CHAPITRE XXIV
Sigismond avait déjà accueilli favorablement en 1414 à Strasbourg, l’évêque Humbert de Neuchâtel, qui était allé trouver le souverain pour prêter entre ses mains le serment d’hommage qu’il devait à l’empereur, „ d’autant, dit le diplôme impérial, que l’église de Bàle est un membre insigne de l’empire romain". Sigismond investit l’évêque des régales et lui confirma tous les droits, privilèges et exemptions accordés par ses prédécesseurs à son église. 1 Humbert de Neuchâtel avait déjà reçu les régales de l’empereur Robert en 1403 et avait envoyé à la cour impériale Schwarz Reinhart de Siggigen pour le représenter et prêter serment en son nom. 2
La ville de Bienne profita aussi de la présence à Constance de l’empereur d’Allemagne pour faire confirmer par Sigismond les libertés et privilèges qu’elle tenait de ses prédécesseurs. La charte impériale est du 29 mars 1417. 3
La ville de Delémont avait mis ses franchises sous la garde des Bâlois, en faisant avec eux un traité de combourgeoisie. La vallée de Delémont, la prévôté de Moutier-Grandval et l’Orval furent compris dans cette alliance qui assurait à toute cette contrée de vaillants protecteurs. En reconnaissance de cette combourgeoisie, les maires, représentant les parties contractantes, s’engagèrent, par acte solennel, du 8 décembre 1407, à payer chaque année, à la S. Martin, trois marcs d’argent au maître bourgeois et au conseil de la ville de Bâle, qui de leur côté prirent l’engagement de soutenir et de défendre tous les bourgeois des dits lieux qui seraient attaqués et qui réclameraient secours et assistance. L’évêque Humbert de Neuchâtel approuva cette convention, qu’il trouvait avantageuse à cette partie de ses états. 4 La même année, il céda à son neveu Thiébaud VIII de Neuchâtel ses droits à réachat dans la seigneurie d’Hericourt. 5 En 1413, il lui devait six cents florins, pour lesquels il lui engagea .,1a moitié des chastel et ville d’Héricourt" et la moitié de la terre et appartenances. Les villages de Roched’or, Chevenez, Grandfontaine, Réclère et Damvant étaient compris dans cette cession de l’évêque Humbert. 6
Pour faire face aux charges énormes qui pesaient sur l’évêché de Bâle le prélat imposa des tailles et des collectes au clergé du diocèse. Nous trouvons au registre des archives du château de Porrentruy, à la date de 1409, cent florins provenant de cet impôt, payés à l’écuyer Rodolphe de Nuwenstein ; quarante livres à Jean de Frick écuyer. Avec ce même argent, l’évêché rentre en possession du château de Pleujouse qui était hypothéqué au comte Jean de Neuchâtel et à son frère l’évêque de Bàle. 7 En 1410, le chapitre cathédral peut racheter le quart de la dîme d’Olten et de Hegendorf, vendu par Jean de Vienne au chevalier Bertholde de Gruenenberg pour quatre-vingts marcs d’argent. 8 Les dîmes de l’évêché en Alsace avaient été engagées à l’église de Strasbourg par l’administrateur Frédéric de Blanckenheim. L’évêque Humbert de Neuchâtel fit en 1412, avec l’évêque et le chapitre de Strasbourg un accord qui mit fin aux débats que cette affaire soulevait depuis longtemps. Le résumé de l’acte dressé à cette occasion, que renferment nos archives, ne spécifie pas les conditions de cet accord ; c’est une lacune que nous n'avons pu combler.9
1 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 738. = 2 Ibid., 713. — 3 Ibid.. 247. = 1 Aux archives de la ville
de Delémont. = 6 Richard, Recherches sur Neuchâtel, p. 189. = 6 Duvernoy, Éphémérides, p. 428. =
7 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 730. = 8 Codex eccl. Basil, jurium, p. 147. = 9 Trouillat et Vautrey,