‹ Histoire des États-Unis (volume 4)Chapitre 23 sur 89 · PilKiii, t. Il; y · texte numérisé non relu

PilKiii, t. Il; y

nation espagnole. » Dès lors on n'a jamais douté que la liberté du Mississipi ne fût nécessaire à l'Union ; aussi quand j'ai vu dans la guerre actuelle le Sud dire : <( Nous garderpns l'embouchure, » il m'a été facile de prévoir que l'Amérique ferait la guerre jusqu'à la dernière extrémité pour reprendre la possession de son fleuve. Ou il faut que les États de TOaest se réunissent au Sud, en laissant le Nord en dehors, ou il faut que le Mississipi appartienne à la confédératioi! de l'Ouest et du Nord et que les États-Unis restent ce qu'ils sont, ce que la nature les a faits. La possession du Mississipi est pour les États-Unis ce qu'est pour nous la possession de la Seine , et plus encore. Supposez qu'à l'embouchure de la Seine il y ait un établissement anglais, et demandez-vous quelle serait la situation de la France.

Voilà où l'absence d'un pouvoir bien constitué avait réduit le congrès. C'était l'impuissance dans toutes les relations avec l'étranger.

A l'intérieur, où la faiblesse n'était pas moins grande, on se trouva bientôt dans une situation plus délicate et plus difficile encore ; on se trouva en présence d'une émeute, presque d'une révolution, et sans moyen de se défendre. Ce fut le dernier coup, et certainement ce fut là ce qui ouvrit les yeux aux Américains. Il faut donc en parler avec quelque détail, d'autant plus que ces questions ne sont pas des questions seulement américaines, elles nous touchent de près. Il est bon d'apprendre que tel et tel attribut du gouvernement ne lui a été donné qu'après de longues expériences, et

qu'on ne peut le lui enlever sans détruire la sécurité sociale.

Tandis que le congrès s'affaiblissait à l'intérieur auss bien qu'au dehors, les États étaient tout ce qu'il y avait de plus vivant. Les États s'organisaient, refaisaient leurs constitutions, et, il faut le dire, ces constitutions sont en général excellentes. C'étaient toutes les libertés anglaises qui s'établissaient avec plus d'aisance, de facilité qu'en Angleterre, puisqu'on n'avait là ni église établie, ni noblesse qui put gêner le mouvement de la démocratie. Toutes ces constitutions se ressemblent : deux chambres, un pouvoir judiciaire indépendant, des lois électorales très-larges. La démocratie se meut hbrement dans un cadre très-vaste.

Mais il ne suffît pas de faire une bonne constitution : il faut encore, quand une constitution est faite, qu'elle soit acceptée par le pays, et que chaque citoyen s'en fasse le défenseur. Le gouvernement libre, c'est à la fois le gouvernement le plus fort et le plus faible du monde, suivant l'état des mœurs et des esprits. Quand les constitutions Hbres sont acceptées par tous, chaque citoyen est le défenseur de l'ordre public ; il se porte là où il y a du danger, et par cela même il n'y a pas de danger. Il n'y a pas de troubles, car les troubles ne peuvent être le résultat que d'appels aux mauvaises passions; et, quand tout le monde aime la liberté, on ne peut faire appel à ces mauvaises passions. Mais si les mœurs ne soutiennent pas les institutions, si elles ne sont pas patriotiques, alors il se passe ce que nous avons vu dans nos révolutions. Une minorité tur-

bulente déclare qu'elle est le peuple, et on tomT)e sous le joug de cette minorité ; il faut la repousser d'une façon violente, et les répressions détruisent la liberté. C'est là une vérité qui est écrite en caractères sanglants dans l'histoire, les Américains n'en ont jamais douté.

