‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 59 sur 496 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

pour avoir cité, dans cette histoire du royaume de Bourgogne, bien des faits douteux. 1 C’est pourquoi, jusqu’à plus ample informé, nous ne pouvons faire figurer ce Guillaume sur le catalogue authentique des évêques de Bâle, malgré le rôle très honorable, et même très glorieux qu’on lui fait jouer dans l’ouvrage de Dèlbene, cité par Joseph Barre, dans son h istoire d’ Allemagne. 2

L’invasion des Hongrois, la destruction de la ville de Bàle, mise à feu et à sang, en 917 — 918, le second passage de ces hordes barbares qui campent sur la rive droite du Rhin, en 926, puis passent en Alsace, ravagent cette contrée, et traversent le Jura pour envahir les Gaules, où ils portent la désolation jusqu’à l’Océan. Cette seconde édition de l’invasion des Huns de 451 dut jeter une perturbation profonde et prolongée dans l’évêché de Bàle, occupé, ravagé et ruiné par ces cruels ennemis. Aussi l’évêque de Bàle disparaît-il dans cet effroyable cataclysme. Ce n’est qu’en 948, au concile d’Ingelheim, que nous retrouvons siégeant parmi les pères de celte imposante assemblée, Wichard, évêque de l’église de Bàle — Wichardus Basiliensis ecclesiæ episcopus. 3

Ingell îeim était une maison royale sur le Seltz, à quatre lieues, sud-ouest de Mayence. Cinq archevêques, vingt-six évêques, tant de Gaule que de Germanie et un grand nombre d’abbés, de chanoines et de moines, assistèrent au concile qui se tint dans cette résidence royale, le 7 juin 948. Les deux rois Louis et Othon étaient présents. Marin, légat du Saint Siège, y présida.

L’histoire ne nous a pas laissé d’autre trace de l’évêque Wichard: sa présence au concile d’Ingelheim, sous la présidence du légat du pape, atteste sa parfaite orthodoxie, el la soumission qu’il témoignait au Saint Siège.

Une ligne d’un vieux chroniqueur saxon, atteste l’existence d’un évêque de Bâle, du nom de Landelaus en 961 . Le 24 décembre de cette année, eut lieu la translation solennelle, à Magdebourg, des reliques de S. Maurice et de quelquesuns de ses compagnons. A cette cérémonie assistaient les légats du pape Jean XII, l’archevêque de Mayence, Guillaume, et plusieurs évêques, parmi lesquels l’annaliste saxon signale Landelaus, évêque de Bàle — Landelao Ba-sit iensi . 4 Nous ne savons rien de plus, touchant ce prélat.

Le catalogue de Munster l’inscrit, après l’évêque Iringus et le fait vivre sous le pape Adrien III (884 — 885), ce (pii est une erreur, en face du texte précis de l’annaliste saxon. Stumpf, Sudan, le P. Voisard assurent que Landelaus était évêque de Bâle en 918, lors de la destruction de Bàle par les Hongrois. Cette hypothèse n’est, appuyée sur aucun document et il faut la rejeter jusqu’à plus ample informé. Seule, la date de 961, fixée pour la translation de S. Maurice à Magdebourg, nous paraît authentique et Landelaus était évêque de Bàle en cette mémorable circonstance.

1 Biographie Universelle, t. X. p. 668. — Alphonse Delbene né à Lyon, fut en 1550 pourvu de l’abbaye d’Hautcomte en Savoie, puis en 1588 nommé évêque d’Alby. Il mourut le 8 février 1608. =

2 Barre Joseph, chanoine régulier de St* Geneviève, mort à. Paris en 1764. Son histoire générale d’ Allemagne,

publiée en 1748, IIe vol. in 4° manque d’exactitude dans les faits; au rapport de la Biogr. Univ., t. III:

p.411. = 8 Coll. reg. Concil., t. XXV. p. 73. — Pertz, Monum. Germ. hist., t. X. p. 361. = 4 * Pertz, Monum.

Germ. hist.., t. VIII. Annalista Saxo.

Une statue du portail de la cathédrale de Bâle.

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