‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 45 sur 496 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de l’empereur de Constantinople étaient l’évêque Michel, et les protospatharn Arsapius et Theogniste. 1

La faveur dont l’évêque de Bâle jouissait auprès du grand empereur nous est encore attestée par un document public, le testament de Charlemagne, qui fut signé en 81 1 par d’illustres témoins. Hatton figure parmi les personnages choisis pour cet acte important. On y voit sept archevêques et quatre évêques, ceux d'Orléans, d’Amiens, Hetto de Bâle et celui de Liège. Hatton, au témoignage de l'ancien annaliste Hepidanus, était un des membres les plus distingués du conseil de Charlemagne;2 et le moine de Saint-Gall, si au courant des allures de la cour du grand empereur, assure que l’évêque de Bâle était très remarquable d’esprit et de corps; — præcellentissimum mente et corpore. 3 Les fonctions multiples dont la confiance de Charlemagne l’investit, durant tant d’années, ne l’empêchèrent pas de prodiguer au diocèse de Bâle, dont il était le chef et le père, toutes les sollicitudes et le dévouement que réclamaient les devoirs de sa charge. Il nous reste un monument impérissable du zèle de l’évêque Hatton pour le diocèse de Bâle; c’est un capitulaire ou ordonnance comprenant vingt-cinq chapitres renfermant des règles pour la vie religieuse, ecclésiastique et morale de son clergé et de ses ouailles. Conservé et découvert dans le courant du XVIIe siècle dans la bibliothèque du Vatican, ce précieux document fut publié pour la première fois par Dom Luc de Achery dans son Spicilegium ; tome VI (1653 — 1677); aussi les Annales de Reichenau, et la Basilea sacra qui parut en 1658, n’en font pas mention. Le P. Labbe, dans sa collection des conciles, t. VIL p. 1522, et le P. Hartzheim, concil. German., t. Il — ont reproduit ce remarquable capitulaire de l’évêque de Bâle qui donne des renseignements précieux sur l’état de l’Église au IXe siècle. En voici le résumé:

1° Il faut examiner la foi des prêtres qui, ayant à enseigner le dogme au peuple, doivent faciliter l’intelligence de la doctrine par des exemples.

2° Tous doivent savoir par cœur en latin et en langue barbare (barbarice) — c’est à dire tudesque ou romane, — l’oraison dominicale et le symbole des apôtres.

3° Il faut que le peuple apprenne à répondre au prêtre (par exemple au Dominus vobiscum) et ne laisse pas ce soin aux clercs seuls et aux religieuses (JDeo dicatœ).

4° Les prêtres doivent savoir le symbole de S. Athanase et le réciter tous les dimanches à Prime.

5° Ils doivent savoir en quoi consistent les sacrements de baptême et de confirmation et le mystère du corps et du sang de Jésus-Christ et de quelle manière la grâce devient visible dans ces mystères et opère le salut des âmes.

6° Les livres qui leur sont nécessaires pour s’instruire sont un sacramentaire, un lectionnaire, un antiphonaire, un baptistère, un calendrier ( computum ), un canon pénitencier ( canon pœnitentialis) , un psautier, un recueil d'homélies pour les dimanches et fêtes de l’année. Celui qui manquerait d’un de ces livres mériterait à peine le nom de prêtre.

7° Ils doivent connaître le temps légitime pour baptiser, le samedi de Pâques et l’octave et le samedi de la Pentecôte. En cas de nécessité, on peut baptiser en tout temps.

1 Reuber p. 62. — 2 „Heito episcopus in consilio Caroli clams habetur“ — Ann. Hepidani, apud

Goldast., t. I. p. 8. = 3 Apud Canisium, 1. 1. p. 400.

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