COLONIES DE VERMONT ET DE RHODE-ISLAND
province dépendante de Tautorité du roi d'Angleterre. Son gouverneur, nommé par le roi, menait une existence luxueuse et élégante à Portsmouth, ville dont la population s'était accrue lentement, car, trente ans après sa fondation, elle ne renfermait encore que cinquante à soixante familles.
Néanmoins k l'époque de la révolution, le New- Hampshire était une colonie très-forte et indépendante.
COLONIE DE VEBMONT.
Le Vermont fut visité en 1609 par Samuel de Champlain, qui, ainsi que nous l'avons dit dans un chapitre précédent, a laissé son nom au lac qui le porte encore aujourd'hui.
C'est seulement un siècle plus tard que quelques Eu* ropéens s'y établirent, et jusqu'à la révolution, cette colonie ne fut considérée que comme une dépendance de la colonie de New-Hampshire, à cause de la suprématie que le gouverneur de cette dernière colonie avait conservée sur elle. Pourtant, le gouverneur de la colonie établie à New-York aflirmait de son côté qu'il avait des droits sur les établissements créés a Vermont. Quelques habitants contestèrent son autorité et, prenant l'initiative de la résistance à ses décrets, ils cherchèrent même à s'affranchir et à devenir indépendants des autres colonies.
La colonie de Rhode-ïsland fut fondée, ainsi que
nous l'avons rapporté plus haut, en 1636, par Roger William, jeune ministre protestant, venu en Amérique pour y propager ses idées sur Tentière liberté religieuse dont chacun, selon lui, devait jouir. Il fut bientôt rejoint par la foule des persécutés, entre autres, par une femme nommée Anne Hutchinson, qui prétendait être inspirée par le Ciel, et favorisée de révélations mystérieuses. Elle avait fait partie aussi de la colonie de la baie de Massachusetts, mais en avait été chassée pour avoir exprimé, devant une grande assemblée de femmes, les idées singulières qui guidaient sa conduite.
Roger William divisa entre ses compagnons les terres que lui avait données le sachem Canonicus, et ne garda pour lui qu'un petit jardin planté de ses propres mains. Il voulait, disait-il, que la nouvelle colonie qu'il fondait fût un refuge, un abri pour tous ceux dont les consciences étaient opprimées.
Au bout de quelque temps, la colonie de Rhode- Island se trouva très-peuplée, recevant dans son sein des gens de toutes les opinions religieuses. Mais cela ne se fît pas sans exciter la jalousie des colonies voisines; elles défendirent aux marchands de Rhode- Island et de Providence de pénétrer sur leurs territoires, menaçant de les arrêter s'ils s'y aventuraient, et chez elles il était passé en coutume de dire que, si quelqu'un avait perdu sa religion , il était sûr de la retrouver dans quelque village de Rhode-Island.
L'une des innovations religieuses les plus impor-
las COLONIE DE RHODE-ISLAND.
tantes qu'ait introduites Roger William aux Etats- Unis, c'est rorganisation, dans oe pays, de l'Église baptiste.
Lorsqu'il habitait l'Angleterre, William avait fait partie de la secte religieuse des anabaptistes qui contestent l'efficacité du baptême de l'enfant. Lui-même avait été baptisé dans son plus jeune âge, mais, voulant mettre sa conduite d'accord avec les principes qu'il affichait, il désira recevoir un second baptême. Il le reçut des mains d'un de ses compagnons, puis aussitôt le donna à son tour à dix autres habitants de la colonie.
Désireux d'entrer dans l'union de la Nouvelle-Angleterre, les colons de Bhode-Island en firent la demande ; mais elle fut repoussée, sous prétexte qu'ils n'avaient pas de charte. Roger William partit alors pour l'Au' gleterre, obtint une charte qui réunissait les deux plantations de Rhode-Island et de Providence, et dès son retour, convoqua les magistrats de la colonie. Des lois furent établies, ayant pour base la plus entière liberté religieuse, et Roger William fit annoncer que les papistes, protestants, juifs et mahométans seraient protégés dans l'accomplissement de leur culte.
Les habitants de cette colonie avaient une telle crainte d'installer chez eux quelque chose qui pût ressembler à la tyrannie que, Roger William ayant refusé de se laisser nommer gouverneur, la colonie s'en passa pendant quarante ans. Pourtant cette exagé-
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ration des principes de liberté se calma avec le temps, et Bhode^sland prit, sans s*en apercevoir, les habitudes et les mœurs des autres colonies.