‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 376 sur 612 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

Le 2 février 1782, continue le P. Voisard, le prince pontifia pour la première fois à la paroisse, avec toute la pompe possible. Toute la bourgeoisie était sous les armes." 1 Ce fut le chanoine d’Eberstein qui porta la première croix pectorale à l’archevêque de Besançon, le 20 septembre 1782.

Le prince de Wangen profita des bonnes dispositions de la cour de France à son égard pour renouveler un traité d'alliance qui existait depuis 1739 entre le roi de France et l’évêque de Bâle. L’affaire fut menée très habilement et dans le plus grand secret: le conseiller de Bilieux nous révèle dans sa correspondance quelques détails curieux à ce sujet: „Vous avez appris, écrit-il, le 28 août 1780, à son frère chanoine à Zurzach, les grandes nouvelles qui nous occupent depuis quelque temps; notre alliance avec le roi de France et. le traité particulier qui donne au prince tout le village de Boncourt. et celui de Damvant. Voilà ce qui s’appelle des événements glorieux pour le prince qui les a vus consommés et avantageux à tous ses sujets. MM. les Suisses ne manqueront pas de nous envier les avantages que le roi nous fait, mais comme ils n’ont pas voulu de nous dans leur traité, ils doivent être capots que sans eux, nous ayons su nous mettre à leur niveau et même au delà. Toute cette affaire a été traitée dans le plus grand mystère. Le prince, le cher père (le chancelier Bilieux), et moi sommes les seuls qui savaient que cet important objet était sur le tapis. Nous avons bien travaillé et nous sommes bien récompensés par la réussite. Non omnis moriar, car nos archives déposeront en tout temps que j’ai suivi cette négociation en tenant seul la correspondance y relative. Le 15 du mois passé (juillet), Son Altesse ayant envoyé à Paris ses lettres de ratification des traités, elle me députa près de son grand Chapitre pour lui en faire part. Je partis avec le prince qui allait à ses forges d’Undérvelier ; personne ne soupçonnait la commission, ni même le voyage que je devais faire. J’ai porté avec M. de Roggenbach ces précieux documents derechef à Arlesheim et à Soleure chez M. l’ambassadeur. Jamais députation de notre cour n'a été reçue avec plus d’éclat que nous l'avons été. L’ambassade ignorait nos traités. Les Biennois en sont abasourdis et je vous assure que nous allons prendre un degré de considération en Suisse qu’on ne nous avait pas supposé ..."

Le traité d’alliance entre Sa Majesté très chrétienne et Son Altesse le princeévêque de Bâle, fut conclu à Versailles le 20 juin, ratifié par le roi le 11 et par Son Altesse le 1 juillet 1780. En voici le texte intégral qui mérite d’être connu en son entier: c’est un document historique d’une importance capitale.

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