plein- fié f de Umthêft de la fh f:e réfère difê UmeMi du ro»; que
BOURG D£ BEIXENCOMBKE. TA
Oaen laissa Yvei» de Saint-Ouen , seigneur et patron de la Heuzo. François-Alexandre-Barthélemy de Saint-On^i , chevalier, héritier de Yves de Saint- Oaen, vendit la Heuze, le 8 janvier 1760, à Aimable Theroulde de Bellefosse, lequel revendit cette terre, le 19 décembre 1766, à un sieur Devalliers. Ce dernier la revendit à son tour, le 26 février 1785, à M» de Saint-Ouen d'Ernemont. Quatre ans après, la baronnie haute-justicière de la Heuze, à laquelle étaient alors réunis les fiefs de Virville , des Grandes- Ventes^A 4es Petites -Ventes, ainsi que le patronage des cha|>elles de la Frenaye, d'Orival-sur-Varenne, de Saint^uen-sur-Bellencombre, de Saint-Remien-Rivière, etc., etc., appartenait à messire François le Gordier de Bigars, chevalier, conseiller du roi en la chambreiies Comptes de Normandie, marquis de la Londe, baron du Bourg-Theroulde , seigneur et ))atron de Saint-Ouen de la Londe, d' Amfreville-la-Gampagne , de Montaure, de Saint- Aubin d'Écrosville , etc., etc. Ge fut le dernier seigneur
ce fief est composé d'un château entouré de fossés^ avec cours ^ colombier à pied^ terres labourables fieffées et tion fieffées , ayant les premières une contenance d'environ deux cent soixante-quinze acres ( mesure ancienne ); que est attaché à ladite seigneurie le droit de haute justice d deux piliers; plus , celui de prendre , tant pour le seigneur que pour ses vassaux ^ du bois, •pour leur usage, aux forêts d'Arqués et dês FeniêS d'Eawy; et , enfin , celui de nommer à la cure de l'église de la Heuze , qui, comme chapelle y faisait anriennemrvt partie de ladite seigitcurie.
272 DOtKG DE BËtl^COMfiAE.
de la Heaze. Lors da rétablissement da calte, l'égUso de la Heuze ne fut pas comprise au nombre des paroissiales. On voulut plus tard réparer cet oubli « et un décret fut pubKé à ce sujet, au nom de l'empereur Napoléon, le 2 octobre 1813. «Ce décret, rendu à une époque où' le grand colosse commençait à trembler sur sa base , est signé Marie-Louise. » Bientôt , néanmoins, la Grande-Henie , définitive* ment rayée du nombre des paroisses , fut réunie à Bellencombre.
Quant à ce bourg, il s*y tient un marché le lundi de chaque semaine , une foire le premier lundi d'avril, et une autre foire le deuxième lundi d'octobre.
En 1726, il n'y avait A Bellencombre que 39 feux taillables; aujourd'hui la population de cette vaste commune n'est encore que de 956 habitants.
(ttanton ic (Bellencombre.
Ce canton se compose de 15 communes, et renferme 9,599 habitants.
Ardouval, à 6 lieues (sud-est) de Dieppe, et 1 lioue 1/i (nord-nord-est) de Bellencombre, possédait anciennement un prieuré. Plusieurs fois ruiné par les guerres , ce prieuré était cependant encore, en 1738 , un bénéfice régulier , dont le principal
CANTON nE BEIXENCOMBRE, Î7$
titulaire remplissait en même temps les fonctions de curé de la paroisse. Cet établissement était de Tordre de Cileaux; il dépendait de l'abbaye de Notre-Dame de Bonport près Pont-de-rArche. La population iPArdouval est de 402 habitants. — Pommerval , à 1/2 lieue (est) d'Ardouval , sur la grande route de Dieppe à Beauvais, est appelé, dans quelques anciens titres, Saint-Nicolas de Pomeraieval{en latinPomonim ou Pomarii Vcdiis, dit Dom Toussaint Daplessis). On a recueilli sur cette commune quelques médailles romaines et de nombreux fragments de' tuiles antiques. Pommerval possède un relais de poste aux chevaux , et renferme 587 habitants. — Le Mesnil- Follemprise, à 1 lieue (nord-nord ouest) de Pommerval , était appelé anciennement le MesniUauoc^ Moines. C'était originairement une succursale de la paroisse de Bures. L'église du Mesnil fut fondée vers l'an 15G0, sous le simple titre de chapelle, par Jean du Buse, curé de Quillebeiif. Tous les ans, le jour de la Dédicace , le chapelain ou desservant du Mesnil était obligé d*aller à Bures assister à l'office divin. L'abbaye de Fécamp lui accordait quelques revenus. Enfin , la chapelle du Mesnil ayant été à son tour érigée en paroisse, on lui annexa, comme succursale, une nouvelle chapelle connue sous le nom de Notre-Dame de FoUemprise (c'est-à-dire FoUe-Entre^ prise) 9 située sur le hameau du même nom. Suivant
