LETTRE APOSTOLIQUE CONTRE LES PSEUDO-ÉVÊQUES
un si grand scandale donné au peuple fidèle. Rien n’était plus digne de votre vigilance et de votre sollicitude que de manifester votre horreur d’une si audacieuse impiété, en démontrant, d’une part, que, dans tout ce qui regarde la hiérarchie ecclésiastique, rien ne peut être établi ni subsister, si ce n'est sur le fondement de la Pierre angulaire, la Pierre solide du Siège Apostolique. Vous avez prouvé, d’autre part, que vous aimez à vous montrer les vengeurs de la vraie foi et les défenseurs de l’unité catholique, en prémunissant vos ouailles contre les pièges et les entreprises des fils de perdition. C'est ce que vous avez fait par la grave et opportune déclaration publiée au mois de septembre passé. Car, bien que, par Notre lettre à Vous adressée le 23 mars 1875, Nous ayons déjà réprouvé et condamné les nouveaux hérétiques, dont la secte susmentionnée a malheureusement pénétré dans votre patrie en y jetant le trouble; cette secte a non-seulement persisté dans son entreprise criminelle, mais continuant de poursuivre ses projets iniques, elle recourt à toute espèce de fraudes et d’artifices. Elle ose usurper hypocritement le nom de catholique , afin de tromper les vrais fils de l'Église en les rendant complices de sa perversité. Or, maintenant Nous sommes informé que les membres de cette même secte hérétique et schismatique n’ont pas craint d’ajouter un nouveau crime à leur inique témérité. Ils ont, en effet, mis en avant un certain Edouard Herzog, lucernois, apostat notoire déjà excommunié par son Ordinaire légitime. Dans leur conciliabule d’Olten, ils font proclamé leur évêque et ils l'ont ensuite fait consacrer Sacrilégement à Rheinfelden, par le faux évêque Joseph Hubert Reinkens, précédemment retranché par Nous de la communion de l’Église. Nous avons appris de plus, qu’après avoir reçu une telle consécration sacrilège, ce malheureux Herzog n’a pas craint de publier un écrit, dans lequel il attaque impudemment ce Saint-Siège, et où il s’efforce d’exciter le clergé catholique de la Suisse à la rébellion. En outre, quoique privé de toute juridiction et mission légitime, il a eu la témérité de conférer l’Ordre sacerdotal à quelques partisans de sa secte coupable. En vain se prévalentils d’une faveur et d’un patronage qui sont refusés aux pasteurs légitimes, à l’Évêque de Bâle et au Vicaire-Apostolique de Genève, lesquels, le premier séparé d’une grande partie de son troupeau et l’autre condamné à l’exil, sont l’un et l’autre gravement entravés dans l'exercice de leur ministère. Ces impies et très graves attentats, — source féconde des plus funestes conséquences, — commis dans vos contrées, ont été, et devaient être, pour Vous et pour tous les chrétiens tidèles, un grand sujet de douleur, tout en faisant à l’Église de Dieu de nouvelles blessures. Nous, en vertu de Notre Autorité Apostolique, Nous les condamnons et réprouvons ouvertement. Considérant d’ailleurs que la charge de Notre Suprême ministère Nous impose l’obligation de défendre la foi catholique et l’unité de l’Eglise universelle, à l'exemple de Nos Prédécesseurs, conformément aux prescriptions des saintes lois canoniques, usant du pouvoir que le Ciel Nous a donné, Nous prononçons d’abord, que l’élection prétendue épiscopale du prénommé Edouard Herzog, faite contrairement aux dispositions canoniques, a été illicite, vaine et tout à fait nulle, et que Nous la rejetons et détestons ainsi que sa consécration sacrilège. Quant à Edouard Herzog lui-même, à ceux qui ont eu la témérité de l’élire, au pseudo-évêque Hubert Reinkens consécrateur sacrilège, à ceux qui l'ont assisté et ont coopéré à la cérémonie de la consécration sacrilège, ainsi qu’à tous ceux qui les ont favorisés et aidés, ou qui, d’une manière quelconque, ont pris parti pour eux, par l’Autorité du Dieu Tout-puissant Nous les excommunions, anathématisons. Nous déclarons et prononçons qu’ils doivent être regardés comme schismatiques entièrement séparés de la communion de l'Église. Nous statuons et déclarons en outre que Herzog, élu témérairement et contre tout droit, est privé de toute juridiction ecclésiastique et spirituelle pour la direction des âmes, et que tout exercice de l'ordre épiscopal lui est interdit comme ayant été consacré illicitement. Quant à ceux qui auraient reçu de lui les Ordres ecclésiastiques, ils ont par le fait encouru la suspense et ils seraient immédiatement placés sous le coup de l’irrégularité, s’ils osaient remplir les fonctions attachées à ces Ordres.
Gomme Notre plus ardent désir serait de pouvoir ramener à notre Rédempteur les âmes égarées, en les arrachant à la puissance des ténèbres. Nous ne cessons de conjurer instamment la divine Bonté, afin que par la puissance de sa grâce, elle daigne vaincre leur résistance obstinée; et, en particulier, afin qu’elle touche les cœurs de ceux — s’il y en a parmi eux qui ne sont pas encore descendus dans les profondeurs de l’abîme, -