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Bancroft, chap, siv

LA YIBGINIE. 409

blâma la conduite du gouverneur comme contraire à ses ordres et blessant sa clémence, et bientôt Berkeley lui-même iut rappelé. Mais déjà l'assemblée coloniale avait pris le devant en votant une adresse au gouverneur pour qu'il voulût bien ne plus verser de sang davantage, (c Si nous l'avions laissé faire, disait un des membres de rassemblée, il eût pendu la moitié du pays. »

Du sang versé, tel fut pour la Virginie le premier effet du système colonial. Elle y perdit également plus d'une liberté. L'imprimerie fut défendue. Mal parler du gouverneur ou de son parti était un délit puni de l'amende et du fouet ; parler des causes de la rébellion c'était un crime de baute trahison. Rien ne fut publié sur ce mouvement; c'est seulement de nos jours qu'on a imprimé les détails de cet événement, resté célèbre dans le souvenir de la colonie sous le titre de la grande rébellion du colonel Bacon.

L'insurrection fournit au roi un prétexte suffisant pour repousser une charte libérale ; les droits de la Virginie ne reposèrent plus que sur la tolérance de l'autorité. Ce fut une faveur royale, au moins pour tout ce qui dépassait la protection que la loi civile assure aux citoyens anglais. Des instructions royales réglèrent la forme du gouvernement. L'assemblée ne devait être convoquée qu'une fois en deux ans, chaque session ne devait pas durer plus de quinze jours.

Quant aux restrictions commerciales, elles furent maintenues dans toute leur sévérité, l'esprit de monopole ne jSt que s'accroître. C'est ainsi qu'en 1698

iiO HISTOIRE DE LA FONDATION DES £tâTS-UNIS.

NicholsoD, gouyerneur de la colonie, tout en naissant, dans un mémoire enyoyé au parlement, que I depuis l'acte de nayigation le tabac était souvent à à bas prix qu'il ne fournissait pas à ceux qui te cultivaient de quoi s'habiller, conseillait cependant sa législateur de rendre une loi pour défendre aux planteurs de faire leurs propres habits *.

Les conséquences de ce système égoïste ne se firent pas attendre; Nicholson lui-même se plaignait dès lors que les habitants de la Virginie avaient des principes républicains, ajoutant qu'il était temps ou jamais de maintenir les prérogatives de la reine, et d'arrêter le cours de ces idées pernicieuses.

Et le moyen qu'il avait trouvé était remarquable; c'était : Que toutes les colonies anglaises de l'Amérique du nord fussent réduites en un seul gouvernement et sous un vice-roi, et qu'on y entretînt une armée sur pied pour réduire les ennemis de la reine*.

On refusa d'user d'un pareil remède, car il était évident que rUnion, en donnant aux colonies le secret de leur force, eût précipité l'émancipation.

Nous avons suivi l'histoire de la Virginie jusqu'à la révolution de 1688, qui ouvrit pour les colonies une ère nouvelle. Le parlement remplaça la royauté, et soumit les plantations à une règle commune. Mais ce , changement ne profita en rien à l'Amérique, Le parl loment fut plus jaloux de sa suprématie et du mono-

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