‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 183 sur 612 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

Guillaume, il se contenta de 30,000 florins que l’évêque de Bâle dut emprunter avec beaucoup de peine. La ville de Porrentruy cautionna l’emprunteur pour une somme de 1 0,000 francs que le vicaire-général de Besançon consentit à prêter au prince de Baldenstein (5 juillet 1625). 1

Porrentruy, pour assurer sa défense, reçut garnison dans ses murs : une partie des soldats fut casernée dans les salles basses du collège, de sorte, dit l’annaliste de 1622, que Mars et Pallas logèrent sous le même toit. De nombreux réfugiés, fuyant l’armée de Mansfeld, cherchèrent un asile à Porrentruy. Le collège reçut huit pères jésuites de Molshein et de Haguenau. Les vivres augmentèrent de prix et le magistrat crut bien faire de demander le renvoi des élèves du collège; le prince s’y opposa et fit continuer les classes, comme d’ordinaire. Il se contenta d’ordonner des prières publiques pour détourner de ses États le fléau de la guerre; les élèves du collège chantèrent chaque jour pendant la messe les litanies des saints; on fit les prières des quarante heures et des processions solennelles de pénitence auxquelles l’évêque de Bâle assista avec toute sa cour. 2

Pendant ce temps Mansfeld quittait l’Alsace, pénétrait dans l’évêché de Spire et transportait le théâtre de la guerre dans les Pays-Bas. Le danger disparu, Porrentruy reprit sa physionomie ordinaire : la réception du nonce du Saint-Siège, Alexandre Scapius, qui visita le prince de Rinck vers la fin de 1622, la réception de l’ambassadeur de France, Robert Miron, en 1623, l’arrivée de l’archiduc d’Autriche Léopold, en 1624 et en 1627, furent l’occasion de fêtes splendides auxquelles la bourgeoisie prit une large part, et qui donnèrent pendant quelques jours à la petite capitale une animation inaccoutumée. Le prince de Rinck reçut avec tous les honneurs dus à leur rang, ces hauts personnages ; il était très considéré de ses hôtes qui reconnaissaient en lui les plus nobles qualités de l’esprit et du cœur; dans l’administration de ses États, dans ses relations avec l’empereur et les princes étrangers, dans sa sollicitude constante pour le bien de ses sujets qui étaient en même temps ses ouailles, il se montra le digne successeur de Christophe de Blarer son oncle. Sa vie était austère et sévèrement ordonnée; il était évêque avant d’être prince et il pratiquait scrupuleusement tous les devoirs de sa charge pastorale. Souvent il se retirait au collège, dans la retraite et la prière, se préparant ainsi aux grandes fêtes de l’Église. Sa mort, arrivée le 23 octobre 1628. fut un deuil public; il avait reçu les derniers sacrements des mains du curé de la ville, Messire Claude Jobelot. Trois jours auparavant, il avait voulu, malgré une extrême faiblesse, célébrer dans la chapelle du château, la messe en l'honneur de Ste Ursule, qu’il avait en singulière dévotion: il fut plus d'une heure à l’autel. On remarqua qu’au lieu de dire ite rnissa est, il dit requiescant in pace.

Ses obsèques eurent lieu solennellement le 30 du même mois dans l’église des jésuites où il fut inhumé dans le caveau princier, à côté de son grand et illustre prédécesseur. Suivant son désir, on déposa son cœur au-dessous du grand autel de l’église des Ursulines, du côté de l’évangile. Guillaume Rinck de Baldenstein était dans la soixante- deuxième année de son âge; il avait été évêque de Bâle pendant vingt ans. 3 11 portait dans ses armes: d’argent à une boucle

de sable.

1 Délibérations du conseil de Porrentruy. — ~ Annales du collège de Porrentruy, lCâti. — 3 Sudan,

Basilea sacra. — P. Voisard, Hist. des évêques de Bâle. — Annales des Ursulines de Porrentruy. —

Archives de l’ancien évêché de Bâle.

Page 1