SON TOMBEAU A LA CATHÉDRALE DE BALE
cordats germaniques pour les soumettre à la signature du saint-père. Ce fut a cette occasion qu’il obtint du pape l’incorporation des paroisses dont nous venons de parler.
Ce fut sous l'abbatiat de Nicolas Amberg qu’arriva l’incendie de l’église de Sigolsheim en Alsace. Deux statues à demi brûlées de la Ste Vierge et de S. Jean furent transportées à Kientzheim, dans l’église de Ste Régula qui appartenait aux moines de Lucelle. On remarqua que ces statues versaient des larmes. Les pèlerins commencèrent dès lors (1467) à vénérer ces saintes images et beaucoup de miracles furent signalés dans cette église.
L'abbé Amberg avait écrit l’histoire de Lucelle et l’avait dédiée au pape et à l’empereur. Ce précieux manuscrit s’est perdu, au milieu des dévastations et des incendies du monastère. Le docte abbé, après vingt années d’un laborieux abbatiat, mourut à Ensisheim le 39 mars 1467 et fut enterré dans la chapelle qui appartenait à Lucelle dans cette localité. 1
Arnold de Rotberg vil avec plaisir se relever sous la main vigoureuse de Nicolas Amberg, l’illustre abbaye, une des gloires du diocèse de Bàle. Sa sollicitude s’étendit aussi au monastère de Saint-Léonard de Bàle; il y introduisit une réforme qui était devenue nécessaire et y établit des chanoines réguliers qui rendirent à cette antique maison son ancien lustre et sa vieille renommée. 2 Vers le même temps, l’évêque de Bàle approuva la dotation de la chapelle de Saint- Nicolas érigée à Saignelégier dans les Franches-Montagnes par la commune de Montfaucon le 9 octobre 1397. La charte de franchises délivrée par l’évêque Imier de Ramstein portait ses fruits. Le plateau si longtemps désert de la Montagne de Muriaux se peuplait et Saignelégier, qui devait devenir la capitale de cette contrée, était déjà une localité assez importante pour avoir une chapelle et un chapelain résidant dans la localité. Arnold de Rotberg était à Saint-Ursanne quand il approuva cette fondation (2 décembre 1454). 3 Vers le même temps, il dégagea les villages de Bourrignon, Pleigne, Movelier et Roggenbourg qui avaient été engagés en 1389 par l’évêque Imier de R.amstein au comte Walram de Thierstein. Arnold de Rntberg obtint des chevaliers Thomas et Bernard Surlin de Bâle deux cens annuels de quarante florins pour lever les hypothèques qui grevaient ces quatre villages. Comme garantie de cette somme il engagea aux prêteurs le village de Riehen (27 août 1454). 4 — En 1456 on le trouve donnant une lettre de garantie aux habitants de Bienne, Delémont et Neuveville pour le cens annuel de soixante florins, acheté à réméré par Louis d’Eptingen chevalier, de Conrad d’Utingen et de Nicolas Ulrich Schaller qui en jouissaient précédemment . Ce cens était rachetable par mille deux cents florins. 5
Arnold de Rotberg était dans la septième année de son épiscopat ; tout faisait espérer d’utiles réformes et des fruits salutaires, quand la mort le surprit inopinément. Le jour de S. Jean devant la Porte latine, le 6 mai 1458, il s’était couché bien portant ; pendant la nuit il se trouva mal ; il voulut se lever pour respirer plus librement. En rentrant au lit, il tomba sans connaissance et mourut bientôt après. b II avait soixante-quatre ans. Ses obsèques furent très solennelles : on l’enterra comme ses prédécesseurs dans la chapelle de l’archevêque de Mayence
1 Epit. fast. Lucell., p. 201. = 2 N. Gerung, Chron., p. 348. = 3 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 409. -=
4 Ibid., p. 810. 812. = 5 Archives du château de Porrentruy. = 6 N. Gerung, Chron. Ep. Basil., p. 349. —
Sudan, Basilea sacra, p. 326.