‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 88 sur 208 · ÉVOCATION DE L'ARTICLE · texte numérisé non relu

ÉVOCATION DE L'ARTICLE

réunissaient, ils apprirent que le roi venait d'évoquer rarticle qui avait été voté le 15 décembre.

L'arrêt du conseil était du 6 janvier. L'évocation n'était point faite dans les formes ordinaires : c'était à sa propre personne que le roi évoquait l'article et l'arrêt, et il était fait défense aux Ëtats aussi bien qu'au Parlement de s'occuper davantage de cette question. Loin de soulever, comme on devait s'y attendre, un mécontentement général, ces mesures furent prises en bonne part au premier moment par le tiers état. Tandis qu'un certain nombre de membres les blâmaient en jugeant « qu'elles blessoient la liberté des états », « la plus grande partie se montroit satisfaite », parce que « la compagnie étoit déchargée du vacarme que ledit article eût infailliblement excité » (R.), et qu'en somme la déclaration du tiers n'était pas supprimée *. Quelques heures plus tard, le président du tiers et douze députés étaient mandés au Louvre. Le roi les « remercia de la bonne volonté que le tiers état avoit témoignée à la conservation de sa personne, puis il les pria de travailler continuellement à leurs cahiers, qu'il désiroit voir achever pour le 25 janvier ». Le président répondit au roi que « les fréquentes communications que les chambres avoient entre elles» retardaient le travail et empêchaient qu'on n'en vît la fin. A cela le roi répliqua que la rédaction des doléances devait désormais se poursuivre sans interruption^. A la suite de cette visite, les députés résolurent de se

1. La discussion qui avait eu lieu dans le conseil du roi donne une apparence à cette équivoque. Condé, bien qu'il eût pris la défense de Tarrêt et de l'article, concluait à l'évocation du différend survenu entre les ordres. » Lorsque V. M., ajoutait-il, répondra les cahiers, nous verrons lors par votre prudence nos anciennes maximes confirmées. » (Original autographe [Archives de Condé], cité par M. le duc d'Aumale, t. III, p. 38.)

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