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CHAPITRE XVIII

acte de 1267, il porte le titre de chevalier, miles; 1 il vivait encore en 1273. Il eut trois fils, Pierre, Mathias et Wilhelm.

Pierre le Riche était chanoine de la cathédrale de Bâle en 1262, 2 archidiacre en 1264. 3 Après la mort de l’évêque, Henri de Neuchâtel, il fut élu évêque de Bâle; du moins l’annaliste des dominicains de Colmar, auteur contemporain, lui donne ce titre. 4 Cette élection ne fut pas reconnue comme valide, car le chapitre de Bâle, dans un acte du 12 mars 1275, fait encore mention de la vacance du siège épiscopal qui fut occupé la même année par le cordelier Henri d’Isny. C’est peut-être à titre de compensation que l'archidiacre Pierre R.eich obtint la charge considérable de prévôt de la cathédrale de Mayence. Il figure en cette qualité dans un acte de 1278. 5 Les annales de Colmar le signalent en 1279 parmi les adversaires de l’évêque Henri d’Isny. 6

Après la mort de l’archevêque de Mayence, Wernher, les suffrages des chanoines électeurs se partagèrent entre le prévôt Pierre le Riche et l’archidiacre de Trêves, Gérard d’Eppesteyn, chanoine de Mayence. L’accord n’ayant pu s’établir, le pape Honorius IV promut l'évêque de Bâle au siège de Mayence, en 1286. Henri d’Isny se montra généreux et, voulant faire oublier à son concurrent le double échec qu'il lui faisait éprouver à onze ans d’intervalle, il le fit nommer évêque de Bâle, grâce à la faveur du pape dont il jouissait. 7

Le 21 août 1286, Pierre Reich figure comme évêque élu de Bâle, dans une sentence rendue en faveur du chapitre de Moutier-Grandval. 8 II reçut, la même année, dans la cathédrale, la consécration épiscopale des mains du légat a latere Jean Bucamatio, évêque de Tusculum qui passa à Bâle, se rendant à Wurtzbourg où il présida un concile provincial important ; Henri d’Isny accompagnait l’envoyé pontifical. L’annaliste de Colmar qui relate le sacre de Pierre R.eich ajoute que ce légat était parent du pape et était investi d’un pouvoir illimité. 9

Un des premiers soins du nouvel évêque de Bâle fut de ramener la paix entre les partis qui divisaient sa ville épiscopale, en partageant le pouvoir également entre les stellifères et les psittaciens. 10 Le maître des bourgeois et le maître des ouvriers furent choisis une année parmi les uns, l’année suivante parmi les autres. Tout allait bien à Bâle, mais il n’en était pas ainsi en Ajoie.

Après le départ d'Henri d’Isny, délivré de ce puissant ennemi et de son impérial allié, Renaud de Bourgogne avait oublié ses serments et la foi jurée et s ’ était jeté sur l’ Ajoie où il avait tué près de Porrentruy plusieurs hommes de l’Eglise de Bâle et fait, prisonniers une douzaine de chevaliers (1287 ). 11 L’évêque de Bâle se mit en mesure de châtier le traître comte, et suivi d’une troupe de nobles et de bourgeois de Bâle, et des renforts que lui fournit le comte EgmonlH, sire de Fribourg en Brisgau, son vassal par les mines de cette contrée, il envahit les environs de Montbéliard et offrit le combat à son adversaire. Dans cette rencontre, le comte de Fribourg fit preuve d’une grande lâcheté. Quoique les troupes de l’évêque fussent trois fois plus nombreuses que celles de Renaud de Bourgogne, Eginon, à la vue de l’ennemi, prit honteusement la fuite, entraînant à sa suite

1 Cartulaire de Saint-Léonard, fol. 101). = 2 Trouillat, t. II. p. 128. = 3 Ibid., p. 137. = 4 Ann. præd. Colin, ail 1275. = 5 Codex dipl. eccl. Basil., fol. 65. = 0 „Opposuerunt se domino Basiliensi dominas præpositus Moguntinus, dominus de Rotilheim. eum militnm multitudine copiosa.“ Ann. præd. Colm. ad 1279. = 7 Ex chron. Alb. Argent. , Petrum Divitem, mediante favore Papæ, ad ecclesiam Basiliensem promovit. “ = s TrouilL, t. II. p. 430. = 9 Ann. præd. Colm. ad 1286. = 1,1 Chron. Alb. Argent. =

11 Ann. præd. Colm. ad 1287.

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