‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 123 sur 496 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

que son prédécesseur Berthold de Neuchâtel passa à Lucelle, et la mort enleva la même année les deux évêques de Bâle.

Nos archives ne gardent que deux actes se rapportant à l’épiscopat d’Adalbéro de Frobourg. L’un de 1135 regarde l’église de Saint-Léonard dont nous avons vu la fondation en 1033, sous le règne d’Udalric IL La ville de Bâle désirait, aussi bien que le prêtre Eppon chargé de sa desserte, que des chanoines réguliers de S. Augustin fussent mis en possession de Saint-Léonard. L’évêque Adalbéro se rendit aux vœux de la population, et, du consentement de tous les intéressés, il remit l’église de S. Léonard et toutes ses possessions entre les mains des chanoines réguliers de S. Augustin. L'acte public dressé à cette occasion en 1135, donne à Adalbéro le titre d’évêque de Bâle par la grâce de Dieu — Adelbero Dei gratia Basiliensis episcopus. 1 11 — Le pape Innocent II confirma par une bulle du 1 mars 1139, adressée au prévôt Henri, la fondation du monastère de Saint-Léonard. 2

Après Saint-Léonard, le couvent de Lucelle fut l’objet des sollicitudes d’Adalbéro de Frobourg. Depuis sa fondation, en J 124, l'abbaye avait pris les plus heureux développements. Sous la conduite de son premier abbé, Étienne, et de son prieur Albéric, la vie monastique s’y déployait dans toute sa ferveur, et ses soixante religieux y pratiquaient dans loute leur perfection les saintes observances de Liteaux. Gomme une ruche féconde, Lucelle avait envoyé trois colonies de ses moines fonder les abbayes cisterciennes de Neubourg, en Alsace (1128), de Keysersheim (Cæsarea) dans le diocèse d’Augsbourg (1133), en Souabe, et des Trois Rnis en Bourgogne, dans le diocèse de Besançon (11 34). 3

L’abbé Étienne était mort après douze ans de travaux apostoliques, laissant son monastère en pleine prospérité, le 3 janvier 1136, quelques jours après l'ancien évêque de Bâle, Berthold de Neuchâtel, qu'il avait assisté à ses derniers moments. Il fut remplacé, comme abbé de Lucelle, par un des religieux qui, de Bellevaux, étaient venus fonder la nouvelle abbaye: il s’appelait Ghristianus. Son premier soin fut d'assurer à son monastère la protection de l'archevêque de Besançon et de l'évêque de Bâle, qui comptaient dans leurs diocèses les insignes bienfaiteurs de l'abbaye.4 Dans le courant de 1136, une réunion de grands et saints personnages eut lieu à Lucelle. L’archevêque de Besançon, Humbert. Adalbéro de Frobourg, évêque de Bâle, le prévôt du chapitre qui sera l'année suivante le successeur d’Adalbéro, le prieur de Saint-Paul de Besançon, l'archidiacre Albero, Siginand, prévôt de Moutier-G-randval qui va fonder l’abbaye de Bellelay, ont répondu à l’appel de l’abbé Ghristianus. L’abbaye possède alors un hôte qui est entouré de la vénération générale: c’est le grand et saint archevêque de Tarentaise, l’ancien abbé de Tamié, qui continue à porter la robe blanche des enfants de Liteaux: on l’appelle le grand ornement de l'église, le miracle du monde, un génie brillant et admirable en toutes choses. 5 II est venu à Lucelle s’édifier au milieu de ces moines angéliques et leur apporter la joie de sa sainte présence. (> Il assiste à la réunion des protecteurs de Lucelle, il est inscrit comme témoin dans l'acte de confirmation des biens de l’abbaye. 7 Cet acte solennel commence par

1 Cartulaire de Saint-Léonard à Bâle, fol. 1 b. = 2 Ibid. fol. 2 a. = 3 Epitome fastorum Lucellens.. p. 166, 136, etc. = 4 Ibid. p. 167. = 6 Gallia Christiana, t. 1. p. 664. Ann. Cisterc., I. p. 97. =

11 Epitome fast. Luc-ell. p. 169. Trouillat, 1. I. p. 267. = 7 . . . „Petrus Darentatiensis Archiepiscopus . . . hujus descriptionis seu eonfirmationis testes fuerunt. “ Epitome fast. Lucell.. p. 24.

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