Mézeray, t. III, p. 1184, in-fol. Paris
3. Lettre de Henri IV au parlement de Paris, 7 août 1596, P^up avancer les vacances afin de permettre aux magistrats et ^^^ plaideurs de s'éloigner de Paris.
^' Le président de Thou atteste Texistence de cet usage, dont ^0U8 n'avons point retrouvé ailleurs la trace.
s*établit à Rouen dès le 14 octobre : il y reçut succès sivement tous les députés, les entretenant des affairei particulières ou des intérêts généraux dont ils étaien chargés *. Malgré l'attention qu'il apportait à ce conférences, il se donna quelques jours de loisir pou aller revoir les champs de bataille, théâtre de ses pre miers succès : il voulut visiter Arques, traversa Diepp et Yvetot en racontant à ceux qui l'entouraient le « grandes merveilles qui s'y estoient faictes », puis : rentra à Rouen, où tous les députés se trouvaifer réunis.
Ils étaient au nombre de quatre-vingts ', savoir neuf du clergé, dix-neuf de la noblesse, ciûquant( deux du tiers état ^. La majorité appartenait aux offi ciers de justice, délégués des parlements et des autre cours souveraines. Le 4 novembre devait se réuni pour la première fois l'assemblée : la séance eut lie dans la maison abbatiale de Saint-Ouen ; le roi parut entouré des princes et fit une harangue qui es demeurée tellement populaire que nous ne voulon pas manquer une nouvelle occasion d'en publier 1 texte exact :
« Si je voulois, dit le roi, acquérir le titre d'orateui j'aurois appris quelque belle et longue harangue, e la vous prononcerois avec assés de gravité; mais
1 . Par ordre de Henri IV, Ghiverny était arrivé à Rouen quin2 jours avant le roi, afin de préparer les travaux de rAssembIé( et de conférer avec le premier président Groulart. (Floque Histoire du Parlement de Normandie^ t. IV, p. 60.)
2. La liste des députés se trouve dans le Cérémonial françoi Voir également États Généraux, t. XVI, p. 1. Enfin M. Poirso en a donné un texto exact : Documents nouveaux relatifs à Vhit toire de France. Paris, Didier, décembre 1868. 97 notable avaient été convoqués, 80 comparurent.
3. Ce nom n'est pas donné au troisième ordre, qui compre nait 60 notables : 23 membres des cours souveraines; 18 tréso
r/crs de France; il maires et éche\\i\a avaient été convoqués
DISCOURS DK HBNRI IV 115
messieurs, mon désir me poulse à deux plus glorieux liltres, qui sont de m'appeller libérateur et restaurateur de cest Estât. Pour à quoy parvenir, je vous fiy assemblez. Vous sçavés à vos despens,* comme moy aux miens, que lorsque Dieu m'a appelé à ceste couronne, j'ay treuvé la France non seulement (juasy ruinée, mais presque toute perdue pour les François. Par la grâce divine, par les prières et bons conseils de mes serviteurs qui ne font profession des armes, par Tespée de ma brave et généreuse noblesse (de laquelle je ne distingue point les princes, pour estre nostre plus beau tiltre, foy de gentilhomme!), par mes peines et labeurs, je l'ay sauvée de la perte : sauvons-la astheure de la ruine. Participés, mes chers subjects, à cette seconde gloire avecques moy, comme vous avés faict à la première. Je ne vous ay point appeliez comme faisoient mes prédécesseurs pour vous faire approuver leurs volontez ; je vous ay assemblez pour recevoir vos conseils, pour les crere, pour les suivre, bref, pour me mettre en tutelle entre vos ^9.ins : envie qui ne prend guère aux roys, aux barbes grises et aux victorieux. Mais la violente amour 5^6 je porte à mes subjects et l'extrême envie que J ^y d'adjouster ces deux beaux tiltres à celuy de roy ^^ font treuver tout aysé et honorable. Mon chanceler vous fera entendre plus amplement ma volonté * . » Après ce discours prononcé avec une sincérité que *^s princes ne « connaissent point » ^, le chancelier ^^ilippe de Ghiverny exposa fort longuement la situa- ^^^n du royaume : il insista surtout sur les besoins ^U trésor, engagea les notables à étudier et k exposer ^^s mesures qu'ils jugeraient propres à réformer l'État
1. Lettres missives (à la date du 4 novembre 1596). Manuscrit ^^ Henri IV; appartenant à la Bibliothèque; ^; Sully. yoiFÉtats Généraux, U XVI; p: 1\\
et termina en leur recommandant d'adopter les imp< les moins lourds et ceux qui permettraient de le^ les deniers sans opprimer le peuple *.
Le roi s'étant retiré avec les membres de son c( seil qui étaient entrés avec lui, il recommanda Sully a de fournir à ceux de l'assemblée tous les j piers, mémoires, estats et instructions qu'ils poi roient désirer, afin qu'ils ne pussent pas former < excuses de bien faire sur tels manquements * ».
Au lieu de se diviser en trois ordres, comme États Généraux dont ils étaient les représentants, . notables, sous l'impulsion des officiers de justice ( dominaient l'assemblée, firent prévaloir la répartiti de tous les députés en trois chambres, dont la pré dence fut dévolue au duc de Montpensier *, et à de maréchaux, le duc de Retz * et le comte de Ma gnon ^.
Les travaux de l'assemblée commencèrent le 3 n vembre. La question financière était l'objet de la co vocation : les notables y consacrèrent dès le déb tous leurs soins. Nous examinerons plus loin, da un chapitre spécial, la nature et la portée de le œuvre : nous devons dire dès à présent que le défi( du budget les obligea à voter un nouvel impôt : i choisirent sous le nom de pancarte une taxe indirec