‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 256 sur 496 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

médecins. 1 Une fausse interprétation du texte de cet historien a fait croire à M. Trouillat que Pierre de Trêves avait épousé une fille de Théobald, comte de Ferrette. La version la plus authentique d’Albert de Strasbourg, donnée parle professeur Studer, à Berne en 1866, sous le titre de Chronique de Mathias de Neuenhurg, mentionne le mariage des deux fdles du comte de Ferrette, Hartzland et Sophie qui épousèrent Tune Othon d'Ochsenstein, l’autre Ulrich de Wurtemberg. Ce fait énoncé, le chroniqueur raconte la mort de Pierre Preich de Reichenstein et la promotion de Pierre de Trêves à l’évêché de Bâle. Mais rien ne peut faire supposer, dans les paroles de l’historien, le mariage dont parle M. Trouillat. 2

Ce qui est certain c’est que le médecin Pierre d’Aspelt était, comme il s’appelle lui-même dans un acte du 6 octobre 1286, prévôt de Bingen (25 kilomètres O. de Mayence), chanoine et scolastique (te Saint-Siméon de Trêves, physicien et chapelain du sérénissime seigneur, Rodolphe de Habsbourg, roi des Romains, au service duquel il travaillait à cette date. 3 En 1289 (4 avril), le pape Nicolas IV le nomma prévôt de la cathédrale de Trêves; la huile pontificale l’appelle „Maître Pierre, dit de Aspelt, physicien et familier du roi des Romains" ; il était encore chanoine de Mayence et de Spire. 4

Après la mort de Pierre Reich de. Reichenstein, le pape Boniface VIII le nomma évêque de Bâle. La vacance du siège fut de peu de durée ; car trois mois à peine après le décès de son prédécesseur, Pierre d’Aspelt, agissant comme évêque de Bâle accorde à la ville de Laufon les mêmes privilèges dont jouissait la ville de Bâle. C’est en reconnaissance des bons et fidèles services que ses aînés et féaux les bourgeois de Laufon lui ont rendus et peuvent encore lui rendre, ainsi qu’à l’Église de Bâle, qu’il leur accorde, de concert avec son chapitre, cette charte de privilèges (26 décembre 1296). 5

Après la mort de l’évêque Pierre Reich de Reichenstein, les deux seigneurs de Valangih, infidèles à leurs promesses, avaient repris l’offensive contre le comte de Neuchâtel. Reconnaissant de nouveau comme leur suzerain, l’évêque de Bâle, ils invitèrent Pierre d’Aspelt à se rencontrer avec eux et les principaux seigneurs du pays dans le château de Valangin. L’évêque s’y trouva le 9 janvier 1297; l’assemblée était nombreuse et brillante: outre les deux propriétaires du château, Jean et Thierry d’Arberg, on y voyait „le comte Rndolphe de Neuchâtel, sire de Nidau, messire Hayines de Ilasenbourg, Voillemin d’Arberg, Ulry d’Arberg, prêtres, messire Bourquiers de la Roche, messire Pierre d’Eptingen de Blochinont, messire Vernier d’Eptingen, messire Hannz de Wilstein, messire Jean deBiedertan, messire Simon de Courtailery, chevaliers, maître Nycholaus, maistre d’escole de S. Pierre (te Basle, messire Bourquiert de Tavannes, messire Hennz de Gourtalery, chanoine

1 AU), argent, chron., p. 39. = 2 Voici le texte authentique donné par le Dr Studer: „Aliam filiam

dédit Uolrico comiti de Wirtenberg; ex quibus duabus nunc domini de Wirtenberg et de Ohsenstein provenerunt. Mortuo autem Petro Divitis episcopo Basiliensi, Petrus de Treveri phisicus per sedem in epis-

copum est promotus. “ Op. cit., p. 38. M. Trouillat reproduit ce même texte, t. IL p. 634, ce n’est qu’en note à la même page qu’il donne cette version fautive: „It.em cuidam Petro de Tyrole, qui physicus erat, et ... “ Un reste l’histoire n’assigne à Théobald de Ferrette que les deux filles Hatzland et Sophie, mariées à Othon cTOcshenstein et à. Ulrich de Wirtenberg. = 3 Cet acte est daté du Nurtingen et donné par Pierre d’Aspelt lui-même; on y lit: „serenissimi domini Romanorum regis illustris phisicus ac cape- Jlanus . . . occupatus circa servicium domini nostri regis Rom. “ Schunck, God. dipl., p. 117 — 120. =

4 „ Magistro Petro dicto de Aspelt, phisico et familiari carissimi in Ghristo filii R. regis Romanorum. “

Würdtwein, Subsidia dipl.* 1. 1. p. 377. = 5 „ Petrus Dei gratia Basiliensis episcopus . . . actum et datum anno Domini millesimo ducentesimo nonagesimo sexto, in die Beati Steffani prothomartyris. “ Trouillat, t. II. p. 642.

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