‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 108 sur 208 · LES DÉPUTÉS SONT CONGÉDIÉS · texte numérisé non relu

LES DÉPUTÉS SONT CONGÉDIÉS

de l'État, sans éprouver une ardeur d'émulation qui devait tôt ou tard le jeter dans la mêlée. L'ébranlement de la Paulette et la suppression annoncée de la vénalité des charges devaient déterminer les ma- ^strats à reprendre un rôle politique. La dissolution des États leur parut le moment propice pour rentrer en scène. Au milieu de leur inaction, les députés assistèrent au réveil du parlement de Paris. Leur sympathie accueillit cette initiative. La condamnation du sieur de Bonneval venait de renouer des liens que devait resserrer la promesse du Parlement de poursuivre l'exécution des cahiers *.

L'attitude de la cour et du chancelier n'était pas de nature à calmer les députés. On n'entendait plus parler des réponses aux cahiers. Le chancelier contestfidt aux députés jusqu'à leur qualité de mandataires du pays, prétendant que leur titre s'évanouissait au moment où les cahiers étaient présentés. Cependant le conseil du roi trouvait qu'il fallait en finir avec la présence gênante des députés, qui formaient un noyau de mécontents. Le 24 mars, le président du tiers et les présidents des provinces furent mandés au Louvre, où le chancelier leur dit devant le roi qu'on ne pou- Fait répondre en quelques jours au grand nombre ..d'articles contenus dans les cahiers, mais qu'il était .^argé de leur apprendre que la suppression de la véualité, l'établissement d'une chambre de justice et l'abolition des pensions étaient résolus '.

i. Le M mars, le Parlement condamna par contumace le sieur de Bonneval à avoir la tète tranchée en place de Grève, et & 2000 liv. de dommages-intérêts envers Chavailles. Le 16 mars l'arrêt fut exécuté en effigie au bout du pont Saint-Michel. Le tiers état se montra satisfait, mais il l'eût été bien davantage, dit Rapine, n si la cour eût jugé ce crime de lèse-majesté, comme, à la vérité, il est ».

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