WALTHER DE RÔTHELN, PSEUDO-ÉVÊQUE DE RALE
Italie. Pour se rendre en Allemagne, il dut traverser les Alpes et par des chemins très difficiles, il arriva enfin à Coire, d'où l’évêque du lieu et l'abbé de Saint-Gall le conduisirent à Constance. A la nouvelle de son arrivée, Othon IY voulut s’emparer du nouvel empereur, mais abandonné de tous, il n’osa s’exposer à une défaite certaine. Frédéric II, escorté et défendu par une troupe résolue, arriva à Bâle vers la fin de septembre 1212. L’évêque de Strasbourg lui amena un renfort de 500 soldats. 1
Le landgrave d’Alsace, Rodolphe, comte de Habsbourg, les évêques de Bâle, de Constance et de Coire, les comtes de Frobourg, de Hombourg et beaucoup d’autres illustres personnages formaient la cour de l’empereur à Bâle. Frédéric II, faisant acte de sa suprême autorité, confirma, par un diplôme solennel, le 26 septembre, dans la noble cité de Bâle, — in nobili civitate Basiliensi, — la royauté d'Ottokar qui
Le pape Honorius III,
d’après un portrait-médaillon dans la basilique de «S. Paul hors les murs» à Rome.
occupait le trône de Bohème. 2 De Bâle, l’empereur descendit le Rhin sans rencontrer d’opposition et le 6 décembre 1212 il fut couronné dans la diète de Mayence.
L’évêque de Bâle fut entraîné dans de grandes dépenses par le séjour de la cour impériale dans sa ville épiscopale; déjà son voyage en Terre Sainte et l’envahissement de son Église par les spoliateurs dont il a été question précédemment, avaient épuisé ses ressources. Il dut pour le bien de son évêché, faire des emprunts dont un acte de 1213a gardé le souvenir. Il engagea pour garantie de l’argent prêté, un calice d’or, un anneau pontifical et un ornement précieux en soie. Ces objets devaient être rendus par le prêteur qui était juif, moyennant vingt-six marcs d'argent. L’évêque devait encore trente et un marcs à d’autres prêteurs qu’il nomme dans l’acte en question. Le comte de Hombourg, Rodolphe, devait de son côté en 1213, à Lutold de Rôtheln soixante-sept marcs d’argent
1 Chronicon abbat.is Urspergensis, ad 1212. = 2 Dumont. Corps diplomatique, 1. 1. p. 144.
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