ADALBÉRO DE FROBOURG, ÉVÊQUE DE BALE
ces belles paroles: „En rhonneur de la sainte et indivisible Trinité. Humbert, par la grâce de Dieu, archevêque de Besançon, et Adalbéro, évêque de Bâle, à leur cher fils en Jésus-Christ, Christianus, abbé de Lucelle, et aux autres frères de ce même lieu, et à leurs successeurs à perpétuité. Par la Providence de Dieu, nous avons reçu, quoique indignes, l'épiscopat pour consacrer une pieuse sollicitude à ceux qui mènent la vie religieuse et pour augmenter selon notre pouvoir, et défendre par la force de l’autorité que Dieu nous a confiée, les biens qui sont nécessaires à leur usage. C’est pourquoi accédant volontiers à votre demande, nous vous confirmons l’église de la Bienheureuse Vierge Marie du lieu appelé Lucela, où selon les règles de l’ordre de Cîteaux, vous combattez pour le Dieu tout puissant, 1 connue vous l’a donnée, du consentement du chapitre de l’Église de Bâle, à la prière et selon le vouloir de Hugues, Amédée et Richard de Montfaucon, et d'autres qui étaient possesseurs et co-propriétaires de ce lieu, l’évêque, d’heureuse mémoire Bertolf, avec ses appartenances, pour une livre de cire de redevance annuelle à l'Église de Bâle.“
Les prélats ajoutent à cette première donation la forêt de Scholis près de Lucelle, et les autres terres données à l’abbaye par Bourcard et Henri d’Asuel. Hugo de Pleujouse et les paroissiens de Frégiécourt ont fait don au monastère de tout le terrain leur appartenant entre la route et le couvent, pour la confection des hosties nécessaires aux offices divins de l’église de Lucelle. 2 L’acte mentionne ensuite des donations nombreuses de terres situées à Aile, à Gœuve, à Cornol, à Miécourt, à Liebvillers (près Saint-Hippolyte), Montsevelier, etc. 3
Ce fut vers le même temps que S. Bernard visita pour la seconde fois sa chère abbaye de Lucelle. Il allait trouver l’empereur Lothaire pour rétablir la paix avec les ducs de Souabe. Il s’arrêta à Lucelle et peut-être y trouva-t-il encore les prélats réunis sur l'invitation de l’abbé Christianus et très heureux de converser quelques instants avec ces deux merveilles du monde d’alors, l’abbé de Clairvaux et l’archevêque de Tarentaise, tous deux unis par une douce amitié avec le saint abbé de Lucelle. 4
L'évêque de Bâle fit aussi le voyage d’Italie à la même époque. U était à Lago-Pésole où se trouvait l’empereur, le 9 juillet 1137, chargé par l’abbaye du Mont Gassin de la défendre devant le tribunal impérial, saisi d’un différend qui existait entre le pape Innocent II et ce monastère. 5 Quelque temps après, Adalbéro de Frobourg accompagna encore l’empereur au Mont Gassin même. Un nouvel abbé, Rainald, avait été nommé sans le consentement d'innocent IL 11 n’était que sous-diacre, et il paraissait du parti de l’antipape Anaclet. L’empereur était prié d’examiner cette affaire. Une séance eut lieu le 16 septembre 1137. Lothaire II fit ouvrir les portes à tous les archevêques, évêques et abbés et à tous les partisans du nouvel élu. Quand tous furent réunis, l’évêque de Bâle, que le chroniqueur de l'abbaye appelle toujours Hanno, prit la parole: „Si vous avez
1 . . . „Deo omnipotenti militantes/ Trouillat. 1. 1. p. 463. = 2 Pro hostiis ad divinum officium eorum ecclesiæ administrandis . . . “ Ibid. = 3 Nous possédons l’original de cet acte important, avec un fragment de sceau de l’évêque de Bâle. On en trouvera ci-joint une reproduction exacte. Cette charte sur parchemin mesure 70 centimètres de long sur 50 de large. = 4 „S. Bernardum uti etiam S. Petrurn
rarentasiensem Archiepiscopum, spiritual! amicitia sil >i dulciter junctos iterato gratissimos hospiter suscepit (Christianus)/ (Epit. fast. Lucell.. p. 168.) — „S. P. N. Bernardus . . . illuc (Luciscellam)
transitant fecisse vetustissirnæ traditioni P. Grestscherus S. J. adstipulatur ; cum nernpe circa animnt 1 136,
pro pace inter duces Sueviæ componenda. ad Lothariurn Cæsarem, contendit/ Ibid. p. 31. = s Chronicon
Casinense, 1. IV. c. 110. Par erreur, le chroniqueur appelle l’évêque de Bâle. Hanno.