‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 374 sur 612 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

la princesse de Saxe. Le maître de chapelle Kuhn, qui fut témoin de ces réceptions, en a fait le récit dans ses mémoires, en ces termes: „La musique, les spectacles représentés par une société d’amateurs de théâtre, et surtout la chasse firent les amusements principaux de cette princesse pendant son séjour à Porrentruy en septembre 1777. Cette dame, que l’embonpoint excessif empêchait de faire deux pas sans l’aide de deux femmes de chambre, tuait plus de gibier dans un jour qu’on ne pouvait en consommer à huit repas. Placée dans un cabriolet au plus épais de la forêt, entourée de ses chasseurs, elle attendait tranquillement le gibier que cent paysans mis en réquisition à cet effet avaient traqué jusqu’à la portée de ses fusils. Le prince ne regrettait ni frais ni peines. On a remarqué que la dépense qu’on avait faite pendant les quinze jours qu’elle a séjourné à Porrentruy était montée aussi haut que celle de toute la cour pendant une année. “ 1

L’ambassadeur de France en Suisse, M. de Vergennes, vint aussi faire visite au prince de Wangen qui lui fit une réception splendide (1777). Le prélat avait le talent de gagner les cœurs. Aussi, son éminent métropolitain, l’archevêque de Besançon, par une faveur inouïe jusque-là, autorisa l’évêque de Bâle à prescrire pour le carême à Porrentruy ce qu’il lui plairait. Le prince assimila les paroissiens de Porrentruy à ses propres diocésains (mars 1778). Le conseiller de Bilieux observe que „ça été la première fois qu’un acte de juridiction épiscopale de l’évêque de Bàle a été publié sur la chaire paroissiale de Porrentruy".

Depuis longues années, on travaillait à faire passer les paroisses d’Ajoie sous la crosse de Bàle. Jusqu’alors Porrentruy et les paroisses voisines avaient relevé de l’archevêque de Besançon, de sorte que l’évêque de Bâle n’avait aucune juridiction spirituelle sur la ville et sur la contrée qu’il habitait. L’évêque de Lydda, Gobel, dont l’habileté était connue dans la conduite des affaires, se rendit à Paris, chargé des pleins pouvoirs du prince-évêque de Bàle; assisté de l’abbé de Raze, ministre en cour de France de l’évêque de Bàle, il traita la question de l’échange des paroisses avec Messire Pierre de Fraigne, représentant de l’archevêque de Besançon. Après des pourparlers prolongés, l’affaire s’arrangea et le 17 novembre 1779 l’accord fut conclu et signé à Paris par devant les conseillers du roi, notaires au Châtelet de Paris. L’archevêque de Besançon, Mgr Raymond de Durfort, consentit à céder à l’évêque de Bàle à perpétuité vingt paroisses du diocèse de Besançon: Porrentruy, Gœuve, Buix, Boncourt, Bonfol, Bressaucourt, Bure, Chevenez, Courchavon, Courtemaiche, Courgenay, Cornol, Courtedoux, Damphreux, Beurnevésain, Damvant, Fon tenais, Grandfontaine, Aile et Montignez; de son côté, l’évêque de Bàle céda à l’archevêque de Besançon vingt-neuf paroisses du diocèse de Bàle situées dans la partie française de la Haute- Alsace limitrophe des districts de Belfort et de Belle; savoir, Montreux le Jeune, Chavannes-sur-l’Etang, Lutran, Montreux- Château, Fontaine, Brebotte, Brette, Saint-Côme, la Rivière, Vautiermont, Rougemont, Phaffans, Perouse, Saint-Germain, Estueffond, Anjoutey, Chévremont, Montreux-Vieux, Froide-Fontaine, Novillard, Petit-Croix, Grosne, la Chapelle, Angeot, Félon, Reppe, Estaimbes, Suerce, Réchézy. En outre, l’évêque de Bàle s’engagea à faire présenter à Mgr l’archevêque de Besançon, et à ses successeurs, par un dignitaire de son chapitre, une croix pectorale en or, portant à son revers l’inscription suivante: Archiepiscopo Bisuntino grati animi monument um offerebant Episcopus

1 Mémoires de M. Kuhn.

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