174 CàxNTOM de BfiiXENCOMBlK.
les registres de 1* archevêché de Rouen , cette chapelle avait été fondée en l'honneur de VAnnoncia-- Hon de la sainte Vierge par Jean Toussains, docteur en théologie, fondation qui avait été approuvée le 16 février 1538. D'autres registres, des années 156(T et 1669 , nous apprennent que cette chapelle avait changé son nom primitif en celui de Noire-Daine de Pilté. En 1738, c'était au petit couvent des dames de la Visitation de la ville de Rouen qu'appartenait le droit de nommer les chapelains de Follemprise. La commune du Mesnil renferme 317 habitants.
Les Grandes -Ventes. Situé à 5 lieues (sud-est) de Dieppe, et 2 lieues 1/4 (nord ) de Bcllencombre, ce bourg se trouve à peu de distance de la forêt d'Eawy, sur la grande route de Pieppe à Beauvais. L'ancien nom de ce lieu était Notre-Dame des VevUes d'fatoy, nom qui, comme on le voit, lui avait été donné à cause des ventes ou coupes annuelles de la forêt voisine. « Plusieurs, dit Duplessis, ont appelé ce lieu en latin de Ventis Atpialtcis ou Aquosis. » Cette traduction, suivant cet auteur, est on ne peut plus ridicule; mais lui, de son côté, prétend que le mot faut ou Eawy doit être une altération de celui d'Eu. Dans l'origine , les forêts d'Eu et d'Eawy nont dû en faire qu'une seule. Quant au mot Ventes^ le savant Buet, éréqfÈt d'Avranchea, prétend , dana sus Ori-
CANTON D£ BELLENCOMB&E. 17\>
gineê de la vilU dé Cam ( chapitre 21 ), qu'il dérive de celai de Wend, lequel est purement (eutonique, et sert à désigner une grande étendue de terre. « Cela posé , ajoute Duplessis , les Venles d*Eaui ne signifient point des Vents aquatiques^ mais de grands ler^ rains de la forêt d'Euf et , pour traduire ce mot en latin, il eût fallu dire Latifundium sikœ Augi. » Sans faire tant d'érudition en pure perle, il eut été beaucoup plus simple et plus sur de laisser au mot Ventes sa signification ordinaire et naturelle , laquelle , comme tout le monde le sait » est de désigner les coupes de bois que Ton vend et fait abattre alternativement chaque année. Du reste, le mot Eawynous paraît fort ancien; nous pensons qu'il doit remonter soit à l'époque celtique , soit au temps où les barbares vinrent ravager cette partie des Gaules. Quoi qu'il en soit, il est certain que cette contrée n'a pas été inconnue aux fils de Romulus. Le nombre considérable de débris que l'on découvre journellement sur l'ancienne paroisse d*Équiqueville, à très-peu de distance des Grandes -Ventes; l'énorme quantité de tuiles romaines qui ont été recueillies sur cette dernière commune elle-même, au hameau du Chalelet^ près la forêt, en voilà, certes, plus qu'il n'en faut pour Délaisser aucune espèce de doute à ce sujet. ^~ Suivant le pbuillé d'Eudes Rigault , archevêque de Rouen , la cure des Grandes-Ventes fut érigée du
