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CHAPITRE XXI

Constance, Lindau, Uberlingen, Mayence, Spire, Worms et le comte Eberard de Kybourg. Cette alliance fut renouvelée le 14 mars 1329 pour le terme de deux années. 1 Un traité fut encore conclu en 1 332 (23 juin) entre Bienne et Rodolphe, comte de Neuchâtel, pour dix ans consécutifs. 2

Ce ne fut qu’en 1332, après la mort de son compétiteur Hartung Münch, que Bâle fut relevée de l’interdit qui la frappait depuis plusieurs années. Jean de Châlons avait reçu pleins pouvoirs du pape Jean XXII pour réconcilier sa ville épiscopale. 3 Nous le trouvons dès lors en relations avec les Bâlois avec lesquels il avait dû rompre tous rapports à cause de l’interdit qui pesait sur leur ville. Le 7 janvier 1333, il fait un accord avec le conseil, valable pour cinq ans, au sujet des amendes à infliger aux clercs scandaleux et de leur renvoi de la ville. 4 Les Bâlois étaient alors occupés avec les Strasbourgeois et leur évêque, Berthold de Bucheck, et les Fribourgeois au siège du château de Schwanau (sur le Rhin, au-dessus de Strasbourg), qui les retint six semaines. Le château pris, ils dévastèrent la ville de Schuttern (grand-duché de Raden) et un célèbre monastère. 5

Jean de Châlons ne prit aucune part à ces expéditions qui le touchaient fort peu. Heureux de maintenir la paix dans son évêché, si longtemps troublé par les agissements de son compétiteur Hartung Münch, il s’occupe de remplir les engagements contractés durant ces luttes prolongées et de réparer les désastres de ces temps calamiteux. Le 17 juin 1333, il fait payer deux mille cinq cents marcs d’argent au duc Albert d’Autriche, dont l’ administrateur du Sundgau lui donne quittance au nom de ce seigneur. 6 Pour se créer les ressources nécessaires, l’évêque de Bâle avait vendu pour quinze ans le droit de vin, appelé Banvin, dans le Grand et le Petit-Bâle pour trois cents marcs d’argent. 7 II engagea encore â Jean, prieur de Saint- Alban, le château et le village de Soyhières et le moulin de Laufon avec leurs droits et dépendances. 8

Pour réparer les dommages que l’abbaye de Lucelle avait essuyés durant sa lutte avec Hartung Munch, Jean de Châlons obtint du pape Jean XXII une bulle qui annexait au célèbre monastère les églises paroissiales de Phaffans et de Heirnsprung (19 juin 1330). Le souverain pontife, dans ce document solennel, constate qu’il y avait alors à Lucelle cinquante- cinq moines et quarante frères convers, et que l’hospitalité y est généreusement exercée ; il appelle Jean de Châlons à qui cette bulle est adressée „ évêque de Langres, administrateur au spirituel et au temporel de l’église de Bâle, député par le siège apostolique “ . 9 Jean de Châlons confirma le 9 mars 1331 cette annexion qui fut opérée en son nom le 28 janvier 1331 par Jean, prieur de Saint- Alban. «Empêché, dit-il, par les affaires de l’évêché de procéder aux publications de cette annexion, il charge de ce soin le prieur de Ferrette, chanoine de Saint-Bernard au Mont-Joux et le doyen du décanat d’Elsgau. “ 10 Par un acte du 2 mai de la même année, l’évêque de Bâle chargea son official de punir par les censures ecclésiastiques ceux qui s’opposeraient à la prise de possession de ces deux églises par l’abbaye de Lucelle. 11

Ce fut sous le règne de ce prélat que fut construite l’église actuelle de Porrentruy. Une sentence rendue par Jean de Châlons le 18 janvier 1333, au

1 Tscliudi, Chron. Helv., 1. 1. p. 306, 310. = 2 Mat.ile. Monum. de l’hist. de Neuchâtel, 1. 1. p. 404. =

3 Trouillat, t. ni. p. 351, 352. = 4 Ibid., p. 753. = 5 Chron. Alb. Arg. et Kônigshofen. = 6 Trouillat,

t. III. p. 434. = 7 Ibid., p. 744. = 8 Livre des fiefs nobles, fol. 64. = 9 Gartulaire de Lucelle, N° 1.

fol. 67. = 10 Ibid., N° 2. fol. 180, 182. = 11 Ibid., N" 2. fol. 183.

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