‹ Histoire des fils de Louis le Pieux, éditée et traduiteChapitre 52 sur 113 · Inexact. Les six mois sont à déduire et non à ajouter · texte numérisé non relu

Inexact. Les six mois sont à déduire et non à ajouter

5. Il faut entendre ici le mot « France », comme l'explique Longnon dans son Atlas historique de la France (texte, p. 48), dans le sens restreint de région située entre la Loire ou même la Seine et le Rhin. Cf. Lauer, De la signification du mot France aux époques mérovingienne et carolingienne, dans les Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, t. XLII (1915), p. 5.

38 ALPES LODHARIUS TRANSGREDITUR (jun. 840)

affirment, promittens unicuique honores a patre concessos se concedere et eosdem augere velle'. Dubios quoque fidei* sacramento firmari praecepit ; insuper autem jussit ut, quantocius possent, obviam ill procederent, nolentibus vero capitale supplicium ut praediceretur, indixit ; ipse autem pedetemptim, quo se res verteret, antequam Alpes excederet, scire volens &.

Ergo cupiditate terroreque illecti undique ad illum confluunt ; et hoc cernens, spe viribusque magnanimis effectus, quibus artibus universum imperium liberius 1invadere posset deliberare coepit*. Lodhuwicum quoque quoniam itineri suo contiguum esse prospexit, ut primum, in illum manum mitteret ratum duxit et ut eundem viribus annullaret operam omni virtute adjecit. Interea ad Karolum in Aquitaniam legatos callide dirigens mandat se erga° illum, sicuti pater statuerat et sicut erga filiolum ex baptismate oportebat, benivolum esse, verumtamen ut nepoti suo, filio Pippini#, donec cum eo loqueretur, parceret deprecatus est. Et his ita compositis ad urbem Vangionum iter direxit À.

Eodem tempore Lodhuwicus partem exercitus inibi causa custodie reliquerat et Saxonibus sollicitatis obviam illis perrexerat. Quamobrem* Lodharius parvo conflictu custodes fugere compulit, Renum cum universo exercitu transiens® Franconofurth iter direxit. Quof insperate ‘

a. fide 4. — b. Il n'y a pas lieu de supposer ici une lacune dans À, comma l'a cru Jaffé dans des notes manuscrites auxquelles renvoie E. Müller (p.13, n. d de son édition). — c. Fol. 5 v°, col. x, de À. — d. quamobre 4. — e. inspirate À.

1. Sur les prétentions de Lothaire, qui paraissent jusque dans les formules des actes, voir Dümmiler, Geschichte des ostfränkhischen Reiches, 2° éd. (1887-1888), t. I, p. 141-142, et Bœhmer et Mühibacher, ouvr. cité, p. 432 et suiv.

LOTHAIRE PASSE LES ALPES (juin 840) 39

de l'empire qui lui avait été jadis donné et promettant de conserver à chacun les bénéfices concédés par son père, voire de les accroître. Il prescrivit aussi qu’on fit prêter serment à ceux dont la fidélité était douteuse ; enfin, il ordonna qu'on vint au plus vite sur son passage, menaçant de la peine capitale ceux qui s’y refuseraient. Lui-même s’avança lentement, voulant savoir comment tourneraient les choses, avant de passer les Alpes.

Poussé donc par la cupidité ou la crainte, on accourut de tous côtés à son approche ; ce que voyant, Lothaire s’enorgueillit de ses forces et commença à chercher par quels moyens il pourrait le plus facilement s'emparer de tout l’empire ?. Comme il s’aperçut que Louis était voisin de sa route, il jugea à propos d’envoyer d’abord une armée contre lui et fit tous ses efforts pour l’accabler par des forces supérieures. Pendant ce temps, adressant habilement des messagers à Charles en Aquitaine, il l’assura de sa bienveillance, comme son père en avait décidé et comme il convenait à un parrain, mais en même temps il le priait d’épargner leur neveu, le fils de Pépin, jusqu’à leur prochaine entrevue. Et, cela fait, il se dirigea vers Worms. |

Justement Louis y avait laissé une garnison et, avec le reste de son armée, il était parti combattre les Saxons révoltés. Lothaire, en un court combat, contraignit cette garnison à fuir, passa le Rhin avec toute son arméeÿ et se dirigea sur Francfort. Là, inopinément, Lothaire et Louis se trouvèrent en présencef et, ayant conclu une trêve à l’approche

2. Cf. des détails analogues dans les Annales de Saint-Bertin, de X'anten et de Fulda, à l’année 840.

3. Pépin II, qui était à la tête du mouvement insurrectionnel en Aquitaine.

4. Mention du séjour de Lothaire à Worms est faite dans l’Histoire de l'Église de Reims de Flodoard, liv. II, ch. xx (Mon. Germ., Scriptores, t. XIII, p. 473).