276 CA.NTON DE BELLENCOMBM.
temps de ce prélat, sous le nom de Beaubecquet. Ce nom était venu de ce que le terrain sur lequel on construisit l'église appartenait à l'abbaye de Beaubec. Ce fut le directeur de celte abbaye qui nomma le premier curé des Grandes-Ventes, en 1263. Deux cent vingt*quafre ans après, en 1487, cette abbaye céda aux chanoines de la cathédrale de Rouen, en «'^change des dîmes de Saint-Saire-en-Bray (atronrdissemenl de Neufcliàtel) , le patronage de l'église des Grandes- Ventes. C'est aussi de cette époque que date la construction de cette église. Peu d'années avant la révolution , c'était encore le chapitre métropolitain qui nommait les desservants de celte paroisse, en s'en réservant toutefois les grosses dîmes. — Outre cette église , il y avait encore autrefois une chapelle sur
Ç\:rrON de BELLEiXCOMBUE. 177
— Aujourd'hui, le bourg des Grandes -Ventes est rayonnant de jeunesse et de vie. Situé sur Tune des principales routes du département, il voit s'accroître chaque année le nombre de ses habitants. Les maisons sont neuves, bien bâties, bien alignées. Il se fait aux Grandes-Ventes un commerce considérable en bois et charbon. Il se tient en ce bourg un marché tous les dimanches, et des foires le 6 mars , le 1®' mai et le 8 décembre. La population des Grandes -Ventes est de 2,100 habitants .
Le Rosay, à 7 lieues (sud-sud-est^ de Dieppe, et 1/2 lieue (sud-est) de Bellencombre , se trouve sur
1 A 2 lieues ( siid-sud-ourst ) des Grandes -Ventes, sur la rivière deVareiine, et à une lieue (nord-ouest) de Bellencombre, on trouve la commune de Saint-Hellier, que nos anciennes archives appellent indistinctement Saint-Eier et Sai/tt-Delié. Le patronage, les dîmes et le fief seigneurial de cette paroisse appartenaient à Pabbaye de Saint -Victor-en-Caux. La population actuelle de Saint- Hellier c§l de 654 habitants. — On val, aujourd'hui supprimé, pos- . sëdait anciennement une église dédiée sous la triple invocation de saint Pavl , saint Puer et saint Patrice, En 164S, c'étaient les barons de Moy, châtelains de Bellencombre et seigneurs d'Orival, qui possédaient e patronage de cette église. En 1787, ce patronage était ])assé à François de Bigius, marquis de la Londe. La terre d'Orival avait été érigée en demi-fit'f de Haub( rt par lettrespatentes de Henri IV, données, au mois de janvier 4()03, en faveur de Claude Groulard, |)remier président du parlement de Normandie. — Cropus, à 4/2 lieue ( nord-ouest ) de Saint-Hellier, est . un lieu fort ancien. Son véritable nom est Croia;- Pif y: ce nom rappelle tes croix ou potences romaines qui, placées toujours sur une hauteur, servaient au supplice des criminels et effrayaient les ^.■^
passants. Le moi Puy ou Poix ^ que Ton a si gi'ossièremcnl al-
37B CAIfTON DE BfiLLElICOMBRE.
la rive droite de la Varenne • dans one charmante vallée, en face d'un vallon, qu'arrosent des eaux limpides et qu'environnent de toutes parts de hautes collines et des bois mystérieux. Ce lieu est appelé, dans les anciens titres , Saint-Etienne du Hosai-sur- Bellencombre. « En 1341, dit le bénédictin Duplessis^ il y avait procès , pour le patronage de cette cure , entre l'archevêque de Rouen et Mahaud de Saint- Paul, comtesse d'Artois (apparemment comme dame de Gaille-Fontaine ). . . » Ce fut l'archevêque qui gagna. La commune du Rosay renferme 415 habitants. — Les Innocents , à 1/2 lieue (sud-ouest) du Rosay. Ce lieu n'était encore, eu 1151-, qu'un trèssimple hameau, qui prit bientôt le nom d'une chapelle qu'un seigneur y avait fait bâtir; mais, en 1 256, ce hameau avait été érigé en paroisse; c'était le roi qui en nommait alors les curés. En 1495, ce patro-
tcrt? , se retrouve ilans EtaimpviSf \c Ptry-dc-Dôme, \c Pu y-enf^esfayt Httrepoix^ Mirepoix, etc.; il dc'signe toujours une hauteur, nu coteau, un mamelon, un tertre; on le traduit originairement en latin par Podium. En 1255, le seigneur de Cropiis et l'arclievéque de Rouen se disputaient le droit de nommer les curés île cette paroisse. Le seigneur l'emporta, et , en 4347, ce patronage était attaché an fief connu sous le nom de Cropus-Bosc-Gui iaume , lequel appartenait alors aux chanoines de Blaintiile. Suivant un aveu du 14 décembre 1459, ce fie f de Bosc-GuU'.aume s^étendait sur les paroisses d'Arqués , de Bosc-Guilli)umef de Cropus, de Derchigny, etc. La paroisse de Bosc-Guillaume nVxistait plus depuis longtemps; mais son fief subsistait toujours sur Cropus. Les chanoines de Blainville cédèrent ce fief, en d682 , à M. Colbert , marquis de SeigneLiy. La population de Cropus est de 313 habitantt.
