CHAPITRE XL
du Prince-Évêque s’épuisait, ses forces diminuaient de jour en jour, quand le 24 mai dernier, une grande altération s’étant manifestée, Son Altesse reçut les sacrements des mourants. Sa maladie dura encore plusieurs semaines, et le 23 août, il s’endormit paisiblement dans le Seigneur.
«Ainsi a disparu un Prince, dont les prédécesseurs ont régné pendant une longue suite de siècles sur notre patrie. Leur gouvernement plein de justice et de modération avait conservé avec les mœurs antiques, la paix, l’heureuse médiocrité, qui faisaient notre bonheur; mais le tourbillon de la Révolution vint fondre sur nous et changea tout. La Providence rétablissant l’ordre a confié désormais notre existence à la sollicitude et aux vertus de nouveaux Pères de la patrie. C’est ainsi que le Roi des Rois, et le Seigneur des Seigneurs dispose des nations selon ses décrets impénétrables. Adorons sa toute-puissance, et attirons par nos vœux ses grâces et ses miséricordes sur cette nouvelle époque de notre patrie. Hâtons-nous surtout de payer au Pontife que nous perdons, le tribut de nos prières, que la religion réclame de nous, et qui est le dernier hommage que nous puissions lui rendre de notre vénération et de notre piété filiale.
„I1 est encore un devoir que nous devons remplir avec un égal empressement, c’est qu’il se fasse dans tout le Diocèse des prières publiques et particulières pour obtenir de Dieu un digne et zélé Pasteur; Dieu seul peut nous le donner; les cœurs de ceux qui doivent concourir à un choix si important sont entre ses mains; disonslui avec les Apôtres: Vous, Seigneur, qui connaissez le cœur des hommes, Seigneur, montrez-nous celui qui est digne d’accomplir les desseins de votre miséricorde sur cette portion de votre Église; qu’il soit rempli de votre esprit et de votre charité, et ne comptant pour rien la gloire du monde, qu’il soit un digne successeur des Apôtres et nous conduise par des voies sûres à la vie éternelle de vos élus!"
Le testament du prince de Neveu porte la date du 24 juin 1820. Il atteste les sentiments généreux et charitables du vénérable prélat. En voici les dispositions principales :
„ Je reconnais pour mon héritier universel le fils de mon frère François Antoine, chambellan du grand-duc de Baden, et en cas de mort, son fils Adolphe. — Je donne à ma nièce, Sophie von Henning, née de Neveu, deux mille florins, — à mon chancelier Joseph Schumacher, conseiller intime, pour le soin de mes affaires, cinq cents florins, deux ans après ma mort. — Gomme j’ai pu conserver l'évêché de Bâle, ma chapelle épiscopale doit revenir à l’évêché de Bâle. Pour décharger ma conscience, je donne à l’évêché de Bâle vingt-neuf mille florins placés à la banque de Vienne: M. Tschan, prévôt de Schœnenwerth, a le titre; — cet argent servira au successeur de l’évêque. De même je donne à l’évêché les services en argent, la vaisselle en porcelaine, la batterie de cuisine, les lits, la moitié du linge et du vin qui se trouve dans les maisons que j'habite. J’institue le Dr Ruth, conseiller du grand-duc de Baden, mon exécuteur testamentaire.
«Fait, à Offenbourg le 24 juin 1820. - Signé: François Xavier, prince- évêque
de Bâle. “ 1
1 Aux archives de l'évêché de Bâle.
KW
Signature de F. X. de Neveu, prince-évêque de Bâle.
Les armoiries de J. A. Salzmann, évêque de Bâle.