CHAPITRE XXIII
de vente qui porte la date du 6 avril 1392. 1 Le pape Boniface IX confirma la vente du Petit-Bâle, le 6 mai 1399. 2
Frédéric de Blanckenheim continua la liquidation des dettes de l’évêché en remboursant 3947 florins, 2983 livres bâloises, 54 marcs d’argent et 450 quartauts de blé qui étaient dus à Bourkard Sintz et à Henri Murer le vieux, bourgeois de Bâle, et à d’autres personnes. Delémont et sa seigneurie répondaient de cette dette (27 juin 1391). 3 Un accord fut conclu avec d’autres créanciers de l’évêché, le 24 mars 1392 ; le 8 avril de la même année, l’évêque met à couvert la ville de Laufon pour une somme de six cents florins qui avaient été employés pour l’utilité de l’église de Bâle. L’ancien évêque Imier de Ramstein, déchargé des dettes de l’évêché, devient à son tour créancier de l’Église de Bâle. Il prête trois mille florins de Florence à son successeur qui lui assure une rente de deux cents florins sur la ville et les châteaux de Delémont (18 décembre 1391). Cette rente passa en 1392 (6 avril) par un don de l’ancien évêque à son neveu, le baron Thuringue de Ramstein, qui venait d’épouser la fille du comte Thiébaud VI de Neuchâtel en Bourgogne. 4 L’Église de Bâle devait encore huit mille florins qu’Imier de Ramstein lui avait prêtés de son propre patrimoine à son avènement au trône épiscopal.
Armoiries de l’évêque Imier de Ramstein et du Frédéric de Blanckenheim.
Le généreux évêque, plein de compassion pour le triste état de son église, lui remit en 1391 (10 juin) deux mille florins et réduisit sa dette à six mille qui devaient lui rapporter une rente annuelle de quatre cents florins, assignée sur la seigneurie de Delémont. 5
Ces allégements ne pouvaient tirer l’évêque administrateur des embarras de sa fâcheuse position. Il dut encore le 31 octobre 1392, engager au chevalier Bourkard Münch de Landskron tous les revenus dits des biennaux de l’église de Bâle.
D’autres embarras inquiétaient Frédéric de Blanckenheim. L’Alsace était alors désolée par des brigands qui avaient pris le nom de rouges et de noirs. Pour s’en délivrer, l’évêque de Strasbourg forma une ligue de défense avec le landvogt d’Alsace, Nicolas de Haus, Rodolphe, abbé de Murbach, les villes de Bâle, Colmar, Mulhouse et d’autres (1391). Comme administrateur de l’évêché de Bâle, il dut passer en armes en Souabe et combattre le comte de Wurtemberg, Evrard. Il mit le siège devant Hechingen et s’en empara. Pour rentrer en possession de cette ville, le comte fit la paix avec l’évêque de Strasbourg et remit en 1393 entre ses mains la ville de S. Hippolyte.
1 Spreng, der mindern Stadt Base] Ursprung, p. 63. = 2 Ibid., p. 70. = 3 Trouillat, t. IV. p. 821. =
4 Ibid., p.82i, 823 — 826. — Richard, Recherches sur Neuchâtel, p. 174. = 5 Trouillat, t. IV. p. 820.