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2. « Afin que noU'e fils puisse faire exercer et accomplir les choses susdites profîtat)iement, seurenient et francliemeat. il est accordé que les farauds seigneurs, barons et nobles, et les Estais du royaume, tant spirituels que temporels, et aussi les cités et notables communes, les citoyens et bourgeois des villes, à Nous obéissant, feront serment dobeir et d'écouter humblement en toutes choses les mandements et commande-
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Six mois ]iliis l;ii(l 1 1'"" décembre), le roi lleni-i V et le (hic (le Bourgogne, I rainant à leur suite l'infortunii {)rince dont la folie avait attin'' tous ces malheurs, entraient dans Paris, aux acclamations enthousiastes du peuple, démoralisé par la souflVance et ]irtH à accueillcr avec des cris d'espérance tout ce ({ui anunncerait une ère nouvelle.
C'est en présence de cette (]ouloufeus(! situation ([ue les États généraux, si l'on peut leur donner ce nom, s'assemblaient dans Ibritel Saint-Paul pour (>ntendre la lecture du traité.
Le chancelier, Jean le Clerc ' (partisan passionné de la l'action de Bourgogne), après avoir lu les clauses (pii devaient être sanctionnées pai' les États, réclama des subsides pour la continuation de la guerre conire le dauphin et le parti d'Armagnac; c'était en effet cette faction qui était désormais le seul ennemi (pi'eussent à combattre les Anglais victorieux. Elle était devenue tout d'un coup le refuge et le seul espoir de la France ! Une chronique anglaise affirme qu'on força le malheureux Charles YI à prendre la parole, pour assurer les trois états de la part personnelle qu'il avait prise à ce traité et de sa ferme et libre volonté de Texécuter iidèlement. Le roi dit, de sa propre bouche, « ([ue ce traité était l'œuvi'e de sa
ments concernant l'exercice du gouvernement du royaume, qu'ils recevront de notredit fils; di^ garder bien et loyalement, et de faire garder par tous autres, en tout et partout, et autant que cela les pourra toucher, les choses qui sont ou seront appointées et accordées entre nous, notre compaigne la roine et noire fils le roi Henri. » Art. 11. (Barante, Ilist. d;s ducs de Bourg., t. IV, p. 297.)
1. Jean le Clerc avait négocié l'année précédente le funcsie mariage du roi d'Angleterre et de Catherine de France. Il venait d'être pourvu de la charge de chancelier le 16 novembre 1420. Par un juste châtiment de sa conduite, il mourut à Novers oublié et méprisé en 1438.
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libre iniliutivo, (iii'il l"avail jure .sur les saints Ëvangiles, convaincu ([u'il était agréable à Dieu, utile au bien public et profitable à ses sujets ' ». Il requit enfin les députés de s'associer à son serment pour faciliter l'exécution loyale de la paix.
Ajournés à quatre jours pour en délibérer, les députés se réunirent le 10 décembre; ils répondirent en applaudissant à la paix, en louant les termes du traité et en adressant aux deux rois l'hommage de leur reconnaissance et de leur fidélité, puis ils ajoutèrent « ([uils éloient disposés à faire tout ce qu'il plairoit au roi et à son conseil d'ordonner ». (Juvénal des Ursins.) En effet, leur conscience était prête à tout subir : le traité de Troyes, le plus douloureux de notre histoire, fut juré sur les Évangiles; les grands seigneurs remirent à Henri V leurs soumissions et leurs serments scellés de leurs sceaux ^ ; puis un édit, qu'on fit rendre par Charles YI, déclara le traité loi de l'État, ordonna que les formules d'hommages fussent accompagnées d'un nouveau serment à la paix de Troyes, et que tout Français qui en violerait les dispositions fût réputé traître et coupable de lèse-majesté ^. Ainsi Charles Yl proclamait la déchéance de sa race, et voulait lui donner pour garantie l'humiliation de la France.
Après les affaires publiques, vint la question des subsides. Xaturellement les États généraux, qui venaient de livrer la France, ne devaient pas montrer pour les misères du peuple un plus patriotique scrupule. La monnaie avait été avilie pendant les dernières années; on fit croire aux députés que le roi
1. Rijmer's Fœdera. Approljalio magna? et flnalis pacis, Trecis conclusre per très slatiis Franci». (T. IV, p. 192.)