NOCES D’OR DES PARENTS DU PRINCE
Son Excellence Mgr le marquis de Courteille, ambassadeur de Soleure, jusqu’à Moutier-Grandval. Après quatre jours passés au château de Delémont, où le prince-évêque le traita splendidement, l’ambassadeur repartit avec l’ambassadrice contre Bellelay, accompagné des gardes-police. “ Le journaliste de Delémont relate avec soin, que Je noble marquis a donné à ceux qui étaient sous les armes, à Moutier, deux louis d’or; à Delémont, aussi deux louis d’or et aux gardes-police qui ont accompagné Sa dile Excellence jusqu’auprès du lac de Neuchâtel, quatre louis d’or. “ „Son Altesse, poursuit le même narrateur, est derechef venue à Delémont et a donné les ordres à plusieurs jeunes prêtres et le 25 a donné le sacrement de confirmation." Mais en même temps le brave bourgeois observe, „ qu’il est arrivé au canton de Berne qu’il a plu de la graine et des lentilles et on en a apporté ici à Delémont pour en montrer. Ce canton à trouvé dans les archives, passé cent ans, qu’il est arrivé la même chose". 1
Le prince de Rinck était de retour dans son château de Porrentruy le 3 septembre; ce jour-là un démonstrateur d’expériences physiques et mathématiques opéra devant la cour et reçut huit livres de Son Altesse." Le 10 du même mois, l’évêque de Bâle commençait sa tournée pastorale dans la vallée de Delémont et aux Franches-Montagnes. Le 19 octobre il assistait au château de Porrentruy „à un spectacle à la chandelle, représentant des histoires figurées du vieux testament" . 2
Le mariage du dauphin, fils de Louis XV, eut un retentissement jusqu’à la cour de Porrentruy. Quand la princesse Marie-Joseph de Saxe passa à Colmar, pour se rendre à Paris, à la fin de janvier I 747, le prince-évêque de Bâle se trouva sur son passage pour la complimenter et en reçut l’accueil le plus flatteur. Plus tard, le prince se rendit à Vanfrey pour bénir la première pierre de la nouvelle église. Cette cérémonie eut lieu avec une grande solennité le 9 mai 1747. Six mois après, il était de nouveau à Vaufrey, où l’Abbé de Lucelle, Nicolas Delfîs, originaire de cette paroisse, se joignait à l’évêque de Bâle pour servir de parrain à deux nouvelles cloches destinées à la nouvelle église.
Deux événements signalèrent à Porrentruy l’année 1748: Mgr de Granmiont, archevêque de Besançon, fit une nouvelle visite à Porrentruy ; il arriva le 25 septembre et fut reçu et logé au château. A la fin de l’année, le jour de lTinmaculée- Conception (8 décembre 1748) le prince-évêque eut le bonheur bien rare de célébrer les noces d’or de ses parents. La cérémonie eut lieu dans l’église des jésuites, ornée de riches tapisseries. „La fête, écrit le P. Voisard, fut annoncée par tous les canons du château. L’évêque Joseph célébra ensuite pontificalement la messe, non seulement en présence de toute l’illustre famille, mais encore d’une foule de monde de toute condition que la nouveauté du spectacle y avait attiré. M. Conrad Antoine Sébastien de Rinck, grand-prévôt, et Jean François Humbert, chanoine d’Arlesheim, tous deux frères de l’évêque, firent diacre el sous-diacre, et M. le comte de Mont joie et M. de Gléresse, neveux du prince, servirent à l’autel. Vers la fin de la messe, les illustres et vénérables parents s’avancèrent vers l’autel, s’étant mis à genoux, ils reçurent la bénédiction du pontife. La cérémonie fut terminée par le Te Deum chanté en musique". „ Je ne m'arrête point ici, ajoute le P. Voisard, à parler des illuminations, des feux de joie, des inscriptions allégoriques qu'on voyait par toute la ville; on sait assez ce que la joie inspire dans de pareilles
1 -Journal d’Eméric Roger, de 1718 à 1753. = 2 Journal des petites dépenses.