‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 564 sur 612 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

une circulaire à tous les évêques de France pour les prêtres suisses persécutés. Mrg de Rouen ordonnait une quête dans tout son diocèse. L’archevêque de Paris, Mgr Guibert, adressait à Mgr Lâchât une lettre pleine d’affection. Mgr Mermillod, exilé à Ferney, et les évêques suisses avaient exprimé les premiers à leur vénéré collègue la plus tendre sympathie.

En Italie, les évêques de Bergame, Pavie, Mantoue, Crémone, Borgo San- Donnino, Crema, Lodi, Corne et Tibériade, signaient une lettre pleine de condoléance et de respect aux évêques de Bàle et d’Hébron. Les évêques de la province d’Urbino, ceux de celle de Turin, le cardinal Pecci, évêque de Pérouse, aujourd’hui le pape Léon XIII, l’évêque de Goncordia (29 mars), le cardinal Guidi, évêque de Frascati, et d’autres encore imitèrent cet exemple et, dans la langue de l’Église, apportèrent le témoignage de leur admiration aux persécutés de la Suisse.

La presse catholique tout entière, et même des journaux protestants, les sociétés d’étudiants, les cercles d’ouvriers adressaient l’expression de leur dévouement à l’évêque de Bàle.

Cependant le peuple catholique du Jura protestait dans de grandes assemblées, à Courrendlin, à Porrentruy et à Mariastein, contre les mesures adoptées à Berne et notamment contre la loi des cultes qui avait été mise en délibération, le 28 mai 1873. Cette loi, façonnée pour le culte réformé, devait être mise en exercice pour les catholiques, et régler les droits et les relations des cultes avec l’État, tant pour les personnes que pour les choses. Le droit canonique y recevait de nombreuses atteintes, et comme elle faisait complètement abstraction de l’évéque, on peut avec raison la qualifier de loi schismatique.

Cette loi fut votée au Grand Conseil et la sanction populaire des 450,000 protestants du canton de Berne écrasa la minorité des 60,000 catholiques du Jura qui la rejetèrent.

Déjà en avril, le prêtre Edouard Herzog qui, en 1 872, à Lucerne, avait publiquement rejeté le concile du Vatican, était venu se faire nommer curé vieux-catholique à Olten. L’évêque de Bàle, qui l’avait frappé d’une excommunication, fut dénoncé pour ce fait au Conseil fédéral. Le prélat dut se justifier, auprès de cette haute autorité et auprès du gouvernement de Lucerne.

En septembre, tandis que le clergé jurassien était destitué par l'État et privé de tout subside, on érigeait à Berne une faculté de théologie vieille-catholique, dont les professeurs étaient en grand partie rétribués avec les fonds du diocèse de Bàle.

La conférence annuelle des évêques de la Suisse s’était réunie à Fribourg le 14 mai 1873. Le vénérable Mgr de Preux, évêque de Sion, mentionna dans son allocution en latin l’exil de Mgr Mermillod et les agissements des gouvernements de Soleure et de Berne envers Mgr Lâchât, présent à la réunion. „Toutefois, disait-il, au milieu de ces circonstances si profondément affligeantes, Dieu ne nous a pas laissés sans consolation; il a rempli de sa force divine nos deux vénérés collègues dont l’attitude, à la fois calme et ferme, contribue si largement à la gloire de Dieu, à l’édification des fidèles et à l’honneur de l’épiscopat suisse. De son côté, le clergé des contrées en proie à la persécution s’est montré fidèle à son devoir, à peu près unanimement; de sorte que nous devons rendre grâces à Dieu et en même temps féliciter nos vénérés collègues des heureux résultats produits par ces rudes épreuves. “

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