‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 220 sur 496 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

il comble de ses grâces et de ses faveurs le château et la ville de Bienne, comme on l’appelle, en leur accordant les mêmes privilèges dont jouit la ville de Bâle. 1

La présence de la cour à Bâle, l’arrivée d’un évêque selon le cœur de Dieu, ami des pauvres et conseiller intime de l’empereur, firent oublier aux habitants de la ville épiscopale le désastre qui les avait si cruellement frappés le jour de S. Pierre et de S. Paul (29 juin). Le Rhin, enflé par la fonte des neiges, avait détruit le pont de Bâle : environ cent personnes avaient trouvé la mort dans les eaux du fleuve. 2 Quelques jours après ce désastre, le 1 1 août, il avait soufflé un vent tellement violent que les vignes et les arbres avaient été dévastés : les branches détachées étaient portées jusqu’à trois milles. A Hercheim, le vent avait enlevé un berceau avec l’enfant qui y reposait. 3 L’hiver avait aussi été très rigoureux et on avait constaté à Berne et à Moutier quatre pieds de neige. 11 y eut disette de blé à Bâle et la mesure (quartale) de blé se vendit dix sols ; les frères prêcheurs de cette ville furent réduits à une extrême pauvreté, ce qui ne les empêcha pas de recevoir et de traiter l’empereur et sa cour avec l'évêque de Bâle, à leur retour de Lausanne. C’était le prieur de ce couvent qui avait prêché la croisade à Bâle, le jour de l’Invention de la Ste Croix (3 mai).4

Henri d’Isny ne resta pas longtemps dans sa ville épiscopale. Conseiller intime de l’empereur, dont il avait toute la confiance, il fut chargé au commencement de l'année 1276 d’un mission diplomatique auprès du pape. Rndolphe de Habsbourg recommanda son ambassadeur par une lettre adressée aux villes impériales d’Italie, qui a été conservée. „Nou.s envoyons, dit le diplôme impérial daté d’Augsbourg, 1er février 1276, le vénérable évêque de Bâle, notre prince et secrétaire très cher, dont la fidélité et le dévouement envers notre personne et le saint empire romain brillent à l'instar d’un astre lumineux, pour nos affaires et celles de l’empire, aux pieds de notre très saint père et seigneur le souverain pontife: nous le recommandons à votre fidélité; tous les secrets de notre cœur lui sont connus; écoutez-le comme nous-mêmes. 5 Grégoire X venait de mourir à Arezzo le 10 janvier 1276. Innocent V lui succéda le 21 février de la même année. Henri d'Isny prolongea son séjour auprès du pape, chargé des affaires de son impérial maître jusqu’au mois de septembre de la même année. Il avait vu le Saint-Siège vaquer le 22 juin par la mort d’innocent V. Son successeur Adrien Y, élu le 1 1 juillet, était mort à Viterbe le 16 août suivant, sans avoir été consacré pape. Jean XXI fut élu pape, le 13 septembre de la même année. Henri d’Isny regagna Bâle, le 17 septembre: il était souffrant de son séjour en Italie et il avait perdu neuf personnes de sa suite. 6 L’histoire ne nous dit pas quel fut le fruit des négociations de notre évêque. Durant son absence, il s’était passé à Bâle plusieurs événements importants. L’empereur avait tenu sa cour dans cette ville durant le mois de juillet et y avait délivré aux citoyens de Rheinfelden une charte qui les autorisait à transmettre leurs fiefs à leurs filles légitimes, s’ils n’avaienl pas d’héritiers mâles, et les exemptait de toute juridiction étrangère

1 „OJ> spécial em dignationem et dilectionem quarn ad Karissimum principem nostrum H. Dei

gratia episcopum Basiliensem, ob laudabilia et utilia obsequia, quæ imperio nostro et nobis fidelissime

impendit, . . . Datum BasileæA Troublât, 1. II. p. 263. = 2 Annal, præd. Colm., p. 47. — 3 Ibid. —

4 Ibidem. = 5 „Giun nos venerabilem H. Basiliensem episcopum principem et secretarium nostrum Karissimum et cujus clara fides et fervens devotio erga nos et sacrum imperium Rom. ad instar lumi-

nosi coruscant sideris . . . cui eordis nos tri sécréta cuncta sunt cognita." Cod. epistolaris Rodolphi I.

Rom. régis, p. 231, — 0 Annal. Colm., p. 58.

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