En 1786, les mœurs et l'es sentiments étaient patriotiques en toute l'Amérique, et dans la Nouvelle-Angleterre peut-être plus qu'ailleurs; mais il. y avait ce qui reste souvent à la suite des révolutions et des guerres, une espèce de lie qui ne pouvait se déposer. On ne fait pas une révolution sans remuer beaucoup d'idées, et dans le Massachusetts surtout,'on avait remué beaucoup d'idées de Hberté et beaucoup d'idées de révolution : ce qui n'est pas tout à fait la même chose. 11 y avait là une foule d'esprits ardents, exaltés, il suffisait d'une occasion pour que cette exaltation pût mal tourner. Quand je dis une occasion, j'entends une occasion considérable ; car, grâce à l'éducation politique des Américains, on peut dire que la grande masse de la nation avait les habitudes de la liberté. Mais quand la paix fut conclue, on se trouva dans une position critique. Il y avait des dettes énormes. Le Massachusetts, un très-petit pays, qui n'avait à cette époque que trois cent soixantequinze mille habitants, se trouva grevé d'une dette qui, y compris ce qu'on avait emprunté, ce qu*on devait aux soldats, et la part de l'État dans la dette fédérale, n'allait pas loin de soixante-quinze miUions. C'était une lourde charge, à répartir sur une population de trois cent soixante-quinze mille âmes. Pour y pour-

voir on avait peu de ressources. Le grand commerce du Massachusetts, la pêche, se trouvait à peu près détruit; le sol n'est pas riche, il y avait donc de grandes souffrances.

D'un autre côté il y avait de très-lourdes dettes particuhères. Au début de la révolution, dans le premier enthousiasme, chacun s'était armé; on avait emprunté pour que les femmes et les enfants pussent vivre pendant que les hommes étaient au camp, et on était arrivé ainsi à une situation tellement précaire qu'il avait fallu fermer les tribunaux et empêcher les créanciers de poursuivre leurs débiteurs. La paix rétablie, les créanciers^ fort misérables eux-mêmes, redemandèrent leur argent: les tribunaux se rouvrirent; mais, comme autrefois à Rome, le nombre des débiteurs était plus considérable que celui des créanciers, et la majorité sentait sa force *. Des conventions qui, suivant l'usage, s'intitulaient le peuple, protestèrent contre la dureté des lois, faites, disait-on, pour et par les riches. On en vint à demander si la loi agraire ne serait pas juste; car enfin, disait-on, si nos créanciers ont des richesses, à qui le doivent-ils? à nous, à notre courage; si nous ne nous étions pas battus, l'Angleterre aurait tout confisqué. Ces terres, cet argent qui sans nous auraient été perdus sont donc à nous autant qu'à leurs propriétaires. Il faut se débarrasser de ces tribunaux qui condamnent les pauvres gens , de ces hommes d'affaires et de ces avocats qui sont des sangsues publiques.

Pilkin, t. II, p. 214.

Vous reconnaissez cette idée absurde, qui renaît si souvent dans les temps d'épidémie : on pend les médecins sous prétexte qu'ils sont cause de la maladie.

Vous voyez où l'on en était arrivé. Pas d'argent, et partout la misère. Dans un moment de désespoir, on avait autorisé le payement en nature qui est le plus funeste de tous les payements , car il ruine le débiteur en lui ôtant sa dernière resource et donne au créancier une chose sans valeur. Le mécontentement grandissait avec la souffrance ; on menaçait les cours de justice, on demandait l'abolition des dettes et un papier-monnaie. Dès l'automne 1786, il fut visible qu'on approchait d'un soulèvement.

Ce fut alors que Henri Lee écrivit à Washington , qui était toujours la ressource universelle. Nous avons sa réponse, qui est fort belle. On lui demandait d'user de son influence, il répondit : (c L'influence? à quoi bon? L'influence n'est pas le gouvernement. Commencez par avoir un gouvernement qui assure la liberté, la propriété des citoyens, sans cela attendez-vous à ce qu'il y a de pire au monde. Et quant aux débiteurs, la conduite à tenir avec eux est très-simple : informezvous de rétat des choses, donnez-leur satisfaction s'ils ont raison, mais non s'ils ont tort, et enfin, s'ils attentent à la liberté des citoyens, vous êtes un gouvernement, agissez. »

