‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 47 sur 496 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

21° Les mariages sont défendus jusqu’au 5e degré exclusivement. On ne séparera cependant pas ceux qui se sont mariés au 4e degré, mais ils seront en pénitence tout le temps de leur mariage.

22° Les ecclésiastiques doivent pouvoir faire connaître aux laïques les œuvres de miséricorde et leurs fruits, les œuvres de péché et leurs conséquences.

23° Les prêtres, en qualité d'époux de leurs églises (sponsi), doivent veiller à ce qu’elles soient ornées et décorées et doivent les servir sans interruption.

24° Ils ne doivent pas négliger les heures canoniales, tant de nuit que de jour, parce qu’il faut suivre l’ordre de la psalmodie de l’Église romaine.

25° Il faut avertir les peuples que ceux qui ont tenu des enfants sur les fonts sacrés et ont répondu pour eux de leur foi doivent, quand ces enfants seront en âge, les instruire de leur créance et leur faire ratifier les promesses qu’ils ont faites pour eux.

Tel est en substance ce capitulaire de l’évêque de Bâle Hatton, qui dénote tout à la fois la science théologique et canonique du prélat, la discipline et l'ordre établis dans le diocèse et aussi sa parfaite union avec l’Église romaine, mère et maîtresse de toutes les églises.

Avant que ces statuts diocésains, qui remontent au commencement du IXe siècle (806 — 822), ne fussent retrouvés dans le trésor de la bibliothèque Yaticane, on conservait encore à Reichenau un autre écrit de Hatton qui avait eu une grande célébrité au moyen-âge, sous le titre de Visio Wettini. Wettin, disciple de Hatton et maître à Reichenau, était tombé malade le 30 octobre 824 et avait eu de nombreuses visions. Hatton entendit de sa bouche le récit de ces visions, et les mit par écrit. En voici le résumé: Un ange conduit Wettin dans le purgatoire et lui fait voir les peines et les souffrances de beaucoup de prêtres et de laïques qu’il avait connus de leur vivant. Il y voit les châtiments des moines déréglés, des prêtres et des abbés négligents, des comtes injustes et spoliateurs, et notamment Charlemagne expiant d’une façon particulière sa sensualité. Et tandis que l’ange fait parcourir le purgatoire à son élève, il lui découvre les vices auxquels succombent la plupart des hommes. 11 faut ramener les moines des Gaules et de la Germanie à la discipline sévère qui règne encore au delà des mers, in transniarinis regionibns. Après avoir décrit les âmes du purgatoire, l'ange révèle à Wettin la gloire des saints.

Cette vision, rédigée par Hatton, est la plus célèbre des révélations qui eurent cours alors dans tout le royaume franc. Mabillon l’a reproduite, en 1677, dans les Actes des Saints de son ordre (vol. Y. p. I . p. 263), sur deux manuscrits communiqués par Baluze. Dont Rivet, dans Y Histoire littéraire de ta France (t. IY. p. 56) dit que l’ ouvrage de l’évêque de Bâle est en prose et en un style (pii a mérité les louanges de Walafride Strabon. La manière d’écrire qu'y a employée Hatton est effectivement meilleure qu’elle n’était ordinairement en ce siècle. Dès l’année suivante, le même Strabon la mit en vers héxamètres, sans néanmoins s’assujettir tellement à la. lettre qu’il n'y ajoutât diverses choses de sa façon.

Lorsque Hatton écrivit son livre de visione Wettini, il avait quitté la cour dont il était un des plus sérieux ornements. Charlemagne, son bienfaiteur et son ami, était morl le 28 janvier 814. Son successeur, Louis le Débonnaire, continua à l’évêque de Bâle les faveurs de son auguste père. Par un diplôme impérial

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