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CANTON DR BELLEKGOMttRE. tT»
nage appartenait aox comtes de Longueville; après rextinction du dacbé de ce nom, le droit de nommer les curés de la paroisse des Innocents retourna au domaine delà Couronne; le roi l'exerçait encore en 1738. La jfiopulalion de cette commune est de 21 1 habitants. — La Crique, dont le nom signifie flaicteuTf avait, en 141 S» une église paroissiale dédiée à la Sainte-Trinité, La population de cette commune est de 207 habitants. — Beaumoni-le-Hareng doit son nom à sa position géographique, et son surnom à la noble et ancienne famille de Harenc ou Hareng, seigneurs de Glisolles près Évreux, etc., etc., laquelle possédait encore en 1393 la terre dont nous parlons. Cette paroisse est souvent appelée, sur les vieux registres de rarchevéché de Rouen» Bellusmons Alectis; il eût fallu au moins Halecis. La population de Beaumont-le-Hareng est de 321 habitants. — Louvetot, aujourd'hui supprimé , doit son nom à Tun de ses seigneurs, nommé Louvel ou Louvet : cette famille était très-ancienne et fort répandue en Normandie. L'église de celte paroisse était dédiée à 5am/e Madeleine. En 1202, le comte Guillaume de Varenne donna au prieuré de Bonne -Nouvelle près Rouen le patronage et les deux tiers de la dîme de Louvetot, et le fameux Gaultier de Coutances, archevêque de Rouen , confirma cette donation au mois de décembre de la même année. En 1521, le fief priorial^
28J CINTON DE BELLES CO. M BRT^.
(le Bonne-NouveUe donnait encare à ses propriélaires le droit de nommer les carés de Louvetot; mais, en 1740, ce droit était passé aux moines de Tabbaye du Bec.
CoTTÉTRARD, à 8 lieucs 1/4 (sud-est) de Dieppe, et 2 lieues ( sud ) de Bellencombre , est appelé en latin Costis Ebrardi ou ColUs Ecrardi. Celte dénomination et l'existence de plusieurs églises sur le territoire de Cottévrard sembleraient indiquer que c'était là, et non sur le Bourg-Dun, comme nous l'avons dit d*aprèsquelques auteurs, que s'élevait Tantique monastère bâti par Evrard sous la première race de nos rois. Celte circonstance serait d'autant plusprobable, qu'il passait à Cottévrard une voie romaine, et que la tradition du pays place une ancienne ville au hameau de Druel ou Druelles, aujourd'hui Dreules. II y a peu d années, on a recueilli sur CoKévrard un nombre considérable de médailles romaines, presque toutes en grand bronze et de petit module. Quelques-unes de ces médailles sont à Teffigie de Néron et de Commode; vingt-sept sont de Titus; mais le plus grandnombresont de Trajan-Dèce. Ces dernières portent l'inscription suivante : imp. romq. traianvs DECivs avg: et sur le revers: abvndantia wg. Entre Cottévrard et Bosc-le-Hard , au bord du bois de la Motte, et surl'ancien chemin de Neufchâtel à Yvetof»
CANTON B>: BFU.FNCOMBRE." Vit
en rencontre une énorme bulle ronde, fcrl élevée/ laquelle paratt correspondre avec plusieurs autres mottes semblables, situées à des distances plus ou moins éloignées. On prétend qu*il existe sous cette butte un souterrain voûté en pierres de taille. Le chemin d*Yvelot présente aussi beaucoup de carécs ou coupures, qui, suivant les récits populaires , ont dû être faites par César, pour dresier d^s embûches à ses ennemis. En voilà, certes, plus qu'il n'en faut pour prouver la haute antiquité de Cottévrard. En 1141, il existait encore, sur le vaste territoire qui portait alors ce nom, quatre églises ou chapelles» savoir: 1®, Saint -Nicolas , à Cottévrard même; 2», Saint-Marlin, à Dreules ou Druelle; S**, la Sainle- Trinité, au Bosc-Bérenger; et 4^, Saint-Georges, à Grosmesnil. Quoique toute cette étendue de terrain portât alors le nom de Cottévrard , c'était l'église de la ville de Dreules qui en était le centre, le chef-lieu, la véritable paroisse : les trois autres églises n'étaient que succursales. En 1147, le pape Eugène III confirma aux religieux de l'abbaye de Jumiéges la possession du patronage et des dîmes des quatre établissements religieux sis en la terre de Cottévrard. C'est probablement cette dénomination , originaire et corn-plexe , qui fit que plus tard , l'église de la ville de Dreules ayant probablement été ruinée par les guerres, on transféra à celle du hameau de Cotté-
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lit CANTON M BELLENCOMMB.