Ce conseil fut entendu : le Massachusetts dut son salut à l'énergie de son gouverneur. Ce premier magistrat se nommait James Bowdoin et descendait d'une famille de réfugiés français. Bowdoin vit que la crise approchait;

il demanda aux deux assemblées législatives de le soutenir. Le sénat se déclara prêt à seconder le gouverneur; la chambre des représentants hésita. En ce moment l'émeute éclata; elle avait pour chef un certain Daniel Shays, qui avait été capitaine dans l'armée continentale. Quand on apprit dans le Massachusetts qu'une émeute armée menaçait la propriété, il y eut une inquiétude universelle. On convoqua les mihces. L'émeute avorta. Commencée au mois de décembre 1786, elle était dispersée sans grande effusion de sang en février 1787. On offrit l'amnistie à ceux qui déposeraient les armes.

En somme, l'émeute n'avait pas fait grand mal; mais c'était une leçon pour l'Amérique. On n'imaginait pas que dans un pays où tout le monde était élevé dans les principes de la Kberté, on pût être aussi près de l'abîme. Le général Knox, qui fut envoyé pour étudier les choses, déclara que ce n'était pas dans le Massachusetts seulement, mais dans toute la Nouvelle-Angleterre, que le mal était aussi profond ; suivant lui, le cinquième de la population était dans un état de souffrance, on pouvait avoir un jour devant soi une armée de douze à quinze mille hommes. En face de cette révélation l'effroi redoubla. Au moment du danger on s'était trouvé sans défense, le danger pouvait renaître. L'État avait rassemblé des mihces, mais une partie de ces troupes avait passé à l'ennemi. On s'était adressé au congrès : le congrès avait un instant profité de ce que les Indiens menaçaient les frontières pour demander qu'on appelât les milices de la Nouvelle- Angleterre ; mais il n'avait pas

été plus loin, et une fois l'émeute terminée, on prétendit que le congrès n'a\ait pas le droit de s'ingérer dans une rébellion intérieure. C'était déclarer qu'il n'y avait pas de gouvernement fédéral.

Dans cet état d'impuissance et de misère, on sentit qu'il était nécessaire de réformer la constitution. Conquérir l'indépendance n'était que la moitié du problème ; la liberté n'est pas tout : il y faut joindre la sécurité, Tordre, un pouvoir fortement organisé, capable de maintenir la paix et de faire respecter les lois. C'était l'œuvre qui restait à accomplir; il fallait combattre l'anarchie comme on avait combattu la tyrannie.

Du fond de sa retraite, à Mount-Vernon, Washington suivait avec une inquiétude patriotique cette décrépitude de la 'Confédération. Jay, chargé des affaires étrangères, lui avait écrit pour le féhciter de n'être plus dans la vie pubUque et de ne pas voir de près ce triste spectacle d'un pays qui meurt de faiblesse. Washington adressa à Jay une réponse souvent citée :

« L'opinion que vous exprimez que nos affaires marchent rapidement à une crise est d'accord avec la mienne. Mais quel sera l'cîvénement ? C'est ce que je ne puis pr(5voir. Nous avons à nous corriger de plus d'une erreur. En formant notre oon{'éd(5ration^ il est probable que nous avons eu trop bonne opinion de la nature humaine. L'expérience nous a appris que, sans l'intervention d'un pouvoir coercitif, les hommes n'adoptent pas et n'exécutent pas les mesures même les plus avantageuses pour eux. Je ne crois pas que nous puissions exister longtemps comme nation, si nous n'établissons quelque part un pouvoir qui agisse sur l'Union entière avec autant

TRAITÉS, TERRITOIRES. i8l

d'autorité qu*en ont, dans chaque État, les gouvernements particuliers.

« Craindre de donner au Congrès, constitué comme il est, des pouvoirs étendus pour des affaires nationales, me paraît le comble de l'absurdité et de la folie populaires. Le Congrès pourrait-il employer ces pouvoirs au détriment du public, sans se faire à lui-même autant et plus de mal? Les intérêts des membres de cette assemblée ne sont-ils pas inséparablement liés à ceux de leurs commettants ?...

