CHAPITRE XXXI
réunis au château de Delémont le 18 décembre 1526 et avaient porté leurs suffrages sur deux membres éminents du chapitre : Philippe-Jacques d’Andlau, chantre de la cathédrale, et Jean-Rodolphe de Halwyl, custode de la même église. Ce dernier finit par réunir la majorité des voix et fut élu évêque de Bâle. Il était âgé et souffrait de la pierre. Une opération douloureuse, à laquelle il se soumit, avant sa prise de possession et sa confirmation parle Saint-Siège, précipita sa mort. Il mourut quelques semaines après son élection (12 février 1527). 1
Armoiries de l’évêque nommé Jean Rodolphe de Halwyl.
Cette mort inattendue faillit être fatale au siège de Bâle. Découragés en présence des embarras de la position, les chanoines électeurs paraissaient tous disposés â se soustraire à une charge à laquelle trois évêques déjà avaient succombé. Il fallut qu’avant l’élection imposée par leur serment, ils prissent l’engagement solennel d’accepter la mitre de Bâle, quelle que fût la répugnance du candidat choisi par le chapitre. Ils se rassemblent à Delémont le 28 février 1527; il y avait onze chanoines présents: savoir, André Styrzel de Bucheim, prévôt, Jacques Philippe d’Andlau, grand-chantre, Philippe de Gundelsheim, custode, Pierre Reich de Reichenstein, archidiacre, Rodolphe de Reinach, Jodocus de Reinach, Jacques Beihelschmidt de Dinkelspiel, Jacques deFerrette, Sigismond deFerrette, Cornélius de Liechtenfels, théologal, et Thomas de Falkenstein. 2
Les votes se réunirent sur l’un d’entre eux, Philippe de Gundelsheim, qui accepta, selon sa promesse, la pesante dignité à laquelle on l’appelait. Philippe de Gundelsheim était originaire de Franconie; il remplissait à la cathédrale de Bâle les fonctions d’archiprêtre et de vice-doyen. Son âge (il n’avait que quarante ans) (pii promettait au diocèse de Bâle un long et fructueux épiscopat, joint à ses qualités personnelles, le désignait naturellement au choix des électeurs. Il était de taille moyenne, d’une certaine corpulence, sa démarche était imposante, son humeur vive; ses connaissances littéraires médiocres; il connaissait mieux le maniement des affaires temporelles. Il était de race plus noble que riche. 3 Le
1 II fut enterré à la cathédrale, où l’on voit encore son épitaphe ainsi conçue: Johannes Rodolphus
de Halvvil liujus ecclesiæ canonicus et custos, prælatorum canonicorumque religione et integritate nullo
inferior, anno MDXXVII XII febr. magno multorum luctu féliciter decessit. — U portait dans ses armes: d’or au vol de sable. Monumenta Basil., p. 13. = 2 Basilea sacra, p. 362. = 3 Dr Th. von Liebenau, Zur Basler Chronik des Nie. Gerung, genannt Blauenstein, p. 11.