CHAPITRE XV
Lutoldus de Arlmrg. 1 Les barons d’Arbourg, issus des seigneurs de Spitzenberg, s’éteignirent en 1453, avec le prévôt de Strasbourg, Thuringus. 2 C’est donc à tort que d’autres écrivains, dont Trouillat avait d’abord partagé l’opinion, attribuent, Lutold à la maison des comtes d’Arberg (dans le canton de Berne).
Lutold d’Arbourg était chanoine de Zurich avant sa promotion à l’épiscopat. Le nécrologe de la collégiale de cette ville l’atteste — canonicus hujus ecclesiæ. — Le P. Théophile Raynaud, dans un ouvrage sur les enfants de S. Bruno, cite parmi les chartreux élevés à l’épiscopat, Lutold, évêque de Bâle. Nous ne savons sur quel document cet auteur (mort en 1663) appuie son assertion: le P. Sudan qui en fait mention, n’apporte aucune autre autorité que celle de ce jésuite dont les œuvres forment 30 volumes in-folio. 3 — Quoiqu'il en soit, Lutold d’Arbourg était déjà élu évêque de Bâle le 33 août 1338, six mois après la mort d’Henri de Tlioune. Il figure avec tout son chapitre, dans une donation faite à Bàle, à cette date, à l'abbaye d’Olsberg, avec le titre d’élu de Bâle par la grâce de Dieu. 4 A côté du nouvel évêque, nous voyons figurer comme témoins les frères mineurs, maître Tietricus et frère Henri, qui sont depuis quatre ans établis à Bâle.
En 1339, Lutold paraît comme évêque de Bàle. Une charte du 33 mars de cette année, en faveur de Bellelay, lui donne ce titre en termes exprès. 5 Un des premiers actes du nouveau prélat fut l’acquisition d’un vaste domaine sis à Arlesheim , en faveur de son église. Ce domaine avait été donné à l’abbaye de Hohenbourg, en Alsace, par Ste Odile vers 708. L'abbesse du monastère inférieur, Wilburgis le vendit en 1339 avec toutes ses dépendances à Lutold et à l’église de Bàle pour 80 marcs d’argent. 6 Quelques années après, en 1345, Lutold d’Arbourg agrandit ce domaine en achetant du comte de Frobourg, Hartmann. tout ce qu’il possédait au même lieu. 7 Ce grand chapitre ne pensait pas alors que cette vaste et belle propriété serait un jour le lieu d'asile des chanoines de Bàle, chassés de leur cathédrale par la réforme au XVIe siècle. L’évêque de Bàle voulut de son côté faire une donation à sa cathédrale. Vers 1340. du consentement de son frère, Cuno d’Arbourg, qui résigna tous ses droits entre ses mains, il donna librement et absolument pour son salut et le salut des siens, à la bienheureuse Marie (patronne de la cathédrale de Bàle) un des serviteurs de leur maison, nommé Berthold de Schôg. 8 L’Église de Bàle recevait à la même époque l’avocatie de Bienne qui était un fief de l’évêché appartenant aux seigneurs de Neuchâtel. Berthold de cette noble famille, ayant besoin d’argent, avait déjà engagé cette charge importante à l'évêque Henri de Thoune pour cinquante-deux marcs d’argent; en 1339, il renouvela cet engagement entre les mains de Lutold d’Arbourg pour soixante marcs, se réservant le droit de rachat de cette avocatie, en remboursant l’argent prêté. Parmi les témoins de cette transaction, qui fut conclue à Delémont, nous remarquons le célèbre prévôt de Moutier, fondateur de Bellelay, Siginand, le prévôt de Saint-Imier, Rodolphe, etc. 9
1 Liber vitæ cathed. Basil, ad 7 junii. = 2 Trouillat, t. I. p. 712. = 3 Biographie Universelle,
t. XXXVII, p. 185. Le P. Sudan dit, dans la Basil. Sacra, p. 221): „Theophilus Ragnandus S. J. in S. Brunonis
gloriosa propagine, p. 260 asserit Lutoldum quem Lufoldum vocal, ex Carthusiano Vallis-Speciosæ
Episcopum Basileensem . . . “ = 4 „Lutholdus, Dei gratia Basiliensis electus." Ch.Urstisii Codex dipl.
Brucknerianus, p. 66. = 5 ,L„ Dei gratia Basiliensis episcopns . . . “ Cartulaire de Bellelay. p. 262. =
6 Codex diplom. eccl. Basil., fol. 59b. = 7 Livre des liefs nobles, fol. 33. = 8 Codex dipl. eccl. Basil.,
fol. 96. = B Livre des fiefs nobles, fol. 44 B.
LUTOLD D’ARBOURG, ÉVÊQUE DE BALE
Un autre marché, très avantageux pour l’évêque de Bàle, fit passer entre ses mains tous les fiefs et biens appartenant à Bourcard d’Asuel. „ Ce seigneur, nous le disons avec douleur et en rougissant, comme s’exprime l'acte dressé par Lutold le 8 juillet 1341, a été contraint par la pauvreté à faire ces aliénations; tout le voisinage le sait et il nous l'a avoué ainsi qu’à beaucoup d’autres. Nous donc, de l’avis du prévôt Henri, du doyen Wilhelm et de tout notre chapitre, el des ministériels de notre Église, et d’autres prud’hommes, nous promettons de lui donner chaque année, durant sa vie, dans notre ville de Bâle, vingt livres de Bàle et cinquante-deux mesures cl’épeautre; en cas de décès, sa veuve Melchtilde recevrait chaque année quarante mesures de blé. Après leur mort, l’église de Bàle sera délivrée de toute redevance à cet égard." Les biens livrés à l’évêque par Bourcard