« Bien des gens pensent que dans ses réquisitions aux États, le Congrès a trop souvent pris le ton humble et suppliant, lorsqu'il avait le droit de faire valoir sa dignité souveraine et de commander l'obéissance. Quoi qu'il en soit, les réquisitions sont parfaitement vaines, lorsque treize États souverains, indépendants et désunis, sont dans l'habitude de discuter et de refuser à leur gré. Les réquisitions ne sont plus qu'un mot et une moquerie. Si vous disiez aux législatures d'État qu'elles ont violé le traité de paix, et qu'elles ont empiété sur les prérogatives de la confédération, elles vous riraient au nez.

« Que faut-il donc faire ? Les choses ne peuvent longtemps suivre le même train. Il est fort à craindre (comme vous le dites) que les hommes qui valent le mieux ne se dégoûtent de l'état des affaires, et ne soient disposés à une révolution quelle qu'elle soit. Nous sommes enclins à courir d'un extrême à l'autre. Prévoir et prévenir des événements désastreux, voilà quel serait le rôle de la sagesse et du patriotisme.

« Quel changement étonnant peuvent amener quelques années ! On me dit que les hommes respectables parlent euxmêmes d'une forme de gouvernement monarchique sans en avoir horreur. C'est de la pensée que vient la parole, et de la parole à l'action il n'y a souvent qu'un pas. Mais qu'il serait irrévocable et terrible ! Quelle joie pour nos ennemis de voir leurs prédictions se vérifier ! Quel triomphe pour les avocats du despotisme de pouvoir prouver que nous sommes in- C 16

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capables de nous gouverner nous-mêmes, et que nos systèmes, fondés sur la base d'une égale liberté, sont chimériques et trompeurs 1 Dieu veuille que l'on prenne à temps de sages mesures pour détourner des conséquences que nous n'avons que trop lieu de redouter.

« Quoique je sois retiré du monde, j'avoue franchement que je ne saurais rester spectateur désintéressé. Cependant, puisque j'ai heureusement aidé à conduire le vaisseau dans le port, et que j'ai obtenu mon congé en forme, ce n'est pas mon affaire de m'embarquer de nouveau sur une mer orageuse; d'ailleurs on ne peut pas supposer que mes sentiments et mes avis eussent beaucoup de poids sur l'esprit de mes concitoyens. Ils ont été néghgés, quoiqu'ils eussent été donnés comme un legs et de la façon la plus solennelle. Peut-être alors avais-je quelques droits à l'attention publique; je me regarde comme n'en ayant aucun à présent. »

Cette lettre est du mois d^aoùt 1786 (avant Témeute de Shays, par conséquent) ; vous voyez combien elle est belle et triste, combien Washington s'y montre désillusionné. Il avait tort, car c'est précisément de l'excès du mal qu'allait sortir le remède. C'est le danger commun qui allait réveiller l'Amérique et décider Washington lui-même à renoncer à sa retraite et à rentrer au service de la patrie.

Vous savez maintenant de quel état de misère des hommes courageux, Washington, Madison, Ilamilton, Franklin voulurent tirer leur pays. Pour réformer la constitution, ils résolurent de s'adresser au peuple, et dotèrent l'Amérique de ce pouvoir fédéral qui a fait le salut et la grandeur des États-Unis.

C'est là un des grands spectacles que présente l'his-

toire de la constitution américaine. Aujourd'hui je ne peux m'empêcher de réfléchir au bonheur de l'Amérique, qui, dans une situation aussi grave, trouve aussitôt des hommes qui savent ce qu'il faut pour arriver au noble but qu'ils poursuivent. En France nous avons passé par les mêmes phases que l'Amérique, nous avons connu cette situation révolutionnaire, cette agitation dans les esprits, ce mécontentement universel, cette espèce de malaise du malade, qui change sans cesse de côté et ne peut se reposer. Mais des hommes qui se présentent et disent au pays : « Yoilà ce qu'il faut faire, et nous le faisons, » c'est ce que nous n'avons jamais vu. Nous sortons d'une révolution par une autre, et nous marchons ainsi, de révolution en révolution, à la ruine de la liberté. A quoi cela tient-il? A deux causes qui se tiennent étroitement : l'ignorance et l'absence d'esprit politique.

