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CHAPITRE XV

On ne voit pas que Lutold d'Arbourg ait été inquiété par l’empereur pour avoir figuré parmi les pères de l’assemblée qui prononça contre lui F excommunient ion. L’évêque de Bàle nous paraît avoir joui à Bâle du paisible usage de son autorité, car nous le trouvons en 1248, réglant et ratifiant paisiblement les statuts des bouchers et des charpentiers de sa ville épiscopale : il agit comme en souverain et dispose en maître des corps de métiers dont il régularise les compagnies.

Les bouchers de Bâle s’adressent à lui pour donner à leur organisation nouvelle la force de son approbation. „ Pour l’honneur et l’utilité de notre ville, dit l’évêque, il approuve leurs statuts. Ils devront à l’avenir tenir leurs viandes fraîches dans ' un marché plus élevé et mieux disposé, en avoir en plus grande abondance, et rejeter les viandes de qualité inférieure pour être vendues hors des maisons. L’évêque leur donnera un maître auquel ils devront obéir. Toute infraction aux statuts de leur compagnie sera passible d’une amende de deux sols à l’évêque, de deux sols à la ville et de deux sols à leur confrérie appelée Zunft, instituée en l’honneur de la Sainte Vierge. Pour entrer dans leur corporation, on doit payer dix sols. Ceux qui n’en font pas partie, n’ont pas le droit de vendre dans les marchés publics et ils ne peuvent avoir aucun rapport avec les bouchers de la compagnie. Le produit des amendes est destiné à accroître le luminaire de la cathédrale aux grandes fêtes, en l’honneur et pour la gloire de Dieu tout-puissant, de la B. Vierge Marie et de tous les Saints. L’évêque de Bâle consent en outre à leur donner chaque année un des ministériels de son église pour juger leurs différends et si besoin est. corriger leurs statuts. Ces statuts, revêtus de l’approbation de l’évêque et du chapitre, furent scellés de leurs sceaux à Bâle, le 2 juin 1248. 1

La même année, les charpentiers, les maçons, les gypseurs, les potiers, les fabricants de chars de Bâle érigèrent leur compagnie avec le consentement et l’approbation de Lutold d’Arbourg. Leurs statuts diffèrent peu de ceux des bouchers. On y remarque la défense faite à tous les compagnons de travailler pour quelqu’un qui n’aura pas payé le travail antérieur. A la mort d’un confrère, tous les autres devaient assister à son enterrement et à la messe. Si le défunt était mort hors de la ville, à trois milles de Bàle, la compagnie devait aller le chercher et faire ses funérailles. En cas d’absence d’un confrère en cette circonstance, il était passible d’une amende d’une demi- livre de cire. Chaque compagnon devait payer deux deniers aux quatre-temps pour le luminaire de la grande église de Bàle, en l’honneur de la Bienheureuse Vierge. 2

Lutold d’Arbourg mourut peu après l’organisation de ces corps de métiers. On a voulu lui attribuer l’incendie de Neuchâtel, en s’appuyant sur un manuscrit qui fixe à l’an 1249 ce triste événement. Mais aucun autre document ne vient appuyer l’assertion de Matile, suivie par Trouillat. 3 Le manuscrit cité porte bien la date de MGCXLIX , mais il attribue cet exploit guerrier à „ Henri, évêque de Bàle, qui était de Neuchâtel".4 Il faut donc, si l’on ajoute foi à ce document, croire ([ne la date donnée à la destruction de Neuchâtel est fautive, et qu’au lieu de MCCXLIX, il faudrait lire, en transposant un chiffre MGCLXIX, ce qui reporterait cet événement à la septième année du règne de l’évêque de Bâle, Henri de

1 Trouillat, 1. 1. p. 574. = 2 Ochs, 1. 1. p.'S23. = 3 Mat.ile, Monuni. de l’histoire de Neuchâtel, p. 109.

— Trouillat. 1. 1. p. 580. = 4 D. Uenrico, episcopo Basiliensi. qui erat de Novicàstrensibus. “ Ibid.

Premier concile de Lyon, sous le pontificat d’innocent IV.

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