FRONDE : FÉVRIER
persistants. Le 27 février, les gentilshommes de l'Ile-de- France, de l'Orléanais et du Blaisois s'assemblèrent à Magny pour signer un acte d'union. La paix et les États Généraux, tel était le but de la nouvelle ligue. Des assemblées successives furent tenues en avril et en mai. Plusieurs prélats promettaient leur concours. Des lettres de cachet intervinrent et défendirent au duc de Liancourt de tenir en juin à la Roche-Guyon une assemblée des députés de bailliages. Néanmoins, une députation allait se rendre auprès du roi, quand elle reçut avis que les États Généraux seraient convoqués au l®"" novembre 1652. La noblesse réunie à Dreux envoya des circulaires de toutes parts afin d'annoncer la nouvelle, mais il est évident qu'elle crut seule à la convocation K
En octobre, le roi rentra à Paris et exila le duc d'Orléans. Celui-ci réunit à Limours ses conseillers ^ et pensa profiter de réchauffement de la noblesse pour provoquer de nouvelles réunions en vue de tenir les Etats. Ghâteauneuf était l'àme de cette intrigue, qui fut la dernière et- ne tarda pas à avorter.
En voyant l'entraînement des gentilshommes, le peuple prit en suspicion, comme le parlement et la cour, les assemblées d'États, qui demeurèrent longtemps liées dans sa mémoire aux souvenirs détestés de la Fronde.
1. Voir le récit détaillé de cet épisode peu connu, avec rindication des pièces originales, dans la Bibliographie des Mazarinades, t. II, p. 87 à 91.
2. M. Chéruel, qui connaît la Fronde mieux que personne, a bien voulu me communiquer une dépêche de Michel Le Tellier à Mazarin en date du 30 octobre 1652 qui ne laisse aucun doute sur ce point.