‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 276 sur 496 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Otlion de Grandson était fils de Jacques de Grandson, seigneur de Belmontoutre-Joux et de Béatrice de Neuchâtel en Bourgogne. Il fut nommé évêque de Toul en 1306: il n’occupa ce siège qu’un an. Voici comment Dom Galmet, dans son histoire de Lorraine (preuves imprimées), rend compte du pontificat d’Othon de Grandson qui fut le cinquante-huitième évêque de Toul.

„Les chanoines de Toul ayant appris la mort de Guido de Pernes que le pape Clément V leur avait donné pour évêque en 1 305 et qui décéda en venant d’Italie pour faire son entrée dans sa ville épiscopale, se mirent en devoir de lui nommer un successeur. Leurs suffrages se réunirent en faveur d’Othon de Grandson, écolâtre de Toul, archidiacre de Besançon et chanoine de Verdun. Othon était d’une ancienne illustre famille de Bourgogne, laquelle avait déjà donné deux évêques à l’église de Verdun: Gérard de Grandson, mort en 1277 et Henri de Grandson, élu en 1278 ou 1280 et mort en 1286. Avant de se consacrer au service des autels, Othon, leur neveu avait porté l’épée et mérité la confiance d’Edouard, roi d’Angleterre. Ce prince en fit son ambassadeur vers le roi de France, pour le solliciter à faire une ligue offensive contre tous, à l’exception de l’Église romaine, d’Albert, roi d’Allemagne et du comte de Hainault. L’extrait suivant de sa procuration est rapporté dans le code du droit des gens de Leibnitz: „A tous ceux qui ces présentes lettres verront et orront. Amés Quens de Savoye, Henri Cuens de . . . Nicole et Othes de Grandson, chevaliers, messagers et procureurs de très excellent prince Edouard, par la grâce de Dieu, roi d'Angleterre, seigneur d’Irlande et duc d’Aquitaine, établit envoiés spécialement à ce salut. Nous faisons à savoir que comme très excellent Prince Philippe, par la même grâce, roi de France, considérant et regardant les biens et les profits qui viennent de l’accord et de l’amitié des rois et des princes, ait député et établi nouvellement monsieur Louis, fils du roi de France, comte d’Evreux, Robert de Bourgogne et Jean de Bretagne, ducs . . . “

„ Entré dans la cléricature en 1303, élu et sacré évêque de Toul en 1306: le premier acte de son administration fui de se faire reconnaître par les Toulois, comme leur seigneur temporel; il les réunit ensuite pour régler de concert, le prix de la monnaie, les droits du maire, les amendes, les combats dans son hôtel, etc. Il travailla au rétablissement de la paix entre le duc de Lorraine et le comte de Bar, dont la division était funeste à tout le pays. Il termina aussi plusieurs procès qui tenaient dans une irritation réciproque les membres de puissantes familles ou des voisins rivaux et jaloux. Cet évêque afferma le coin de sa monnaie pour deux ans. Il fit insérer dans le bail qui en fut passé en faveur de son maître des monnaies que Thiébaut II, duc de Lorraine, pourrait se servir de ce coin dans ses états, suivant l’accord fait entre eux. Thiébaut était alors en guerre avec le comte de Vaudémont. Othon, qui aimait ces deux princes, les réunit par un traité de paix qui commence par ces mots : In nomine Domini. Amen. Nos Otto Del çjratia Tullensis episcopus. Aussi l’ancien manuscrit de Toul, dit-il que ce prélat était cher également à la noblesse et au peuple, dont il avait captivé l'affection.

„ Cette tendresse populaire n’empêcha pas néanmoins les bourgeois de Toul de signer avec ceux de Metz et de Verdun, un traité de confédération par lequel les Verdunois surtout s’engagèrent à fournir à ceux de Toul, des secours suffisants pour faire la guerre à l’évêque et aux chanoines. En effet, ces bourgeois confédérés attaquèrent les chanoines toulois et les contraignirent à se retirer au

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