‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 443 sur 496 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

caractère local, mettant en jeu des personnages appartenant à l’Église ou à la ville de Bâle.

D’après une bulle de Martin Y, le concile de Bâle devait s’ouvrir le 3 mars 1431, si toutefois il s’y trouvait un nombre suffisant de prélats. Le 1er février de la même année, le même pape nomme Julien Césarini, cardinal de Saint-Ange et légat en Allemagne pour y présider en son nom. Mais Martin Y mourut, le 20 du même mois et eut pour successeur Eugène IV élu le 3 mars suivant. Le nouveau pape confirma la légation du cardinal Julien en Allemagne, puis le dernier jour de mai, il lui adressa une lettre où il dit entre autres: „Le pape Martin vous a enjoint de présider au concile qui se doit célébrer à Bâle, s’il s'y trouve un assez grand nombre de prélats pour le tenir. Or, nous avons appris que jusqu’ici il y en est venu peu ou point, en sorte qu’il n’est pas nécessaire d’y envoyer un autre légat. C’est pourquoi nous voulons, que lorsque l’affaire de Bohême sera finie, comme on espère qu’elle le sera bientôt, vous preniez le chemin de Bâle et que vous vous y conduisiez suivant les ordres que vous avez reçus au concile de Constance. “ En exécution de cet ordre, le cardinal Julien envoya à Bâle deux délégués, savoir, Jean de Polemar, chapelain du pape et auditeur de son palais, et Jean de Raguse, docteur en théologie de la faculté de Paris et procureur de

l’université de Paris et quelques ecclésiastiques de Bâle, 1 sans aucun évêque, sans même Jean de Fleckenstein, l’évêque de Bâle. En conséquence, ils déclarèrent que le saint concile général de Bâle était légitimement assemblé et ouvert. 2

Le cardinal Julien arriva à Bâle le 9 septembre; le concile envoya à sa rencontre Jean de Raguse, et la ville le chevalier Arnold de Rotberg et Henman Offerbourg. On lui fit le meilleur accueil et on le logea dans la maison des allemands. 3 Le 19 septembre le cardinal écrivit de Bâle une lettre circulaire à l’archevêque de Reims et à d’autres métropolitains, pour les presser, eux et leurs suffragants de venir au concile. C’est qu’en effet, il n’y venait personne. Dans la congrégation du 26 septembre, il n’y avait que trois évêques et sept abbés. Aussi le 7 octobre écrivit-il de nouvelles lettres, aux évêques et au général de l’ordre des frères Prêcheurs. Ces deux délégués arrivèrent à Bâle le 19 de juillet 1431. 4

Mais déjà le concile s’était ouvert d’une manière quelconque au jour indiqué par Martin V, le 3 mars 1 431. Il ne se trouvait présent qu’un seul prélat, l’abbé de Vézelai; il se rendit à la cathédrale et le lendemain 4 mars, il prit acte en présence des chanoines de cette église, des opérations qu’il avait faites le jour précédent.

Monnaie d’argent de Martin V.

1 Le chapitre de Bàle était ainsi composé : Pierre Liebinger, prévôt, Georges d’Andlau, doyen. Ulrich Truchsess de Rheinfelden, grand chantre. Conrad de Bussnang, archiprêtre, Frédéric ze Rhein.

custode, maître Jean Weiler, docteur, recteur de l’école. Wurstisen, op. cit. == 2 Martène et Durand. Veter. script, et monum. ampliss. collect., t,. VIII. — Rolirbacher, hist. de l’Église, t. XXI. p. 469. =

3 Wurstisen, chron. Basil., p. 254. = 4 Ils demandèrent quatre choses au conseil de Bâle : 1° Un sauf-

conduit dans la ville et dans les pays confédérés. 2° L’assurance de trouver à des prix convenables les vivres et les logements nécessaires. 3° Un accueil amical pour tous les étrangers arrivant au concile. 4“ Défense aux femmes de mauvaise vie de courir dans les maisons ou de roder dans les rues. Wurstisen, chron. Basil., p. 251. — Le conseil de Bàle accéda à toutes ces demandes et désigna sept de ses membres pour traiter avec les pères du concile.

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