CHAPITRE XV
Remarques sur la situation particuliôre des colonies. Différences de moiurt qui 1m tenaient divi»AM. Opinion espriméf par John Adams sur les causés de la révolution américaine.
Aucune loi politique ne reliait l'une h Vautre lea QolouieB dout nous venons de retracer Thistoire prinû-* tive. A peine quelques provinces de la Nouvelle-Angleterre avaient'elles pu former une confédération contre les Indiens. Lorsque Penn mit en avant un projet d'alliance générale entre toutes les colonies pour faciliter le commerce et la résistance aux invasions, TAngleterre opposa son veto ; elle sentait que rAmériquoi si elle était unie, n'aurait plus besoin d'elle. £lle maintenait la division pour mieux assurer sa suprématie. Le moment n'était pas venu d'ailleurs de former unf) seule nation de toutes les colonies, et cette union faillit échouer au moment même de la guerre d'indépendance, Qu'eût-oe été h l'époque où s'est arrêté notre récit? De profondes différences, en effet, éloignaient les unes des autres les diverses colo^ nies : religion, constitution, mœurs, état social même» rien ne se ressemblait si du nord l'on passait au sud« Dans les colonies du nord, dans ce qu'on appelait la « Nouvelle -Angleterre, i» se conservait le culte sévère
SITUATION FARTIOULIÈRK P«S COLONIES. m
du puritp.pi$me républicain. Boston est encore une ville de puritains. Dans les colonies du sud, la religion anglicaue dominait, mais sans évâques. Au nord il y avait plus de petite propriétaires travaillant de leurs propres mains; au sud, plus de riches planteurs entourés de leurs noirs ou d'autres serviteurs, Voilà eutre deux groupes de colonies des différences fondamentales que deux siècles ne suffiront pas à faire dispar^tre ; mais il ne faudrait pas croire que deux colonies prises dans un même groupe, deux colonies du nord, par exemple, se ressemblassent de tous points. De nos jours, toute divergence n'a pas disparu. New^Hampshire écarte les catholiques des emplois, tandis qu'un Btat voisin, New-York, a, depuis longtemps, aboli cette clause d'incapacité politique.
Ces remarques ne doivent pas cependant nous fermer les yeux sur l'unité d'origine et d'esprit, qui devaitf un jour, réunir en un seul faisceau et pour défendre une même cause, toutes les forces de l'Amérique. Pouvons-nous mieux faire ici que de citer les paroles d'un des plus grands hommes de la république américaine, de John Adamsî L'abbé 'de Mably avait manifesté devant lui l'intention de faire l'histoire de la révolution des treige colonies. Adams lui écrit pour lui donner ce qu'il appelle la clef de cette histoire :
c II y a une analogie générale dans les gouverne- € ments et les caractères de tous les treize igtats;
< mais ce ne fut que lorsque les débats et la guerre
< commencèrent dans le Massachusetts, principale