Bancrort, I
3. John CdX\Qi\àBr f An hiitorical discourse on the civil and religious ajfairs of the Colony of Rhode-Island, dans le 4« volume des Collections êj the Rhode-Island historical ;Socte(2r.* Providence» 1838.
liams, réclama la liberté religieuse sous le titre de la sainteté de la conscience^. Au magistrat civil, suivant lui, il appartenait d*empécher le crime, mais jamais de contrôler ropînion ; à lui de punir les fautes, mais non de violer la liberté de l'âme. Et, pour donner à ces principes la sanction de sa conduite, Roger Williams refusa de rester en communion avec l'intolérance, car, disait-il, la doctrine de la persécution pour cause d'opi* nion est visiblement et tristement contraire à la doctrine de Jésus-Christ.
Contraindre un homme à s^unir avec des gens d'une croyance différente, c^était, aux yeux de Roger Williams, une violation manifeste d'une liberté ou d*un droit naturel ; traîner à l'église celui qui ne croit pas, ou celui qui ne veut pas y venir, c*est imposer l'hypocrisie. Personne ne doit suivre ou soutenir un culte contre sa volonté. « Quoi! s'écrièrent les magistrats étonnés de cette hardiesse d'idées qui devançait de si loin le siècle, est-ce que l'ouvrier ne mérite pas son salaire? — Sans doute, répondait Roger Williams, mais celuilà seul doit le salaire qui emploie l'ouvrier. »
Par une conséquence nécessaire de la grande et simple vérité qu'il proclamait avec tant de courage, le jeune ministre en venait à demander la séparation complète de l'Église et de l'État, de la croyance et de l'autorité. « Pourquoi, disait-il, choisir exclusivement les magistrats parmi les membres de l'Église. Autant vaudrait
1. Voyez Texposé des idées de R. V^illiaius dans les Collections oj Ifce Rhode-Island historical Society, t. IV, p. 190 et suiv.
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choisir un médecin ou un pilote à cause de ses connaissances théologiques, et de son assiduité au service divin? »
En vain on liri objectait que pour le magistrat c'est un devoir que de garantir de la corruption Tesprit du peuple, c'est un droit que d'arrêter et de punir Terreur et l'hérésie. Le nouvel apôtre montrait en peu de mots que cet argument n'est qu'un sophisme.
« Les magistrats^ disait-il, ne sont que les agents du peuple, les dépositaires de son autorité; on ne peut leur conférer une autorité spirituelle, car la conscience appartient à l'individu et non point à TÉtat; le magistrat civil ne peut pas môme intervenir pour préserver une église de l'apostasie ou de l'hérésie ; son pouvoir ne s'étend qu'aux corps, aux biens, aux actes extérieurs des individus.
« Écarter des âmes ce joug qui les opprime (ajoutait-il avec une assurance prophétique, que l'avenir n'a pas démentie), c'est non-seulement faire un acte de justice et de charité, c'est encore développer une force puissante, c'est engager tous les intérêts, toutes les consciences à conserver la paix et la liberté communes^. »
Les idées de Roger Williams sont aujourd'hui le patrimoine de l'Amérique, c'est là sa gloire; mais.à l'époque où il vivait, les puritains iniatués de leur doctrine, ne virent dans le nouvel apôtre qu'un homme d'un esprit mal assis et dangereux, car sa doctrine allait à substituer le suffrage universel au gouvernement de TÉglise privilégiée. Proscrit et menacé, Roger s'enfuit chez les Indiens Narragansets ; il fut accueilli comme