5. Les Annales de Xanten, année 840, parlent aussi du passage du Rhin, mais ne citent pas Francfort.

6. Aux environs de Mayence. Cf. Annales de Fulda, année 840; Bœhmer et Mühlbacher, 2° éd., n° 1070 c, d, p. 434.

40 DE KAROLI AD LODHARIUM LEGATIONE (jul. 840)

hinc Lodharius, inde Lodhuvwicus confluunt, paceque sub nocte composita alter inibi, alter vero quo Moin in Renum confluit, castra haud fraterno amore componunt. Cumque Lodhuwicus viriliter resisteret et Lodharius illum absque praelio sibi subigere diffideret, sperans Karolum facilius superari posse, ea pactione prælium diremit ut 111 idus novembris eodem loco rursum conveniant et, ni concordia statutis interveniat, quid cuique debeatur, armis decernant ; et, his ita omissis, Karolum sibi subigere contendit.

[2.] Per idem tempus Karolus Bituricas ad placitum quo Pippinum sui juraverant venturum venerat'. Dudum * quidem ex omnibus nuntio recepto, missos, videlicet Nithardum ? et Adelgarium *, delegit et, uti ocius valuit, ad Lodharium ? direxit, mandans ac deprecans ut memor sit sacramentorum que inter se juraverant et servet‘ que inter illos pater statuerat* ; insuper etiam fraterne filiolique conditionis meminerit ; haberet sua sibi et quod illi pater suo consensu concesserat absque conflictu illum habere permittat, promittens, si hoc faceret, fidelem se illi et subjectum fore velle, ita ut primogenito fratri esse oporteret. Insuper etiam quicquid actenus in illum deliquerat pollicitus est se ex corde remittere, deprecatus ne amplius suos sollicitet, ne regnum sibi a Deo commissum perturbet. Cederent undique paci atque concordie, et hoc se sua suorumque ex parte ratum videre ac per hoc conservare velle mandavit ; quod, etsi alter hoc ita esse non

a. Le second jambage du premier u n’est plus visible dans A. La lecture quod de l'édition Müller est erronée. — b. Loharium corrigé en Lodharium 4.—c. Fol. 5 v9, col. 2, de À.

1. Dans le courant de juillet 840. Il ne semble pas que Pépin II soit venu au rendez-vous. En tout cas, Charles avait quitté

AMBASSADE DE CHARLES A LOTHAIRE (juillet 840) 41

de la nuit, ils prirent leurs quartiers dans les dispositions les moins fraternelles, l’un à Francfort même, l’autre au confluent du Mein et du Rhin. Comme Louis se préparait courageusement à la résistanceaveclessiens, Lothaire, désespérant de le soumettre sans combat et escomptant qu'il serait plus facile de venir à bout de Charles, abandonna la lutte, à la condition qu'ils se réuniraient de nouveau au même endroit, le 3 des ides de novembre (11 novembre), et que, s’ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord, ils décideraient par les armes ce qui devrait revenir à chacun. Et, le laissant là, il partit pour soumettre Charles.

[2.] Vers le même temps, Charles était venu à Bourges, au plaid où les fidèles de Pépin avaient juré que ce dernier se rendrait ‘. Informé bientôt des nouvelles par la rumeur publique, il choisit comme messagers Nithard? et Augier 3 et les envoya aussi vite qu’il put à Lothaire, le suppliant de se souvenir des serments qu’ils avaient échangés, de respecter ce que leur père avait décidé entre eux, de se rappeler qu'ils étaient frères et qu’il était son filleul5. Si chacun conservait sa part et s’il le laissait jouir en paix de ce que son père lui avait concédé de son propre assentiment, il promettait, pour son compte, de lui être fidèle et soumis, comme il convenait à l’égard d’un frère aîné. En outre, il promettait de pardonner sincèrement toutceque Lothaireavait fait jusque-là contre lui, maislepriait de ne plus exciter ses sujets à la rébellion et de ne plus troubler le royaume que Dieu lui avait confié. Il lui demandait enfin de tout sacrifier à la cause de la paix et de la concorde, l’assurant de sa volonté et de celle des siens de la voir triompher et de la

Bourges le 10 août, ainsi que le prouve une lettre de Loup de Ferrières (éd. Dümmiler, n° 28, Mon. Germ., Epist., t. VI, p. 33). Cf. Lot et Halphen, Le règne de Charles le Chauve, t. I, p. 14, n.6; P- 15, n. 5, et p. 16.

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