Notre ignorance politique n'est pas notre faute, quoique nous ayons fait beaucoup d'expériences depuis soixante-dix ans. Ce que j'appelle l'ignorance politique, ce n'est pas l'absence de cette science qu'on apprend dans les livres, mais de cette science qu'on apprend dans la vie.

En Amérique, un homme commence par être un des agents de sa commune. Membre du comité des écoles, marguillier de son église, inspecteur des routes ou des ponts, curateur d'un hospice, etc., il est toujours occupé à faire deux parts de sa vie, Tune p.our ses affaires, l'autre pour la chose publique; Tune pour soi, l'autre pour ses concitoyens. Et de même qu'on ne se sépare

pas de son voisin dans une question municipale, plus tard on sera fidèle à son parti politique, on aura des principes arrêtés, et on sera habitué à y rester fidèle. En France, au contraire, il n'y a jamais que deux grandes catégories, ceux qui sont pour le pouvoir, et ceux qui sont pour l'opposition.

Une révolution arrive ; il semble que les choses vont changer : pas du tout. Ceux qui défendaient l'ancien pouvoir se mettent à défendre le nouveau ; il ne faut pas leur en vouloir, ils comprennent ainsi le salut de la société ! Quant à ceux qui étaient dans l'opposition la veille de la révolution, ils y sont encore le lendemain. Il y a bien quelques hommes intelligents qui passent d'un camp dans l'autre, mais ce n'est pas le grand nombre , et vous pouvez remarquer qu'en France les hommes d'opposition et les hommes de gouvernement sont toujours les mêmes. Les uns veulent tout renverser, les autres tout conserver. Avec de pareilles idées, comment pourrait-on avoir un caractère? S'il faut soutenir le pouvoir quel qu'il soit, si le pouvoir n'a jamais tort, à quoi bon une conscience et un jugement? De même, si l'opposition a toujours raison, s'il suffit d'être toujours d'un avis contraire au gouvernement pour être populaire, à quoi bon s'instruire et se faire une opinion? Yoilà le mal dont nous souffrons. Nous ne pouvons sortir de là que par la vie politique, par la pratique de l'association, de la vie communale, de tout ce qui fera de nous des hommes habitués à vivre ensemble, à discuter et à soutenir leurs opinions.

Nous avons eu en France un homme qui avait été

en Amérique; c'est le seul qui dans la révolution ait montré du caractère. C'est La Fayette. Yous le trouvez en 1789 ce qu'il sera en 1830, toujours fidèle aux mêmes idées. Je n'approuve pas toutes ses idées, mais son caractère est toujours beau. Il peut se tromper, mais il agit toujours suivant ses opinions. Il est arrêté, mis en prison; l'Autriche le jette dans les cachots d'Ollmutz au mépris du droit des gens. Pour lui rendre sa liberté, on lui propose cinq ou six fois des déclarations contraires à ses convictions; il reste dans son cachot : c'est un martyr. Plus tard on lui propose de servir l'Empereur, il ne veut pas ; il sera tout prêt à servir l'Empereur si l'Empereur veut servir la liberté; sinon, non. En 1815, il défendra la liberté contre Bonaparte, comme plus tard il la défendra contre les Bourbons. Aussi quand la France se trouvait dans une crise , chacun disait : Appelons M. de La Fayette. C'est un grand bonheur pour un pays d'avoir un certain nombre d'hommes tellement fixes dans leur foi pohtique , qu'au jour du péril on est sûr de les trouver confiants et décidés. Il y a là une garantie et une sûreté. C'est là ce qui fait la force d'une nation, ce qui fait la grandeur de ces noms justement honorés : Washington et Hamilton.

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