HENRI III, PROTECTEUR DE L’EGLISE DE RALE
Les historiens de l’évêché de Bàle, Blauenstein, Wurstisen, Sudan et d'autres, se basant sur ce document, ont rangé ce Bruno parmi les évêques de Bàle et Font enterré dans la crypte antérieure de la cathédrale. On pouvait s’y tromper, vu l’absence d’autres renseignements. Mais la donation faite à Bàle par Henri III, dont nous venons de citer les termes, lève tous les doutes. L’évêque Bruno, dont le chapitre de Bâle célébrait l’anniversaire chaque année, est le saint évêque de Wurtzbourg, parent de l’empereur. Le 27 mai, marqué au liber vitœ est bien la date de la mort du prélat, que nous avons racontée tout à l’heure. C’est dans la crypte antérieure de sa cathédrale que S. Bruno a été enterré. Le liber vitœ de Bàle était bien renseigné, mais il était trop laconique et nos historiens s’y sont trompés.
Il n’y a pas d’évêque de Bàle du nom de Bruno et entre Udalric II et Théoderic, il n’y a pas solution de continuité.
Henri III le Noir fit encore à la même époque acte de protection et de bon vouloir envers l’Église de Bàle. De Bàle, il s’était rendu à Zurich où il célébra la fête de l’Ascension (12 mai 1048). A la Pentecôte (22 mai) il réunit à Soleure les seigneurs de la Bourgogne.1 De Soleure, Henri le Noir se rendit à
Strasbourg d’où il data un diplôme important en faveur de l’Église de Bàle (1 juin 1048). Cédant à la prière de son fidèle Théoderic, évêque de Bàle, fidelis nostri Theoderici — et de ses frères servant Dieu et Ste Marie en ce lieu - fratrum nostrorum inibi Deo et sancte Marie servientium — l’empereur accorde, concède, et confirme à perpétuité pour l’usage et le service de ces frères, différents biens situés en Alsace, dans le Brisgau, le Krauhgau (grand-duché de Bade). 2
Ces propriétés avaient été achetées par l’évêque Udalric et par son successeur Théoderic — et suus successor — de leurs deniers ou des revenus de leur charge, en faveur des chanoines de leur cathédrale, dont la pauvreté avait excité leur compassion. Henri III, en ratifiant ces possessions du chapitre, en défendit l’aliénation et menaça d’une amende de cinq livres d’or l’infracteur de sa volonté impériale. 3
Ses frères, les serviteurs de Ste Marie, comme il les appelait, furent encore dans d’autres circonstances l’objet de ses attentions. Le prévôt de la cathédrale de Bàle était alors un fils du duc de Lorraine Gothelon, nommé Théoderic. Le siège de Verdun, en Lorraine, étant devenu vacant par le décès de l’évêque Richard, en 1046, l’empereur choisit pour le remplacer le prévôt de Bàle, qui était en même temps chapelain impérial. Le moine Laurent de Liège, qui écrivit les gestes des évêques de Verdun, assure que Théoderic était un homme remarquable par sa naissance, ses mœurs et sa sagesse. 4 Henri 111 chargea l’évêque de Bàle Théoderic de conduire à Verdun son nouveau pasteur. Sa mission remplie, l’évêque de Bàle alla visiter dans le monastère de S. Vannes qui était la gloire de cette ville, le tombeau du saint abbé Richard qu’on appelait Grâce de Dieu, à cause des dons surnaturels qui avaient marqué toute sa vie. D’une naissance illustre, ce vénérable religieux était entré comme humble religieux dans l’abbaye de Saint-Vannes, qu’il fut ensuite chargé de gouverner comme abbé. Il réforma un grand nombre de
1 Herman. Contract. chron. ad 1048. = 2 Le diplôme cite les localités d’Owisheim près de Bruch-
sal. Müllheim, Auggen, Kembs en Alsace, Môli près de Piheinfelden, Bickensohl dans le Brisgau, etc. —
3 Codex diplom. eccl. Basil., p. 11. = 4 Gesta episc. Virdunensium. apud Pertz, Mon. XII. 1852.