vrard le titre de la paroisse. De son cdté, la chapelle da Bosc-Bérenger est devenue paroissiale aussi, tandis que Grosmesnil , comme Dreules ou Druelle, a dégénéré en simple village. Suivant un aveu du 28 mars 1 526, c'était au Befseigneurial de Collévrard qu'était attaché, dans l'origine, le droit de nommer les desservants ou titulaires des quatre églises ou chapelles dont nous venons de parler; c'est donc parcequ'elle était propriétaire de ce Gef, que cette abbaye jouissait de ce quadruple patronage. Cette circons* tance prouve de nouveau que la terre de Cottévrard était bien réellement ecclisiaslique, et qu*elle devait provenird'undecesétablissementsreligieux.nommés àbba^jes, qui étaient si riches en domainessous les deux premières races de nosrois. Il est vrai que, suivant le même aveu, Saint-Georges de Grosmesnil, que nos anciennes archives appellent quelquefois 5at'n(-(irégoire, avait cessé, à cette époque, d'appartenir au monastère dont nous parlons. Pourtant, ce n'est que vers 1732 que la chapelle de ce hameau a dû être détruite. Quant à la chapelle de Dreules, elle était encore en litre en 1676, mais elle n'existait plus en 1740. — Aujourd'hui, la population de Cottévrard est de 381 habitants ^
I À J/2 lieue ( sud ) de Cotldvrard , entre cette commune et KIottevUle, on trouve Touffreville, appelé en latin Tvrvlfi Filla. Cette terre comprenait ancimoeroent deux paroisses» Etteville,
CANTON DE BELLENCOMMK. SftS
Bosc-le-Hard , à 8 lieaes ( sud ) de Dieppe , et 2 lieues 1/4 (sud-sud-ouest) de Bellencooibre, a été successivement appelé Bose^Rohardf Bosleard^ Bol-^ hard : mais son véritable nom est Bosc-Rohard ; (outes nos vieilfes chartes latines portent Bosctt^Ao/iardi. En 1113, ce bourg possédait une église paroissiale dé-* diée sous la double invocation àe saint Jean-Baptiste et de saint Jean VÉvangèKste. C'est indubitablement cette circonstance qui faisait dire d*un mari trompé par sa femme : cocu, comme Bosc-le-Hard ^ il esl deux fois Jean-Jean. — Suivant un aveu du 25 avril 1419, le patronage de l'église de Bosc-le-Hard appartenait alors au prieuré de Longueville. En 1597, il était attaché à la seigneurie de Bosc-le-Hard ; mais , en 1684, il était retourné au prieuré de Longueville. Outre cette église qui, du reste, n'offre rien d'inté^ ressaut, il y avait autrefois à Bosc-le-Hard : 1<>, une maladrerie ou hospice pour les lépreux; et 2^, une chapelle proprement dite. La léproserie se trouvait sur un hameau appelé le Mesnil-Uallol • et sur le
appelë à tort EdevilJe sur quelques vieux titres, ëtait sa succursale. Ettcville était alors un fîef , dans Penceintc duquel existait une chapelle d te de Sainte-Clolilde. C'étaient les seigneurs de ce fief, relevant de celui «le Touffreville , qui possédaient le patronage de cet oratoire, que bientôt ils firent érigtT ï'n église succursale, puis en église paroissiale. Etteville fait aujouru'hui i>artic du canton de CItVes. Qu nt à Touflreville, son église, dédiée à tnini Sulpice^ n'offre rien d'intéressant. La population de cette commuDe est dé %6 habitan'b4 ^
2S4 CANTON DE BELLliNCOMBRE,
