CHAPITRE XL
Mentelin, cellerier, qui fut remplacé par Joseph de Roggenbach; puis (déc. 1793) le chanoine Jos. Guill. Charles Antoine baron de Neveu qui mourut à Offenbourg, et (fév. 1794) l’écolâtre Jean Baptiste Gobel, évêque de Lydda, guillotiné à Paris.1
Le Chapitre de la cathédrale de Bâle, par un mandement daté de Fribourg en Brisgau, du 7 avili 1794, annonça au diocèse la mort de son évêque et ordonna des prières publiques pour l’élection de son successeur qui eut lieu à Fribourg en Brisgau le 2 juin 1794. L’empereur François II choisit pour son commissaire le président de la régence de Fribourg, le baron de Summerau. Les suffrages des électeurs se réunirent sur le chanoine baron François Xavier de Neveu qui était alors curé à Offenbourg. Le Grand Chapitre fit part au diocèse de Bâle, de l’élection du nouvel évêque par un mandement daté de Fribourg en Brisgau, le 2 juin 1794, et signé par le chanoine de Mahler, vicaire-général. Nous y remarquons les passages suivants : „Du sein de l’asile accordé par Sa Majesté Impériale au Grand Chapitre de la cathédrale de Bàle contre les violences avec lesquelles on poursuit la religion de Jésus-Christ, ses ministres et ses confesseurs, nous vous annonçons une grande joie, nos très chers frères, annuntiamus vobis gaudium magnum. Le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation a exaucé vos prières, il a comblé vos vœux en vous donnant un prince selon son cœur, en vous donnant un Pasteur, qui travaillant déjà depuis longtemps dans la Vigne du Seigneur, et paissant pendant dix-sept ans un troupeau considérable, dont il est aussi chéri que vénéré, réunit en sa personne la science et la pratique de tout ce qui est requis pour former un évêque tel que l’apôtre l’exige dans ses épitres à Timothée et à Titus. Ce n'est pas tout : ce nouveau père spirituel et temporel dont la divine Providence vient de nous gratifier, joint à toutes ces éminentes qualités celle d’être pour un grand nombre d’entre vous le compatriote le plus vivement pénétré de l’amour de la Patrie. Ses larmes, ses gémissements sur le sort déplorable de cette terre jadis si heureuse qui l’a vu naître, prouvent abondamment l’intérêt sans bornes qu’il y prend, et le courage héroïque avec lequel il a accepté le fardeau redoutable de l’épiscopat dans un moment où l’impiété se vante de l’avoir expulsé sans retour, et les sentiments qu’il a hérités de ses illustres ancêtres, toujours inviolablement attachés à l’évêché de Bàle, auquel ils ont rendu des services distingués, vous sont un garant certain du zèle illimité, avec lequel il s’emploiera pour le bien et le salut du troupeau, qui vient de lui être confié . . . Les termes nous manquent pour vous exprimer toute l’étendue de la joie que nous ressentons de cet heureux événement et tous les avantages qui vous en résultent “
Le vicaire général termine en ordonnant un Te Deum, et en confirmant, au nom du nouvel évêque, tous les pouvoirs accordés antérieurement au clergé. 2
Le prince de Neveu était, né à Arlesheim le 25 février 1749. Il était chanoine de la cathédrale de Bàle depuis 1790. Son père était un des grands officiers de l’évêché. Il avait un frère, Charles Antoine, qui faisait comme lui, partie du Grand Chapitre. Son oncle était curé archiprêtre à Offenbourg, sur les bords du Bliin. La confirmation du nouvel évêque de Bàle ne se fit pas attendre; le Saint- Siège et l’empereur donnèrent leur agrément à cette élection, et déjà le 23 novembre 1 794, Mgr François Xavier de Neveu reçut la consécration épiscopale dans
1 En novembre 1797, à l’arrivée des Français en Suisse, les chanoines qui étaient encore à Bàle se ré-
fugièrent tous à Fribourg en Brisgau et s’y fixèrent définitivement. = 2 Aux archives de l’évêché de Bàle,