National Almanach, 1864, p
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directs et indirects. Tout cela se rencontre aujourd'hui en Amérique. On y est également chargé des uns et des autres ; c'est là , je le répète , un des fruits de la guerre civile. Dans cette lutte insensée a disparu cette prospérité qui faisait l'étonnement et la joie du monde, et qui était le résultat du bon esprit d'un peuple qui savait vivre sans querelles intérieures et sans armées permanentes.
Après le pouvoir financier vient le pouvoir commercial. Le pouvoir commercial, il faut le prendre dans le sens le plus large. Les Américains ont eu le bon esprit de ne jamais se mêler aux querelles du dehors, par conséquent ils comprennent la diplomatie dans son sens excellent, pacifique. Le droit de faire des traités de commerce, d'établir des tarifs, etc., lout cela fait partie du pouvoir commercial qui appartient au congrès. On se rappelle que c'est pour centraliser cette autorité commerciale que fut faite la constitution, et que le dernier État qui résista fut New -York, qui voulait profiter de l'avantage de sa situation. Le congrès a donc le droit de régler le commerce à l'intérieur, d'État à État, et, au dehors, il a le droit de faire les traités de commerce. Mais , aux termes de la constitution, le président et le Sénat font seuls les traités. On peut donc faire un traité de commerce avec l'étranger sans consulter la Chambre des représentants. Ce serait là un danger, si le Sénat pouvait avoir un autre intérêt que le pays ; mais il est difficile de le supposer.
Quant au commerce et à la navigation proprement dits, c'est le congrès qui règle les pêcheries, les lois de
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bord pour les matelots, les lois de pilotage, les quarantaines, etc. C'est également lui qui règle la construction des phares et des bouées, rétablissement des ports, le curage des rivières, etc. En deux mots, c'est à lui qu'appartient la police de la mer et des eaux1.
C'est aussi le congrès qui est chargé de faire les règlements du commerce entre États, afin d'empêcher que chacun des États ne se fasse de petits monopoles, de petits privilèges ; et, sur ce point, il y a un exemple intéressant et curieux , c'est celui de Fulton. Vous savez que Fuiton a la réputation d'avoir inventé le bateau à vapeur. Ce n'est pas lui cependant qui l'a inventé , mais c'est lui qui a eu le grand mérite de le faire marcher. Dès l'année 1789, un inventeur plus ancien, Fitch, avait obtenu de la législature du Massachusetts un privilège pour faire marcher sur Tfludson un bateau à vapeur qui ne marcha jamais 2. Dix-huit ans plus tard, en 1807, Fulton et Robert Livingston construisirent un bateau qui devait faire cinq milles à l'heure, c'est-à-dire pas tout à fait deux lieues , ce qui semblait magnifique. Ce premier bateau avait une force de vingt chevaux. Us obtinrent un privilège pour établir ce bateau, qui devait aller de New-York à Albany. Us en profitèrent pendant quelques années; mais on attaqua ce privilège, car, disait-on, le droit de se servir des eaux d'un État appartient à tous les citoyens des États- Unis. On ne peut empêcher un citoyen quelconque de