‹ Histoire des évêques d'Évreux. Avec des notes et des armoiriesChapitre 66 sur 73 · FRANÇOIS · texte numérisé non relu

FRANÇOIS

(DE NARBOIVNE).

lT7o— 1790.

Par suite de la démission de Louis- Albert, François de Narbonne, évêque de Gap, fut transféré de ce siège à celui d'Evreux dont il prit possession le 8 décembre 1775.

Un des premiers actes de François de Narbonne lui aliéna d'abord les populations; c'est la suppression, en 1776, d'un assez grand nombre de fêtes. Les moines de S. Taurin soutinrent même contre lui un procès au sujet de la

fête de leur patron et fondateur, qu'ils célébraient le jouf

même où elle tombait et que l'évêque voulait remettre au dimanche suivant. Il força aussi les pères Capucins à porter des bas et des souliers.

En 1779, par les soins de François de Narbonne, une taxe fut imposée sur les biens du clergé de tout le diocèse d'Evreux pour Texéculion d'un projet de l'évêque. Ce projet était de bâtir un grand séminaire nouveau, afin dy pouvoir recueillir tous les étudiants, qui étaient alors obligés de prendre pension chez les bourgeois. Les travaux de construction commencèrent en 1780, dans le jardin du grand séminaire; au mois d'octobre 1785 on couvrait les bâtiments. Pendant cette même année, François de Narbonne fit paver en marbre le chœur de la cathédrale (1).

Vers le même temps il proposa aux chanoines de prendre la mozette et la croix. Les chanoines ne prirent que la mozette et refusèrent la croix , parce qu'adopter cette dernière marque de distinction, c'était exclure du chapitre d'Evreux presque tous les prêtres du diocèse; il n'aurait pu y entrer ensuite que des nobles.

(1) Ce fut à ce moment que disparurent ces nombreuses inscriptions tumulaires qui servaient de pavés à l'église : précieuses pages de pierre qui rappelaient continuellement à la mémoire des fidèles les mérites et les vertus de ceuxgqui reposaient depuis des siècles dans notre vénérable cathédrale.

Un autre projet de François de Narbonne souleva de vives réclamations dans le clergé d'Evreux et causa des désordres assez graves. En 1787, la ville étant divisée en huit paroisses et chacun des curés n'ayant pas un revenu suffisant, il voulut en réduire le nombre de moitié. Mais les paroisses supprimées refusèrent leur incorporation à une autre, et les paroisses conservées ne voulurent point admettre les autres. Les troubles se prolongèrent jusqu'à la révolution de 1789.

Le 22 décembre 1788, une école fut ouverte dans une salle du couvent des Dominicains pour les jeunes garçons de la ville et tenue par deux instituteurs d'Evreux. L'évèque avait affecté à la rémunération des deux maîtres les intérêts d'une somme de 25,000 livres placée par lui dans ce but chez un fabricant de coutil d'Evreux nommé Passot.

En 1790, François de Narbonne, évêque d'Evreux, ayant refusé de prêter le serment exigé par l'Assemblée Nationale au sujet de la constitution civile du clergé, sortit du royaume à la suite des Dames de France dont il était aumônier. Il mourut à Rome en 1792.

Page 1