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CHAPITRE VII

de Saint-Ursanne, c’est à dire d’une grande partie du Jura bernois. 1 Nous verrons successivement ce domaine s’agrandir par les donations des rois et des empereurs, et par les acquisitions faites par les évêques eux mêmes, suivant les circonstances.

Bâle retourna à l’empire sous le règne de Rodolphe III. Incapable de maintenir son autorité dans son royaume divisé et aux mains des seigneurs, ce monarque, que l’histoire a appelé le Fainéant, recourut à l’empereur Henri II, qui était fils de sa sœur Gisèle. Il lui donna la Bourgogne par un traité fait à Mayence, et lui remit des places pour gages de sa promesse. 2 11 le vit ensuite à Strasbourg où

il confirma le traité qui avait été fait entre eux. Cette demande irrita les seigneurs bourguignons. Ils ne voulaient point de souverains étrangers et ils craignaient surtout l’empereur, qui était assez puissant pour remettre l’ordre dans l'État et réprimer leurs usurpations. Aussi Henri II ayant voulu pénétrer en Bourgogne, les portes des villes lui furent fermées. Mais Rodolphe III adopta l’empereur et par là, lui assura le royaume. Les seigneurs se révoltèrent aussitôt, et le roi fut réduit à chercher un asile dans les États de son neveu.

Henri II le reçut comme un prince, à qui il devait une grande reconnaissance. Il donna des troupes à l'évêque de Strasbourg, pour le rétablir sur le trône, et les seigneurs bourguignons, ayant été défaits, furent obligés de. se soumettre. 3 Mais après la mort de S. Henri, en 1024, ils obligèrent Rodolphe III à révoquer la donation qu'il avait faite de son royaume.

Conrad, duc de Franconie, élu à la place de Henri II, et qui était aussi neveu par alliance de Rodolphe III, par sa femme Gisèle, fille de la sœur du roi, prétendit que cette disposition devait subsister en sa faveur, ou voulut se prévaloir de la faiblesse du roi de Bourgogne, pour l'obliger à en taire une à son profit. Il entra dans ses États avec une armée et s’empara de la ville de Bâle. Les bourguignons s’unirent alors avec leur roi, contre l’empereur Conrad. Les armées étaient en présence, prêtes à combattre, lorsque l’impératrice Gisèle, qui avait suivi son mari, amena le roi et les grands à consentir que le royaume passât à Conrad, après la mort de Rodolphe. Quoique celui-ci ait vécu encore pendant quelques années, les empereurs ont daté, dès lors, leur règne en Bourgogne. 4

Bâle demeura, depuis, ville impériale, sans cependant que l'évêque de Bâle perdît rien des prérogatives que lui assuraient les capitulaires et le droit coutumier de cette époque. La ville resta, comme elle l’avait toujours été, une mouvance du royaume ou de l’empire, administrée par l’évêque de Bâle, sans être pour autant une ville épiscopale.

L’évêque disposait de toutes les fonctions temporelles, soit seul, soit avec le chapitre. Il nommait l’avoué de Bâle, qui était une des charges les plus importantes, le grand maréchal, le grand chambellan, le grand échanson, le grand porte-plats, le comte du palais épiscopal, qui tous étaient des nobles de l’évêché, attachés à la personne de l’évêque, et pourvus, pour ces offices, de fiefs importants. Les autres offices, à la nomination de l’évêque, dans la ville de Bâle, concernaient la propreté des rues, l’inspection et la police des bâtiments, la police du marché aux fruits, la surveillance des denrées, la police du débit des vins, l’inspection des caves, la perception des péages sur les vins. Le prévôt, le bourgmestre et

1 Trouillat, Mon., t. II. p. 47. = 2 Ditmari Merseburg, Chronicon, ]. 7. = 3 Wippo in vita Conradi

Sal. = 4 Voir Dunod, Histoire du second royaume de Bourgogne, t. II. p. 1 18 et suiv. Dijon 1737. — Guillim.

Helvet., 1. il. p. 276, et surtout Wippo, vita Conradi Salici apud Pistorium. Ber. germ., t. III. p. 472.

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