bord An chemin de Claville-Motteville; son empla^ cernent est encore connu aujourd'hui sous le nom de la Maladrerie. Quant à la chapelle , elle était fort ancienne. Elle se trouvait sur le hame^ij ^A Réel ou Réihel, et était dédiée sous le vocable de saint François. Elle était encore en titre en 1684 et 1749: c'étaient les seigneurs de Bosc-le-Hard qui en nommaient les desservants. — Le terre de Bosc-le-Hard était un plein-fief de Haubert , que Henri IV, par lettres-patentes du mois de février 1607, érigea en baronnie, en faveur d'Osias Boniface, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, mestre de camp, etc. Henri IV y réunit en même temps les terres d'Hyquebeuf et de Colmare. C*était encore au marquis de Boniface qu'appartenait cette baronnie à Tépoque de la révolution. — On a réuni à Bosc-le-Hard l'ancienne paroisse d'Augeville , autrefois Osgeville , et antérieurement Satnl-Ebi d'Osjierctlle (de Osgerii Villa). Depuis la conquête de la Normandie par Philippe-Auguste, en 1204, jusqu'au commencement de la révolution, en 1789, le droit de nommer les curés d'Augeville appartint toujours au domaine de la Couronne. A Augeville, il y a environ seize ans, sur la propriété d'un nommé Pierre Roussel, on a trouvé , en labourant , plusieurs antiquités romaines, et notamment un vase de terre contenant un grand nombre ^de médailles de différents mo-
CANTON DE blXLENCO.MBRE. :«5
dules. — Celle découverte nous fait souvenir qu'il a été trouvé aussi, et sur plusieurs points, dans Tenceinte du bourg de Bosc-le-Hard« une quantité assez considéraMe de tuiles romaines , confondues pêlemêle avec^s scories de fer. La réunion de ces objets en masses considérables prouvent qu*à Bosc-Ie-Hard, dont la première moitié du nom indique une forêt, le minerai a été exploité du temps des Romains, comme on sait qu'il le fut depuis à Bellencombre , à Saint-Saëns et en plusieurs localités du voisinage. C'est incontestablement à ces forges antiques que Bosc-Ie-Hard , ainsi que Forges-les-£aux , est redevable de son origine. En eflel , près de Téglise de ce bourg , le sol est encombré d'énormes blocs de chiasse de fer; les rues en sont encaissées à une profondeur de plusieurs pieds. Tout au bord du chemin de Saint-Saëns , à l'est et à quelques pas seulement de l'église de Bosc-le-Hard , on rencontre une trèsforte motte ronde , destinée , selon toute vraisemblance , à correspondre avec celle de Claville-Motteville du côté du midi, et, du côté de l'orient, avec les mottes de Cottévrard , de la Prée ou de Saint- Martin le Blanc , et enGn celle de MonteroUier. Cette ^ butte de Bosc-le-Hard , entourée autrefois d'un assez vaste fossé , lequel est aujourd'hui comblé en partie , est formée moitié de terres rapportées et moitié de ^ scories de fer. A peu de distance de cette motte , en
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trouve , dans la campagne , plusieurs fondements de murailles antiques qui , du reste , paraissent peu importants. — On remarque aussi sur Bosc-le-Hard la belle propriété de madame veuve A prix «Jiaguère le domaine de madame Le Poultier : c'étm avant ia révolution le château seigneurial de Bosc-le-Hard. — H se tient en ce bourg un marché le mercredi de chaque semaine, et des foiresle 21 juin et le 4 novembre. Le principal commerce de ce marché et de ces foires consiste en merceries, grains et bestiaux. — La population de Bosc-le-Hard, en y comprenant la réupioQ d'Auge ville, est de 817 habitants.
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