CONVOCATION DES ÉTATS
ayant à leur tête Condé, entrèrent en relations avec l'Espagne, nouèrent des intrigues dans l'Ouest, levèrent le drapeau de la révolte et forcèrent la reine à sortir de l'immobilité qui convenait à la mollesse de ses indignes favoris. Au moment où elle se mit avec son tils à la tête de l'armée royale, Poitiers venait de fermer ses portes au i)rince de Condé. Cet insuccès découragea les rebelles. 11 suffît que le jeune roi se montrât pour amener la soumission de toutes les places : sa tournée en Bretagne ne fut fju'un long triomphe pour l'autorité royale.
Pendant ce voyage, le temps s'était écoulé. Il avait fallu retarder la convocation des États Généraux. Ce résultat était à lui seul un succès pour la reine. Elle avait ainsi atteint la majorité du roi et évité les complications d'une session d'Etats toujours moins dociles pendant une minorité. Ce retard profitait tellement à la régente que le prince de Condé, inquiet de son propre échec et préoccupé de l'attitude des députés, fit offrir à la reine mère, si elle préférait ne pas tenir l'assemblée, de ne plus en réclamer la convocation. Mais le piège était trop grossier, on n'en continua que plus résolument les divers préparatifs.
Ainsi une manœuvre des princes pris au mot par la régente qui voulait les jouer, telle fut en IGH la cause immédiate de la convocation des États.
Les lettres patentes avaient été expédiées le 9 juin 1G14; le rentlez-vous, fixé à Sens au 10 septembre, fut ajourné d'un mois. A Paris, on fit savoir le 27 juin, « de par le prévôt des marchands et les échevins, aux bourgeois et marchands, manants et habitants de la ville et des fauxbourgs, qu'ils ayent à apporter ou envoyer en toute liberté en l'hôtel de ville leurs plaintes et remontrances, soit es mains des personnes à ce commises, soit dans un coffre ouvert en forme