‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 160 sur 496 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

son métropolitain et se joignit au cortège impérial. 1 L’armée des croisés, réunie à Ratisbonne au commencement de mai, descendit le Danube et se réunit à Vienne à d’autres divisions qui avaient pris les devants par d’autres chemins. A Presbourg, sur les frontières de la Hongrie, les croisés se rassemblèrent pour la seconde fois. AGran, le roi Bêla III reçut l’empereur et sa suite avec la plus grande magnificence le 4 juin. De là l’armée s’avança vers le sud, divisée en quatre corps. Elle atteignit Philippopolis le 25 août, Andrinople le 22 novembre. Pendant l’hiver, les croisés campèrent entre Philadelphie et Constantinople. Le transport des troupes sur les côtes d’Asie se fit à la fin de mars 1190. La défaite de l’armée du sultan d’Iconium et la prise de cette ville firent bien augurer de l’avenir (7 mai 1 190) ; mais au passage du Selef, l’empereur, n’écoutant que son ardeur et malgré ses soixante-dix ans, voulut traverser le fleuve à la nage, il se noya et périt dans les flots. (10 juin 1190.)

La douleur des croisés fut immense. L’armée allemande reconnut pour chef le duc Frédéric de Souabe qui la conduisit à Antioche, puis à Ptolémaïs dont il poussa le siège avec vigueur. Mais la peste se déclara parmi les assiégeants et fit de nombreuses victimes. Le duc Frédéric succomba à ce fléau: avec lui périt l’archevêque de Besançon qui s’était signalé non moins par sa valeur que par ses exhortations et ses conseils. Il contribua beaucoup à la prise de Ptolémaïs par l’invention d’un bélier en bois garni de fer qui servit à en renverser les murailles. L’évêque de Bàle, Henri de Horbourg, fut aussi une des victimes de la peste. L’annaliste de Strasbourg place sa mort en 1190, sans en fixer le jour;2 celle de l’archevêque Thierry de Montfaucon eut lieu le XVIII des calendes de décembre (15 novembre 1190) : c’est vers cette époque que nous devons placer le trépas de l’évêque de Bàle. Son corps ne fut pas rapporté en Europe: on l’ensevelit avec tant d’autres, dans cette terre sacrée où il avait porté son courage, son dévouement et sa foi. 3 Le comte Henri de Horbourg, moine à Lucelle, évêque de Bàle en 1 180, avait régné dix ans. Il mérite un rang honorable parmi les prélats qui ont gouverné la sainte Église de Bàle : il eut l’honneur insigne d’être de la 3e croisade et de mourir pour cette noble et grande cause. — Il portait dans ses armes: d’argent à deux trompes de sable, virolées d’or, sur trois montagnes de sable.

1 „ Anno Domini MGLXXXVIIII in octava Pasche, id est XVII Kal. Maii, nostrates illud felicissimum iter arripuevunt et imperator de Hagenowe se movit. Gum quo hii quos solos novimus principes: fdius suus ... et episcopus Basiliensis, episcopus Tullensis . . . “ Ann. Argent, plen., Bôhmer, Fontes, III. 86. =

2 „ Anno Domini MGXG. Ipso anno mortnus est etiam Henricus, Basiliensis episcopus, revertente eo in mari.“ Ann. Arg. plen., III. 91. = 3 Rohrbacher, histoire de l’Église, t. XVI. p. 175 et suiv. — Michaud, histoire des croisades, t. II. passim. — Richard, histoire du diocèse de Besançon, 1. 1. p. 419. —

Baronius ad 1190.

Armoiries d’Henri de Horbourg.

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